LP : SCÉNARIO CATASTROPHE POUR LES LANGUES VIVANTES

vendredi 28 mai 2010

« La maitrise des langues vivantes est devenue un enjeu majeur pour les nouvelles générations dans un contexte de construction européenne et de mondialisation » clame le gouvernement ; c’est la raison pour
laquelle il se donne les moyens de ses ambitions et rénove, entre autres, la voie professionnelle... Or, concrètement sur le terrain, ça donne quoi ?

Toujours aux horaires plancher, l’anglais, seule langue vivante 1 proposée, est graduellement évacué des examens ( CAP et Bac pro) pour devenir l’objet d’abord d’une certification intermédiaire facultative, puis d’une évaluation en CCF (Contrôle en Cours de Formation). Plus d’écrit, plus d’épreuve ponctuelle mais de l’oral, l’objectif est de savoir communiquer et de s’intégrer tant bien que mal dans le Cadre Européen
Commun de Référence pour les langues.

Cela pourrait être positif si les desseins masqués n’étaient pas aussi noirs. L’anglais n’est plus étudié que d’une manière utilitariste. Esclave de la marchandisation, sa seule visée est de rendre le/la futur travailleur/ euse capable de réaliser des tâches en langue étrangère. Deux conséquences immédiates : un alourdissement et un allongement du temps de travail. Enseigner l’anglais en Lycée professionnel relève souvent de la gageure. C’est la matière dans laquelle l’élève est souvent le plus en échec et pour laquelle il ou elle ne voit, la plupart du temps, aucun intérêt étant déjà en difficulté dans sa langue maternelle. Faire de l’oral à 30, voire plus, relève d’un foutage de gueule pur et simple. Nos élèves réclament du concret, pour eux travailler c’est écrire... Quand on fait de l’oral, quelle que soit la préparation préalable, ils ou elles ont l’impression qu’on ne fait rien. L’utilisation des TICE, fortement recommandée, demande un temps de préparation beaucoup plus
long, qu’il s’agisse du tableau numérique ou de la salle pupitre pas forcément en état de marche et là encore, bonjour les inégalités de dotations.

La préparation des CCF demande beaucoup de temps et de travail, gratuit puisque inclus dans la préparation des cours. C’est donc à nous de préparer nos examens, sur nos propres critères, d’évaluer les compétences en remplissant des grilles touffues et de délivrer à nos élèves leur diplôme ! Cette immense liberté pédagogique serait appréciable si elle ne manquait pas autant de cadre national et de référentiels. La cuisine maison ne conduit qu’à la délivrance d’un Bac maison.
Pour finir, la LV2, quand elle est obligatoire, n’a pas de continuité pédagogique avec le collège ; un élève qui aime l’allemand et veut continuer risque fort bien de débuter de l’espagnol, selon l’offre disponible dans l’établissement qu’il intègre...
Tout cela, non pas pour lancer un débat corporatif mais pour illustrer les bienfaits de la réforme du Bac pro 3 ans qui, accompagnée d’autres mesures hautement progressistes, n’a que pour ultime but de détruire le LP public et renforcer la privatisation.


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