L’organisation de la désorganisation

vendredi 1er octobre 2010

L’année commence comme prévu pour les stagiaires de 2010-2011 : dans la confusion. Le ministère a chargé les rectorats de définir les modalités d’accompagnement des stagiaires. Premier constat : ces modalités n’ont pas pour objectif d’améliorer la formation.

Formés à la gestion de classe avec un DVD ( ! ), surmenés, traités sans ménagement - que dire du stagiaire catapulté professeur principal ? - certains stagiaires doutent déjà de leur capacité à exercer ce métier et il y aurait déjà eu des démissions. Des « chanceux/ses » bénéficient d’un service de 9h au lieu de 18h jusqu’à la Toussaint mais une partie de ces dernier-es doivent compléter leur service à hauteur de 18h en surveillant des devoirs, ce qui ne fait pas partie des missions de l’enseignant-e.
Pendant que les un-es n’ont pas de tuteur/trice et doivent se débrouiller comme ils/elles le peuvent, d’autres ont un tuteur/trice hors matière. Ainsi, un-e stagiaire en anglais a un tuteur professeur d’arts plastiques ! On est ici en droit de se poser la question de la qualité pédagogique de la formation qui fait fi de l’aspect proprement disciplinaire de chaque
enseignement ! Et ceci d’autant plus qu’il ne s’agit pas là d’un cas isolé.
Stagiaires et tuteurs/trices travaillent parfois dans des établissements différents. Ils doivent se voir 45 heures avant le 23 octobre. Des TZR sont rattaché-es à ces établissements pour y remplacer l’un ou l’autre afin de permettre les visites... même si cela implique pour eux une affectation sur deux établissements parfois éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres. On demande aux TZR de prendre en charge une partie des classes du stagiaire et du/de la tuteur/trice pendant cette période. Certains collègues voulant prendre en main leurs classes dès la rentrée n’ont pas accepté. Le/la TZR a quand même dû faire 18h de présence dans les établissements... pour la semaine suivante assurer la totalité des cours du/de la tuteur/tutrice avant de prendre en charge ceux du/de la stagiaire la semaine d’après. Inutile de dire que dans de telles conditions, la continuité pédagogique de l’enseignement ne peut absolument pas être assurée. D’autres fois, l’administration demande parfois aux TZR de dédoubler des classes de collègues ou d’effectuer d’autes tâches pour « assurer » leur service. Or ceci, pas plus que ce qui précède, ne repose sur aucun texte, et il y a même des contradictions
avec le décret qui précise le service des TZR. Quand stagiaire et tuteur/trice acceptent de confier la moitié de leur horaire au TZR, il y a d’autres abus. Par exemple, une tutrice a demandé à un TZR de prendre la moitié de l’horaire de la stagiaire, sans document écrit. Elle lui a aussi demandé de bien vouloir assurer les visites car c’est loin pour elle... Et la stagiaire a donc naturellement appelé le TZR pendant le week-end ! En fin de compte le/la stagiaire doit non seulement faire un grand nombre d’heures sans formation réelle et avec seulement quelques conseils de sa/son tuteur/trice, mais il/elle doit aussi se concerter avec un-e troisième collègue pour que le suivi de la progression ne soit pas trop décousu ! Le fait de demander aux TZR d’accueillir les stagiaires dans leurs cours se répand de plus en plus et on les incite à assurer des visites. Certains IPR poussent ainsi les tuteurs/trices à faire le forcing auprès des TZR.

Cet amateurisme dans la prise en charge des stagiaires ne leur donnera pas une meilleure formation. On accroît leur charge de travail et celle des TZR qui les remplacent. On oblige ces dernier-es à de nombreux déplacements et on généralise les affectations sur plusieurs établissements. On organise la précarisation des conditions de travail. On mobilise des TZR qui ne pourront plus assurer de remplacements maladie alors même qu’il y a déjà pénurie dans certaines disciplines. Et surtout on méprise l’idée même d’enseignement en perturbant fortement la continuité des cours puisque les élèves se retrouvent tantôt face à une personne, tantôt face à une autre pour une même matière. La coordination est rendue extrêmement difficile. Mais aux yeux des autorités, ce qui importe c’est que les élèves soient pris en charge
par un adulte, et tant pis pour la qualité du cours.

Cela correspond en tous points au projet du gouvernement pour l’éducation : concurrence entre les personnes et précarisation des statuts, réduction du budget, soumission à la hiérarchie.

L’objectif de marchandisation avance aussi : l’enseignement catholique va lancer des masters professionnels de préparation au concours, et un institut privé, Forprof, propose un accompagnement payant des stagiaires. Cohérent, puisque l’État fait tout pour placer ces dernier-es dans des situations angoissantes. Un juteux marché en perspective ! Avec un prix : 440 €/an pour la formation, stage intensif à 600 € et 600 € pour un « coaching personnalisé ».

Dans un tel contexte, on ne peut que féliciter les collègues qui ont pu
résister au prix de la compromission ( 750 € d’indemnité, majoration
du point d’indice de 10 % pendant un an et 2 000 € de prime) et ont su
refuser d’accompagner – ou coacher ? - des stagiaires. Et SUD éducation
59/62 ne peut qu’appeller à lutter pour mettre un coup d’arrêt à la
dérive mercantiliste et inégalitaire de ce service pour l’instant public.
pour mettre un coup d’arrêt à la dérive mercantiliste et inégalitaire de
ce service pour l’instant public. pour mettre un coup d’arrêt à la dérive
mercantiliste et inégalitaire de ce service pour l’instant public.


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