RETOUR À L’ANORMAL

vendredi 17 décembre 2010

Un débat au début centré sur des détails techniques puis dont le niveau se relève et qui met en lumière l’indécence de la répartition des richesses, des modes d’actions qu’on osait à peine espérer, des réseaux de solidarité qui se sont tissés (souvent à la base, syndiqué-es et non syndiqué-es, en interpro), l’éventualité de pouvoir gagner, la dignité retrouvée de dire non et de combattre ensemble, etc. Le mouvement pour défendre nos retraites a été très riche et laissera des acquis.
La vague est retombée, mais cela ne laisse en rien présager de la suite car dans l’océan social les tourbillons sont nombreux et le « calme » actuel pourrait bien être de ceux qui précèdent les tempêtes. 95, 2003, CPE, défense des retraites... le combat est long et nous sommes toujours là. Même si le résultat immédiat est décevant pour nous, chaque mouvement social d’importance fait hésiter et reculer les classes dominantes sur certains de leurs projets.

Bien sûr, les questions soulevées lors de ce mouvement n’ont trouvé d’autres réponses que le mépris et la morgue du pouvoir dominant. Rien d’étonnant ; fidèle à ses intérêts, il s’est enfermé dans une fermeté et une injustice qui lui réserveront une place bien cotée au banquet des banquiers. Il nous faut maintenant rechercher en profondeur les raisons pour lesquelles la grève n’a pas pris l’ampleur que l’on espérait : quels ont été les freins et comment les débloquer pour le prochain épisode ?
Et, aidé par la frilosité des dirigeants des grandes centrales syndicales, le pouvoir peut se réinstaller dans l’anormalité. En effet, anormale est cette situation où la majorité de la population travaille de plus en plus pour la richesse et la gloire d’une minorité. Anormale est cette situation où les richesses naturelles sont pillées pour assouvir une soif de puissance illimitée. Anormale est cette situation où l’on met à sac les acquis collectifs (protection sociale, santé, éducation, services publics...) afin de donner à manger à des opérateurs privés, jamais rassasiés. Anormale enfin, cette situation où le seul avenir offert aux peuples est marqué par le sceau de la précarité.

Un peu partout (voir le contexte européen et le soutien international dont a bénéficié le mouvement français notamment), à la même logique capitaliste répondent des mouvements pour l’instant difficilement coordonnés. Mais c’est à nous, à la base, de décider et de relancer la combativité avec comme moyen à atteindre une grève générale reconductible. La tenue des sommets G8 et G20 en France, ou les contre-réformes de l’assurance maladie qui sont en projet, pourraient être des étapes importantes. Dans notre secteur, l’éducation, le budget inique et les multiples contre-réformes qui se mettent en place nécessitent aussi
que nous retournions au combat.


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