RÉFORME DES FILIÈRES TECHNOLOGIQUES : UNE CONTRE-RÉFORME IDÉOLOGIQUE

vendredi 11 février 2011

La contre-réforme des filières technologiques, derrière un voile de revalorisation et d’attractivité de ces filières, cache une réalité et une volonté politiques claires : la désindustrialisation de la France. Dans ce pays, nul besoin de technicien-nes puisque la production serait délocalisée dans les pays « à bas coûts » ; il faudrait alors réorienter la formation vers des emplois d’ingénieurs à même d’innover et d’élaborer uniquement des concepts et prototypes (recherche et développement) produits ailleurs. Tou-tes ensemble vers ce qu’on appelle « l’économie de la connaissance » à visée utilitariste !

L’objet de cet article n’est pas de débattre de ce parti pris qui nous apparaît comme dangereux, ne serait-ce qu’en terme d’impact écologique, de domination capitaliste et de confiance totale dans les transports peu chers, mais bien de mettre en lumière les conséquences sociales de ce choix.

Nous n’en citerons que deux qui auront un impact direct sur le service public d’éducation :
- conséquence sur le « public » de ces filières. Sociologiquement, ces dernières étaient, pour aller vite, un des derniers boutons valides de l’ascenseur social. Il y a fort à parier que grâce au flou savamment entretenu (nous en avons l’habitude) sur les objectifs de ce chamboulement (les programmes de 1ère seront définitifs en septembre 2011 pour une application en... septembre 2011) et à la casse des COP (Conseiller-es d’Orientation Psychologues) et des CIO (Centres d’Information et d’Orientation), de nombreux élèves risquent d’être pour le moins déboussolés. Leur orientation vers les filières professionnelles qui tendent de plus en plus à fournir en manoeuvres corvéables les entreprises locales serait alors facilitée. Le glissement vers des filières utilitaristes sera, lui, de ce fait, renforcé ;
- conséquences sur les enseignant-es de ces filières. Un des objectifs de cette contre-réforme est bien sûr de faire des économies en supprimant des postes grâce, entre autres, à des réductions horaires, des fusions de filières et des fusions de disciplines enseignées ( les formations proposées aux enseignant-es des disciplines fusionnées sont d’ailleurs insuffisantes, frôlent même l’amateurisme et sont dispensées via internet. ) Il y a fort à parier que face à l’hémorragie de postes qui se profile, cette contre-réforme soit un laboratoire de la polyvalence des enseignant-es et de l’utilisation du décret sur la mobilité dans la fonction publique.

Il est clair que ni l’émancipation des élèves ni l’émancipation des enseignant-es ne seront au menu de cette contre-réforme. Il nous faut débattre et lutter pour son retrait et pour un enseignement polyvalent dégagé entièrement de l’emprise patronale et enfin tourné vers l’émancipation des individu-es.


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