STAGIAIRES : LE KAFKA DE CHATEL

mercredi 16 mars 2011

Le 15 février, une délégation unitaire (Collectif Stagiaire Impossible, CGT, SNEP-FSU, SNES-FSU, SUD éducation et SUD Étudiant) a été reçue au ministère de l’Éducation par des gestionnaires1.

Sans surprise, le ministère s’est contenté d’opposer une fin de non-recevoir aux revendications :
- refus de revenir à un tiers-temps devant les élèves ;
- refus d’une harmonisation des conditions de titularisation : l’improvisation sera toujours la norme, et les règles différentes selon les académies avec une seule constante, l’absence de formation sérieuse ;
- refus d’étendre ou même de poursuivre l’expérimentation menée à Créteil et Versailles de décharge de service pour permettre aux néo-titulaires de poursuivre leur formation.

La pierre d’achoppement est toujours la même : temps plein coûte que coûte afin de poursuivre l’affaiblissement du service public par la diminution du nombre de postes. D’ailleurs, l’engagement d’accorder une décharge de deux heures hebdomadaires n’a été respecté que dans de rares académies.
Avantage collatéral pour le gouvernement : le passage par un master accentue l’homogénéité sociale des futurs enseignant-es, en adéquation avec sa vision très hiérarchisée de la société.

Nouvelle preuve du désintérêt du pouvoir pour la qualité de la formation et des enseignements, le futur dispositif prévu notamment dans l’académie pour le minuscule stage de trois semaines dont bénéficient les stagiaires... en mars ! Le site académique l’évoquait, mais la page a disparu.

SUD éducation 59/62 a interrogé le rectorat sur les modalités de remplacement des stagiaires en formation : un contrat-type essentiellement pour les étudiant-es de master 2 admissibles au concours qui assureraient ces remplacements a été préparé ; les étudiant-es assistent pendant une semaine au cours des profs stagiaire pour se former ; puis assurent la mise en oeuvre de cours fournis par les stagiaires ; ils/elles assisteraont ensuite encore aux cours des stagiaires pendant une semaine après leur retour de stage.

Autrement dit : les stagiaires forment des étudiant-es (en préparation d’oral !) avant de partir à leur tour en formation pour trois semaines au dernier trimestre (4 semaines pour les profs stagiaires du premier degré ! Ils/elles les formeront encore un peu à leur retour... et prépareront, parallèlement à leur stage, des cours pour leur étudiant-e remplaçant-e. Double journée de travail donc pour ce nouveau concept de stagiaires-formateur/trices !

Et la situation se corse : des étudiant-es en master 2 ont bien reçu une invitation à effectuer ce « stage de remplacement », mais lorsqu’ils/elles ont sollicité des précisions, on leur a répondu que l’embauche était du ressort des chef-fes d’établissement, et que le rectorat n’avait rien à voir là-dedans. De plus le flou persiste quant à la rémunération de ces étudiant-es2.

Les idéologues du gouvernement veulent réduire le budget global et concentrer les moyens sur quelques écoles ou établissements bien choisis (où ça, à votre avis ?) en faisant de tous les autres des rouages de la reproduction sociale. Dès lors, peu leur importe la pression insupportable subie par les collègues, ou que les élèves pâtissent de leurs choix.

En unissant nos mobilisations, nous mettrons fin aux agissements malintentionnés de cette clique de carriéristes au service d’une idéologie surannée. Foin de balivernes ! Agissons !

Signez la pétition sur :
http://www.sudeducation.org/Petition-stagiaires.htlm


1 Lire le compte rendu sur le site fédéral : http://www.sudeducation.org/Audience-au-Ministere-le-15.htlm

2 Lire http://iufmparis.canalblog.com/archives/2009/11/11/15762233.htlm


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