Les enfants, un risque majeur ?

jeudi 3 novembre 2011

Le ministère le fait bien sûr sciemment pour tester nos capacités de réaction : voilà qu’il annonce une évaluation en fin de grande section de maternelle dont l’objectif serait de classer les élèves selon trois niveaux : « rien à signaler », « à risque » et « à haut risque »...

Nous n’allons pas faire de morale et nous vous laissons vous faire votre propre opinion. Mais nous rappellerons que c’est ce ministère, au sein du gouvernement le plus à droite depuis des décennies, qui :

- Restreint drastiquement la scolarisation des moins de 3 ans et qui fait exploser le nombre d’élèves par classe, notamment en maternelle ;
- Impose l’intégration des élèves handicapé-es au sein des classes sans donner les moyens de mener à bien cette mesure et donc jette dans le désarroi les élèves et les personnels concernés ;
- Poursuit les évaluations en CE1 et CM2, malgré les rapports négatifs, à des fins de mise en concurrence des écoles et des publics ;
- Prétend lutter contre l’absentéisme scolaire alors qu’il voit l’école comme une garderie,
si ce n’est « pire », uniquement pour éviter que les jeunes trainent ;
- Met en place pour les élèves le livret personnel de compétences, vecteur de transformation
de l’élève en mécanique exploitable ;
- Fiche les élèves via « base élèves », « SCONET » etc. et les personnels via l’établissement
obligatoire du cahier de textes électronique et l’espace numérique de travail ;
- Passe « d’une culture de moyens » à une « culture de résultats » (avec la fameuse RGPP, Révision Générale des Politiques Publiques) via les contrats d’objectifs pour les établissements, les évaluations par objectifs pour les personnels et les « indicateurs » pour l’ensemble de la communauté éducative.

Même si nous ne pouvons tout lister, l’évaluationnite aiguë continue sa route et la boucle est bouclée ; c’est bien à la transformation de l’école en entreprise privée de formation et de l’éducation en marchandise quantifiable que l’on assiste. Ça ne nous fait pas plaisir mais nous avons raison de le dénoncer depuis de trop nombreuses années. Mais ce n’est pas uniquement de cela dont il s’agit : il s’agit aussi de transformer l’école en véritable machine de tri social dès la maternelle.

L’éducation coûte en effet trop cher aux yeux du gouvernement. Cette radinerie nocive s’articule avec un idéologie prégnante on ne peut plus réactionnaire : au sein de l’éducation la modification substantielle des programmes et des filières en témoigne mais nous rappellerons aussi que ce sont ces mêmes politiques qui accentuent la chasse aux sans-papiers en durcissant les lois (nous avons échappé de peu aux tests ADN), qui accentuent le fichage de la population (fichiers ADN, STIC, etc.) et qui... considèrent la jeunesse comme un danger. Une seule preuve ? En 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, a inscrit dans son avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance le principe d’une « détection précoce des troubles du comportement » chez le jeune enfant « pouvant conduire à la délinquance » à l’adolescence. C’est pour cela que l’annonce du premier paragraphe de cet article ne nous surprend malheureusement
pas...

Alors réagissons ! La liberté et l’émancipation de nos élèves sont des sujets majeurs ! Et commençons, tou-te-s ensemble, par exiger des moyens pour notre service public d’éducation, dès la maternelle :

- Restitution des postes (notamment en RASED) et des classes supprimés ;
- Création des postes nécessaires pour arriver à 3 enseignant-es pour 2 classes et favoriser
la coopération ;
- Restitution des postes d’assistant-es (AED, AVS, EVS...) et titularisation pour celles et ceux qui le souhaitent.


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