LA LICENCE UNIVERSITAIRE : LA NOUVELLE FABRIQUE DE LA CHAIR À PATRON

dimanche 25 décembre 2011

Le 12 juillet, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a fait adopter par le CNESER l’arrêté servant de base à sa réforme de la Licence, à une courte majorité de 26 voix pour, 20 contre et 14 abstentions.
La quasi-totalité des syndicats et associations de personnels des universités s’y sont opposés. Les organisations étudiantes ont voté pour. La réforme de la Licence représente un danger majeur pour les étudiant-es comme pour les personnels et depuis plusieurs mois, SUD étudiant-e et la Fédération syndicale étudiante s’organisent pour mobiliser contre cette réforme. Dans l’ensemble, cette réforme entérine la différenciation et la professionnalisation d’un diplôme initiées par la réforme LMD de 2003. Par ce biais, elle fragilise l’idée d’égalité de traitement face à l’éducation et met à mal d’autres droits collectifs en mettant les diplômé-es en concurrence à la sortie des études et en rendant plus difficile la défense collective face aux employeurs des salaires et autres garanties des travailleur/ses.

Concrètement, l’arrêté licence se traduira par des parcours différents « renforcé », normal, « de soutien » au sein d’une même Licence, dont certains seront sélectifs, ce qui renforcera la sélection sociale. Cela signifie aussi que d’une fac à l’autre, les diplômes n’auront plus les mêmes intitulés ni les mêmes contenus : de quoi mettre encore plus en concurrence les établissements. L’autre aspect de la réforme de la Licence, c’est la professionnalisation. Il ne s’agit pas de permettre aux étudiant-es de se former au métier qu’ils et elles désirent, mais de fournir une main-d’oeuvre déjà formée aux besoins des entreprises. Cela passe notamment par la multiplication des stages hors cursus, des cours de langue et d’informatique qui débouchent sur des certificats, complètement déconnectés de la spécialité
de l’étudiant-e, ou encore un « référentiel de compétences » pour chaque grand champ disciplinaire, tourné officiellement vers les « futurs employeurs », et qui doit énumérer ce que l’étudiant-e a appris à faire d’utile pour l’entreprise, et non les contenus du diplôme.

On l’aura compris, on est loin d’une revalorisation de la Licence ! En réalité il s’agit plutôt de vider la Licence de son rôle universitaire en en faisant une sorte de diplôme supérieur plus proche du lycée que de la fac. C’est dans cette optique que la « pluridisciplinarité » serait développée en 1ère année et la « professionnalisation » en 2ème année. Pas de spécialisation et d’initiation à la recherche de prévu... Le but est clairement qu’un maximum d’étudiant-es arrêtent leurs études après la Licence pour fournir une main-d’oeuvre sur mesure et sans droits.
Par ailleurs, l’arrêté licence en portant le volume horaire minimum du diplôme à 1 500 heures, et en augmentant (sans prévoir les financements nécessaires) les exigences quant au taux d’encadrement et l’accompagnement des étudiant-es (par le bais d’enseignant-es référent-es, de tuteurs et tutrices...) renforce la situation de pénurie budgétaire
qui frappe actuellement les universités. L’arrêté annonce ainsi de nouveaux regroupements d’universités, voire la fermeture en leur sein de tout un ensemble de formations à faibles effectifs. Par ailleurs, en créant sans y mettre les moyens publics de nouveaux besoins universitaires à financer, l’arrêté licence devrait donner à terme de nouveaux arguments aux partisans d’une hausse des frais d’inscription.


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