Edito

dimanche 15 janvier 2012

L’ Académie de Lille est de nouveau la plus touchée de France avec plus de mille suppressions de postes, un score jamais atteint jusque-là. Notre académie se caractérise par des difficultés importantes au niveau social et scolaire mais qu’importe, il faut faire des économies, même si cela signifie que les élèves se trouveront dans des classes surchargées ou qu’on ne pourra pas les affecter en lycée... La crise a bon dos pour justifier la destruction du service public d’éducation : est-ce vraiment à nos élèves de payer pour l’incurie de nos gouvernements ?

Les établissements et écoles vont bientôt recevoir l’annonce des moyens qui leur seront accordés. Aucune explication ne sera donnée pour expliquer les fortes inégalités entre eux : certains disposeront d’une enveloppe correcte, permettant de créer des groupes, de dispenser certaines options rares, tandis que d’autres devront se contenter des miettes ; des classes d’écoles, voire des écoles fermeront, des postes de RASED seront supprimés. Sous couvert de justifications pédagogiques (les fameux projets menés dans les établissements notamment), ce sont des économies que l’on réalise. Le rectorat s’attend à ce qu’établissements et écoles se mobilisent en bande dispersée, afin de n’avoir à fournir que quelques moyens supplémentaires.

Est-ce vraiment dans notre intérêt de faire le jeu du rectorat ? Il faut que nous agissions collectivement pour dénoncer cette nouvelle saignée qui va aggraver nos conditions de travail et celles de nos élèves. Cela passe par l’organisation d’AG de bassins afin de structurer la mobilisation. La grève du 31 janvier est un moment fort à prendre en compte, mais ce ne doit pas être le seul. Nous savons pertinemment que, pour faire plier le rectorat, il faudra être nettement plus ambitieux !

À cela s’ajoute la réforme de la notation, reportée à 2013. Si SUD éducation est opposé à la notation, aux inspections infantilisantes, à l’évolution différenciée des carrières... les nouvelles modalités d’évaluation des personnels sont encore pires ! On passe à l’ère du management sur le modèle de l’entreprise capitaliste car les contrastes entre les carrières seront plus accentués encore alors que nous sommes favorables à l’avancement le plus rapide pour toutes et tous. Comme les expérimentations ont déjà permis de le constater, comme on le voit aussi avec les personnels non-enseignants, ce système a démontré sa nocivité : augmentation des pressions hiérarchiques, gestion individualisée des carrières, utilisation de critères comptables éloignés des réalités de nos métiers... Les supérieur-es hiérarchiques deviendront ainsi de petits seigneurs féodaux, choisissant leurs vassaux et pouvant les écarter s’ils ne sont pas assez dociles. Est-ce que les collègues ont compris que le mouvement allait disparaître sous les coups de boutoir des postes spécifiques ?

Face aux mesures d’austérité qui touchent la majorité et accroissent les richesses d’une minorité, nous devons nous mobiliser : ni l’éducation, ni l’emploi, ni les conquêtes sociales ne doivent être des variables d’ajustement !
Pour que l’Éducation Nationale redevienne un vrai service public émancipateur, et non un simple moyen de reproduction des inégalités sociales.


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