COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION SUD ÉDUCATION

mercredi 22 février 2012

suite aux annonces de Luc Chatel sur l’annualisation et la globalisation : comment faire la peau au statut des enseignant-es !

Après les suppressions massives de postes, l’accumulation des réformes régressives, le saccage de la formation des enseignant-es conséquence de la mastérisation (stagiaires affectés en temps plein face aux élèves), alors que se mettent en place de redoutables outils de flicage et de contrôle (cahier de texte numérique, mise en place de la réforme de l’évaluation), ce gouvernement poursuit ses attaques en annonçant la mise en place de la « globalisation » et de « l’annualisation », dès la rentrée 2012.

Ces menaces ont été proférées à l’occasion de la remise mardi 7 février du rapport du « Comité stratégique sur l’enseignement des langues », think tank ministériel installé en avril 2011, et clairement chargé dès l’origine de préconiser de telles mesures. Cette commission aux ordres, qui ne comprend d’ailleurs aucun-e enseignant‑e du second degré, n’a aucune légitimité. Peu lui importent les intérêts des élèves, elle n’est là que pour donner une caution pédagogique à la casse du statut des enseignant-es ! Sinon, pourquoi ne pas avoir consulté les collègues sur le terrain ? C’est bien à ces collègues qu’il revient de faire un diagnostic et des propositions pour le renforcement de l’apprentissage des langues.

De quoi s’agit-il ?

À propos du seul collège (pour le moment, mais la commission doit apporter des conclusions sur l’ensemble de l’éducation, de la maternelle à l’université…) la globalisation permettrait « de répartir le temps attribué aux langues selon les langues et les années de la 6ème à la 3ème. Il y a des moments où il faut concentrer les apprentissages » a précisé le ministre, et d’autres où c’est moins utile. Parmi les moments utiles, on note les vacances scolaires, puisqu’elle y préconise l’organisation de stages. Dans cette perspective, l’annualisation doit permettre de trouver des enseignant-es pour encadrer ces stages.

De graves menaces pour les personnels et les élèves

Selon les décrets de 1950 qui régissent nos obligations de service, notre emploi du temps est défini en maximum hebdomadaire. Avec l’annualisation, il sera défini en nombre d’heures annuelles réparties sur le nombre de semaines travaillées. Mécaniquement, il y aura un alourdissement de notre charge de travail. Ce sera donc un levier supplémentaire pour continuer à supprimer des postes. Cela sera particulièrement sensible dans les lycées professionnels où les élèves sont en stage une partie de l’année. Nous serions aussi amené-es à travailler dans un cadre évolutif sur l’année scolaire, pendant tout ou partie des vacances scolaires, et avec quelle compensation salariale ? Mais surtout, ce projet signifie la fin de nos statuts, et ce pour tous les enseignant-es, ouvrant la voie à une annualisation généralisée. Le ministre, en évoquant les perspectives « d’un nouveau statut », a été très clair ! Et l’on sait que cela fait partie du projet du candidat Sarkozy pour l’éducation, et de la campagne idéologique démagogique de dénigrement des « privilèges » des fonctionnaires. Par ailleurs, pour les élèves, comment admettre que la solution offerte par le ministère soit un bricolage d’emploi du temps dans aucune justification pédagogique réelle, et des stages pendant les vacances, alors même que ce même ministère supprime des postes d’enseignant-es, et en particulier, depuis des années, des heures de langues vivantes !
Pour SUD éducation ce projet doit être abandonné. Nous appelons l’ensemble de nos collègues à construire dans l’unité les mobilisations pour faire reculer le gouvernement.


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