PRÉCAIRES : LA BONNE AFFAIRE !

vendredi 15 juin 2012

Un léger sourire d’affection apparaît parfois sur le visage d’un encravaté ou d’une embagousée : « Nous on l’aime bien notre précaire », ou bien « heureusement que vous êtes là, vous au moins ». Et l’encravaté ou l’embagousée de s’enfoncer dans son gros fauteuil en cuir, devant son ordinateur plein de petites lumières bleutées.
Ainsi les salarié-es précaires contribuent-ils/elles à la sérénité de la hiérarchie et au fonctionnement des établissements, en palliant la pénurie de personnels organisée par d’autres encravatés et embagousées.

Cette pénurie de titulaires a été volontairement organisée dans le but de marchandiser tous les services, et cela a rendu d’autant plus nécessaire l’exploitation éhontée de personnels précaires à grande échelle : comme dirait un chef assis dans un bureau très confortable, « il faut bien que chacun fasse des efforts dans l’intérêt des élèves ». Mais celles et ceux qu’on presse vraiment jusqu’au citron pour faire tourner la boutique sont des contractuel-les enseignant-es qui ne sont pas en position de refuser des emplois du temps éclatés ou des remplacements à l’interne
(« vous comprenez, on ne peut pas les envoyer tous en permanence »), ce sont des assistant-es d’éducation chargées de surveiller à deux les couloirs d’un collège où se croisent 850 élèves, ce sont des auxiliaires de vie scolaire en CUI à qui on impose d’adapter leurs horaires à ceux des élèves (« vous comprenez il faut bien l’accompagner à cette sortie »), ce sont des agent-es en contrat unique d’insertion qu’on exploite très tôt le matin et/ou très tard le soir pour 20 heures de SMIG par semaine « vous comprenez, la personne est malade, il faut bien nettoyer les salles des deux étages et les toilettes avant la réunion parents professeur-es de demain . »)

L’encravaté ou l’embagousée, dans son fauteuil en cuir, considère que le plus important pour « son » établissement, c’est son beau Projet qu’il ou elle agite dans sa réunion d’auto-promotion au Rectorat : les soutiers ne sont que des soutiers, finalement.

Les journées de carence en cas de maladie, les remarques déplacées lorsqu’on prend une journée pour enfant malade ou pour passer un examen, les tâches ou les temps supplémentaires demandés « parce qu’il faut bien que ce soit fait, vous comprenez », l’absence illégale de réelle formation (différente de la formation de prise de fonction) pour les CUI... autant d’exemples du mépris et de l’exploitation dont les personnes en contrat précaire font l’objet.

La hiérarchie, vêtue de beaux atours, parade et veut faire oublier, avec un vocabulaire choisi et creux, qu’elle collabore à l’exploitation éhontée de personnes dans un but qu’elle juge très sérieux : remplir les objectifs d’un contrat et recevoir sa prime.

Outre l’alignement de leurs conditions de travail et de salaire sur celles des titulaires, SUD éducation revendique

LA TITULARISATION DES PRÉCAIRES SANS CONDITION !


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