Vincent Peillon écrit à tous les personnels : le changement c’est pas maintenant !

vendredi 31 août 2012

Notre nouveau ministre, Vincent Peillon, ainsi que sa ministre déléguée à la réussite scolaire, George Pau-Langevin, ont publié dans le BO du 26 juin une lettre à tous les personnels de l’éducation où ils décrivent les axes de leur action prochaine.

Dans son introduction le ministre change de ton par rapport à ses prédécesseurs, il sacralise sa mission, encense les enseignants, reconnaissant les difficultés de notre métier, souhaite une rupture avec les méthodes de ses prédécesseurs et met en avant la concertation qui fera le régal des organisations co-gestionnaires. Dans son introduction, lorsqu’il parle des élèves le mot émancipation apparaît une fois ! Mais ne nous y trompons pas, l’école doit encore préparer les élèves à être de bons citoyens mais surtout de bons travailleurs à la botte de l’exploitation patronale.
Au final, il parle de concertation mais son long courrier comporte déjà des lignes directrices parfois très claires et de grands oubliés. Des paroles aux actes, un vrai changement ?

1.Sur l’école primaire.
Le ministre remet en avant la nécessité de scolarisation des moins de trois ans en particulier dans les milieux difficiles. Mais quel moyen met-il pour cela ? Là, aucune annonce. Évidemment, il fanfaronne avec les 1000 postes recréés dès la rentrée 2012 dans les zones d’éducation prioritaire et les zones rurales. Mais les enseignant-e-s ne s’en sortiront pas à si bon compte : il y a une contrepartie. Ces moyens doivent permettre aux enseignant-e-s de repenser leurs pratiques pédagogiques. N’oublions pas que ces 1000 postes sont très loin de compenser les suppressions massives subies ces 10 dernières années et que SUD éducation réclame un plan d’urgence dès cette rentrée pour éviter une année supplémentaire de démolition de l’école publique.

Plus généralement, il annonce en vrac une série de choses : les missions de l’école maternelle seront repensées, pas de pause méridienne inférieure à 1h30 dans le 1er degré mais surtout le socle commun des connaissances sera maintenu dans les années à venir avec des composantes repensées.
Enfin si les évaluations CE1-CM2 ne seront pas centralisées, elles seront maintenues ainsi que le LPC (Livret Personnel de Compétences) jugé trop complexe mais indispensable. Rappelons que SUD éducation revendique la suppression de ce LPC, bref dans le 1er degré, le changement c’est pas maintenant.

2.Sur le collège
Là encore, le ministre affirme le maintien du collège unique et d’un tronc commun pour toutes et tous. Dans le cadre de la redéfinition du socle commun, les programmes de collège seront repensés. Par contre le DIMA (Dispositif d’initiation aux métiers en alternance) est suspendu dès maintenant. Cependant, rien de plus pour le collège bref le changement c’est pas maintenant.

3.Sur les lycées
La réforme du lycée et ses objectifs sont entièrement maintenus, seules des modifications dans les modalités d’application sur le terrain seront acceptées. Qu’est-ce à dire ? Encore plus de liberté et de pouvoir pour les chefs d’établissements ? Plus d’autonomie des établissements ?
Pour la filière technologique, on sent le ministre prêt à dire qu’elle était bien, au point que sa seule proposition est d’offrir plus de formation continue aux enseignant-e-s de la filière technologique pour qu’ils rentrent dans le moule.
Rappelons que SUD éducation s’était fermement opposé à la réforme des lycées et ses effets néfastes se font clairement sentir dans les lycées.
Pour la filière professionnelle, il est très vague : juste quelques mots pour dire qu’il faut la revaloriser. Mais aucune remise en cause du bac pro en 3 ans, aucune remarque sur l’avenir des personnels des LP.
Allez, le changement c’est pas vraiment maintenant non plus dans les lycées.

4.Greta
Pas de remise en cause de la loi réformant le statut des Greta et les inquiétudes des personnels peuvent continuer ? C’était quoi le mot déjà ? Ah oui, changement !

5.Sur l’évaluation des personnels enseignant-e-s
Le décret du gouvernement précédent sera bel et bien abrogé mais un nouveau projet de décret sur l’évaluation des enseignant-e-s verra le jour pour une mise en œuvre dès la rentrée 2013. En tout cas, l’évaluation infantilisante c’est toujours maintenant !

6.Sur la formation des enseignant-e-s.
Il y aura une refonte complète de la formation initiale des enseignant-e-s mais dans quel sens. Le ministre parle d’entrée progressive dans le métier, de création d’écoles supérieurs du professorat et de l’éducation. En attendant, à la rentrée prochaine les stagiaires connaîtront toujours la galère d’une entrée dans le métier brutale presque à temps plein. SUD éducation revendique pour les stagiaires une entrée dans le métier à 1/3 temps sur l’emploi du temps du tuteur, lui à 2/3 temps pour assurer un véritable suivi. Au fait, on a oublié le mot.

7.Sur tout le reste.
Se succèdent alors une série d’annonces diverses et variées qui ne proposent rien de concret : l’enseignement des langues vivantes sera favorisé mais comme il l’est depuis 20 ans dans la bouche de nos dirigeant-e-s ; les élèves en situation de handicap seront mieux suivis avec par exemple l’annonce de recrutement d’AVSI ; développement des ressources numériques, création de postes de CPE et d’AE ainsi que l’apparition d’une nouvelle mission de « prévention et sécurité » en complément des équipes mobiles de sécurité...

8.Les oublis : précaires, COP, RASED, administratifs, le fichage...
Évidemment, les annonces précédentes montrent déjà que même les situations évoquées par le ministre ne sont pas réellement travaillées et ne vont pas dans le sens désiré par SUD éducation. Mais pire, il y a tous les autres qui ne sont pas évoqués : le sport scolaire suscite moins de deux lignes. Les COP ne sont évoqué-e-s qu’une demi-ligne à propos de la lutte contre l’échec scolaire mais rien sur la loi OFPTLV, sur leur territorialisation... Aucun mot sur les aides de laboratoire, les administratif-ve-s alors que l’audience que la Fédération SUD éducation avait eu semblait montrer l’intérêt du ministre pour ces personnels. Aucune annonce sur les différents fichages des élèves auxquels nous sommes toujours farouchement opposés. Un mot sur les RASED dans son annonce des 1000 postes recréés en expliquant qu’il y avait eu quelques recréations de RASED mais rien sur eux lorsqu’il effleure la question des difficultés scolaires.
Quant aux précaires, si le ministre parle de recrutement d’AVSI et d’AE, rien n’est dit sur leur titularisation, sur leurs conditions de travail bref pour eux maintenant cela reste la galère.

Au final, les inquiétudes mises en avant par la Fédération SUD éducation après son audience auprès des ministres se révèlent pleinement justifiées. (voir communiqué http://www.sudeducation.org/Audience-avec-le-Ministre-pour-SUD.html).
Les revendications de SUD éducation restent plus que jamais d’actualité pour faire une école pour toutes et pour tous ; une école démocratique et émancipatrice ; une école ouverte, coopérative et structurellement repensée.
Pour ce vrai changement, la lutte c’est maintenant et SUD éducation soutiendra toutes les initiatives prises en ce moment et dès la rentrée pour une autre école dans une autre société.

Vous trouverez cette réponse à Peillon mise en forme pour affichage en PJ.

Pour en savoir plus sur les revendications de SUD éducation :
- lien vers les textes du dernier congrès de SUD éducation 59/62 à Belle-et-Houllefort (62) : http://sudeduc5962.lautre.net/spip.php?article1246
- revendications de la fédération SUD éducation pour un plan d’urgence pour l’éducation : http://www.sudeducation.org/Nous-ne-voulons-pas-faire-la.html


Documents joints

Réponse à Peillon
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