Luttons contre la réforme des filières technologiques

mercredi 5 septembre 2012

Une réforme au service d’une idéologie libérale

Cette contre-réforme est un plan de restructuration idéologique. En effet, derrière un voile de revalorisation et d’attractivité de ces filières, elle cache une réalité et une volonté politiques claires : la désindustrialisation de la France.

Dans ce pays, nul besoin de techniciens puisque la production serait délocalisée dans les pays « à bas coûts » ; il faudrait alors réorienter la formation vers des emplois d’ingénieurs à même d’innover et d’élaborer uniquement des concepts et prototypes (recherche et développement) produits ailleurs. Tous ensemble vers ce qu’on appelle « l’économie de la
connaissance » à visée utilitariste !

Des conséquences graves pour les élèves et les personnels

Ce plan de restructuration a déjà commencé dans les établissements : allons-y, bradons le matériel, délocalisons-le, jetons-le ! L’objet de ce tract n’est pas de débattre de ce parti pris qui nous apparaît comme dangereux, ne serait-ce qu’en terme d’impact écologique, de domination capitaliste et de confiance totale dans les transports peu chers, mais bien de mettre en lumière les conséquences sociales de ce choix.

Nous n’en citerons que deux qui auront un impact direct sur le service public d’éducation :
– conséquences sur le « public » de ces filières. Sociologiquement, ces dernières étaient, pour aller vite, un des derniers boutons valides de l’ascenseur social. Il est fort à parier que grâce au flou savamment entretenu (nous en avons l’habitude) sur les objectifs de ce chamboulement et à la casse des COP (Conseiller-es d’Orientation Psychologues) et des CIO (Centres d’Information et d’Orientation), de nombreux élèves risquent d’être pour le moins déboussolés et « rejetés ». L’orientation de ceux-ci vers les filières professionnelles qui tendent de plus en plus à fournir en manœuvres corvéables les entreprises locales serait alors facilitée. Le glissement vers des filières utilitaristes serait alors renforcé ;
– conséquences sur les enseignant-es de ces filières. Un des objectifs de cette contre-réforme est bien sûr de faire des économies en supprimant des postes grâce, entre autres, à des réductions horaires, des fusions de filières et des fusions de disciplines enseignées. D’ailleurs les formations proposées (dont une partie en « distanciel » via internet...) aux enseignant-es des disciplines fusionnées sont bien insuffisantes et frôlent même l’amateurisme (comment obtenir l’équivalent de quatre CAPET -les autres sont supprimés- par personne en si peu de temps ?) . Il y a fort à parier que face à ’hémorragie de postes qui se profile, cette contre-réforme soit un laboratoire de la polyvalence des enseignant-es. Pour les personnels dont la discipline disparaît, on aboutit à une reconversion forcée (comme prof de technologie à plein temps en collège par exemple).
Nous ajoutons que dans la droite ligne de la réforme du lycée appliquée en seconde, la dotation horaire de dédoublement serait globalisée. Finis les dédoublements systématiques même en atelier (où tout geste
« professionnalisant » serait proscrit) ! Et on incite ainsi de nouveau à la concurrence entre disciplines et collègues.

Luttons pour un enseignement technologique émancipateur


Il nous faut faire court mais il est clair que ni l’émancipation des élèves ni l’aisance et la liberté pédagogiques des enseignant-es ni la qualité du service public ne seront au menu de cette contre-réforme. Il nous faut alors débattre et lutter pour son retrait et pour une enseignement polyvalent dégagé entièrement de l’emprise patronale et enfin tourné vers l’émancipation des individu-es.

Refusons cette contre-réforme, informons, mobilisons-nous, préparons la suite et manifestons notre opposition :

- pour la pérennité de ces filières et le respect de leurs élèves ;
- pour le respect du statut des enseignant-es ;
- pour une réelle formation et le respect du droit à formation sur le temps de travail


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Brèves

Professeur-es documantalistes : faire respecter nos droits !

vendredi 10 juin 2016

Plusieurs mois après l’entrée en vigueur du décret n°2014-940 relatif aux obligations de service, les professeur-e-s documentalistes sont toujours confronté-e-s à de nombreuses difficultés pour l’application du texte et se heurtent régulièrement au refus du décompte de 2 heures dès lors qu’ils assurent une heure d’enseignement ou à des interprétations variables du texte selon les établissements et les académies.

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L’intersyndicale nationale CGT’éduc, SNALC, SNES, SNUEP, SUD éducation propose à la signature une pétition pour le respect des droits des professeur-e-s documentalistes.

Enseignant-es du 2nd degré : bientôt plus d’une heure sup’ obligatoire ?

samedi 14 février 2015

Le ministère a produit un projet de circulaire sur les missions et obligations réglementaires de service des enseignant-es du second degré en application des décrets n°2014-940 et n°2014-941 du 20 août 2014.

La mise en œuvre des nouveaux statuts des enseignant-es du second degré menace les conditions de travail, comme nous l’avions dit.

Lisez le communiqué du 13 février de la fédération SUD éducation.

La note de vie scolaire, c’est fini !

dimanche 8 décembre 2013

Depuis la création de la note de vie scolaire, SUD éducation 59/62 et la fédération des syndicats SUD éducation s’opposent à cette évaluation chiffrée du comportement. Notre lutte unitaire et déterminée a porté ses fruits !

Ce vendredi 6 décembre, lors du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), le ministre a annoncé la suppression de la note de vie scolaire.

Si la suppression n’est pas encore réglementaire, cette annonce dans un cadre officiel permet dans les établissements de fonder le refus de renseigner cette note injuste à l’occasion des conseils de classe – s’il est encore temps ! Rappelons que l’existence de cette note n’a pas été reprise dans la loi d’orientation et de programmation dite « de refondation de l’école ».

Combattue par SUD éducation depuis son instauration, sa demande de suppression avait fait l’objet d’un vœu quasiment unanime lors du CSE du 19 septembre. A défaut de prendre la décision d’abroger, le ministère s’était alors engagé à saisir en urgence le CSP (conseil supérieur des programmes) pour qu’il rende un avis avant la fin du premier trimestre de l’année scolaire sur la question de sa suppression. Cet avis a été rendu le 21 novembre, mais il a encore fallu attendre deux semaines avant l’annonce du ministre.

La disparition de cet élément d’un « livret ouvrier » des élèves sera – enfin ! – réglementaire avec la publication des décrets et arrêtés qui seront présentés lors du CSE du 19 décembre.

Le communiqué de la fédération SUD éducation du 7 décembre...


Relire (entre autres) sur le site de la fédération SUD éducation :
- Nous ne mettrons pas de note de vie scolaire.
- Note de vie scolaire : ne baissons pas la garde !

ou sur notre site :
- Une injustice de plus : la note de vie scolaire.
- Refusons de noter le comportement de nos élèves !