Pourquoi nous demandons le retrait pur et simple de la loi Fillon

vendredi 11 mars 2005

On pourrait s’en tenir aux propos de façade du Ministère : pour une réussite de tous les élèves, une amélioration de la qualité de l’enseignement...
Mais derrière ces apparentes bonnes intentions se dissimule un contenu beaucoup plus inquiétant. Démagogique, floue et peu ambitieuse, cette loi d’orientation est aussi la porte
ouverte à une école à plusieurs vitesses et conforme aux directives d’une Europe libérale.

La démagogie pour masquer le vide pédagogique

Les principales mesures pédagogiques reflètent le vide et la démagogie d’un texte qui est censé être une « loi d’orientation » pour l’école : réaffirmation du rôle des enseignants dans le
redoublement, « La Marseillaise » au programme du primaire, une note de « vie scolaire » au brevet, développement des « bourses au mérite »... Quelle ambition pédagogique !

Apparaissant comme une coquille vide sur de nombreux points, la loi n’en reste pas moins préoccupante.

« Socle commun » : un enseignement soumis à une logique « d’efficacité »

Premier sujet d’inquiétude : le « socle de connaissances indispensables » que les élèves devront maîtriser à la fin de leur scolarité . L’apprentissage d’une véritable culture, d’un esprit
critique, l’ouverture au monde y sont réduits à l’acquisition du strict minimum requis pour être le plus rapidement possible adaptable au monde du travail (disparitions de nombreuses options,
des TPE, adoption d’options professionnelles dès le collège ­ du temps qui sera pris sur l’apprentissage des langues ou des arts plastiques à coup sûr, spécialisation plus marquée des filières avec par exemple l’introduction en série L d’enseignements de « communication et de
gestion des ressources humaines »). Plus que d’offrir un emploi aux élèves à la fin de leur scolarité, il s’agit d’en faire une main d’oeuvre efficace et docile.

« Formation » : la flexibilité tout au long de la vie

L’insistance sur la « formation tout au long de la vie » va dans le même sens : ce qui est recherché c’est l’apprentissage du minimum (informatique, français, maths) pour le futur travailleur afin qu’il soit de plus en plus flexible (changer de métier, déménager, s’adapter le plus vite possible à son entreprise) en fonction de l’offre et de la demande. Moins d’éducation,
donc, mais plus de souplesse... soumission au travail dans des cadres toujours plus précaires.

Contrat de réussite : l’individualisation de l’échec

La prise en compte des « élèves en difficulté » se limite à des « contrats individuels de réussite éducative » devenus « programme personnalisé de réussite scolaire ». Au-delà de
l’individualisation de l’échec et la culpabilisation des élèves et de leur famille (en déniant toute responsabilité collective et sociale), le texte ne prévoit à aucun moment les moyens permettant
la mise en oeuvre d’une aide réelle à ces élèves.

Dédoublements : des économies au détriment de la réussite

Les dédoublements dans les classes sont explicitement remis en cause (sauf pour les langues en terminale, affirme le Ministre) dans la plupart des disciplines, et dépendront de l’appréciation du chef d’établissement en fonction de leur « valeur pédagogique ». La baisse des effectifs dans les classes n’est pas considérée dans le projet de loi comme bénéfique aux conditions d’apprentissage des élèves !

Orientation précoce : une école à deux vitesses

Le socle commun, la hiérarchisation des disciplines, ainsi que l’orientation précoce vers les filières professionnelles laissent pressentir une école à deux vitesses. L’absence de
développements sur les passerelles entre les enseignements professionnel, technologique et général ainsi qu’avec l’université confirment cette inquiétude. Le flou le plus complet règne
quant aux possibilités de réorientation des élèves d’un type d’enseignement à un autre.

Primaire : scolarisation des deux ans compromise

Le primaire n’est pas en reste : en effet, la scolarisation des 2 ans est remise en cause, et des notes ministérielles contradictoires font craindre pour son avenir concernant les moins de 5 ans, en fonction des priorités accordées aux zones de scolarisation.

Enseignants : polyvalence au détriment du contenu de l’enseignement

Les professeurs voient leurs missions se multiplier. Ils devront notamment assurer des remplacements (à hauteur de 72 h par an) de leurs collègues dans leur établissement afin d’assurer la continuité de l’enseignement. Au pied levé, comme au Royaume-Uni, sans avoir le temps de préparer leurs cours, et dans des disciplines qui ne seront pas la leur ! Il ne s’agit là
que de réduire le recrutement (économies de bouts de chandelles) : moins de profs comme il y a déjà moins de surveillants (les profs rempliront d’ailleurs de plus en plus leur rôle). Les
suppressions massives de postes ­ la démographie a bon dos - vont dans le même sens.

Ouverture sur les entreprises : la rentabilité économique avant tout

Enfin l’ouverture aux entreprises prônée par le projet de loi Fillon dissimule la priorité accordée à des impératifs de rentabilité plutôt qu’à l’intérêt et l’épanouissement des élèves :
emprise croissante des entreprises sur les programmes et l’évaluation dans l’enseignement professionnel avec des risques de formations trop spécialisées et uniquement orientées vers
des besoins locaux, sans vision de long terme. De manière générale, il ne s’agit plus de délivrer des diplômes, garants de certaines protections et niveaux de salaires, mais des « compétences »,
jamais définitives, toujours remises en cause en fonction des besoins des entreprises.

Au-delà des déclarations de bonnes intentions, la loi Fillon n’apparaît pas à la hauteur des problèmes et des enjeux auxquels l’école doit aujourd’hui faire face.

Au contraire, cette loi d’orientation est la porte ouverte à une dégradation des conditions d’enseignement, à une sélection toujours plus grande des élèves, et à une école soumise aux exigences de « rentabilité » conformes aux désirs du Medef et de ceux qui défendent, en France et en Europe, une vision libérale de l’éducation.

Parents, élèves, personnels de l’Education Nationale, mobilisons-nous tous ensemble pour demander le RETRAIT PUR ET SIMPLE DE LA LOI FILLON.

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Brèves

Projections à l’Univers en novembre

lundi 19 novembre 2012

- le mercredi 21 novembre 2012 à 18h : projection proposée par Solidaires Nord Pas de Calais de Et voilà le travail.
- le dimanche 25 novembre 2012 à 18h : projection proposée par la Commission droits des femmes de Sud éducation Nord Pas de Calais : Ladies Turn

PROJECTION DE "TU SERAS UN HOMME MA FILLE"

dimanche 20 mars 2011

SUD éducation 59/62 vous invite cordialement à

la projection du film « Tu seras un homme ma fille » d’Agnès Bert

(documentaire France-Belgique, 2004, 54 min)

le dimanche 20 mars à partir de 17h30

à l’Univers (16 rue Danton à Lille, M° Porte de Valenciennes)

Dans le nord de l’Albanie, les familles ayant perdu père et fils pouvaient élever une fille en homme. Certaines de ces « vierges assermentées » ont choisi d’elles-mêmes ce statut masculin. Haki, Sokol, Shjurtan et Samie ont fait ce choix et racontent pourquoi. Une parole émouvante filmée avec délicatesse.

La projection commencera à 18 heures et sera suivie d’une discussion en présence de la réalisatrice. Entrée libre, petite restauration prévue.

Organisation : Commission Femmes de SUD éducation 59/62.

Vendredi 28 janvier 2011 : conférence "Médias et mouvement social !".

vendredi 28 janvier 2011

RDV à 20h, au cinéma l’univers, à Lille, rue Danton (quartier de Moulins, M°Porte de Valenciennes).

* Conférence proposée par "Pour une critique sociale du capitalisme"

Conférence avec Grégory Salle, Olivier Poche et Gilles Balbastre.

Intervenants : Gilles Balbastre, journaliste et documentariste ; Olivier Poche et Grégory Salle, membre de l’association ACRIMED.

L’ACRIMED –(Action CRItique MEDia) est un observatoire critique des médias qui réunit des journalistes et salariés des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des « usagers » des médias. Elle cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante.

+ d’infos :
- http://www.acrimed.org
- http://lunivers.org/evenement/medias-et-mouvement-social/

PROJECTION-DÉBAT CONTRE LA LOI BESSON

mercredi 19 janvier 2011

Loi Besson : la xénophobie d’Etat ne passera pas !

projection-débat
Discussion autour du projet de loi Besson avec
Emmanuelle Lequien (Syndicat des Avocats de France) et
Armand Nwatsock (commission juridique du CSP59).

MERCREDI 19 JANVIER à partir de 19h30
à L’Univers - 16 rue Danton - Lille M° Pte de Valenciennes

Entrée libre – tables d’information – buvette
19h30 ouverture - 20h discussion - 21h30 projection

Organisé par le Collectif régional
contre la loi Besson
contrelaloibesson.npdc@gmail.com
Manifestation - samedi 29/01 - 15h - Pl. de la République - Lille

MANIFESTATIONS DES 6 ET 7 SEPTEMBRE

mardi 7 septembre 2010

Lundi 6 septembre

MANIFESTATION RÉGIONALE À LILLE

RV 14H30 PORTE DE PARIS

RASSEMBLEMENT/MANIFESTATION À BOULOGNE s/ MER

RV 9H30 DEVANT LA BOURSE DU TRAVAIL

Mardi 7 septembre

MANIFESTATION RÉGIONALE À LILLE

RV 14H30 PORTE DE PARIS

CINEMAS sans FRONTIERES du 19 avril au 2 mai 2010 à ARRAS

dimanche 4 avril 2010

RESF ARRAS/LENS resf.arras.lens@gmail.com

CINEMAS SANS FRONTIERES
Du 19 avril au 2 mai, au Cinémovida d’Arras

RESF Réseau Education Sans Frontières regroupe des associations mouvements et syndicats où agissent ensemble enseignants, parents, lycéens, éducateurs, …
RESF défend les jeunes étrangers scolarisés menacés d’expulsion (jeunes majeurs sans papiers, enfants de parents sans papiers,…). RESF défend le droit de ces jeunes et de leurs familles à vivre et étudier en sécurité et dans la sérénité en France.
Le droit de se déplacer, la liberté de circulation sont des droits élémentaires.
Les frontières et les murs, physiques et idéologiques, se multiplient contre les personnes à l’heure où les marchandises et l’argent circulent sans obstacles.
Le « franchissement des frontières » est une question de notre monde actuel, une question dont le cinéma s’est emparé.
RESF Arras-Lens a voulu en donner un aperçu avec ce « Cinémas sans frontières », autour du 1er mai (fête internationale !) et du Salon du livre d’Arras, en présentant, avec Colères du présent, 4 films :

1) "HARRAGAS", de Merzak Allouache
"Palmier d’Or" à la Mostra de Valencia
Les migrants algériens traversent le méditerranée
http://www.educationsansfrontieres.org/article25104.html

2) « LES CHOIX DE VALENTIN », de Marine Place,
Calais, un lycéen, les migrants, ...
http://www.educationsansfrontieres.org/article23912.html

3) "SIN NOMBRE", de Cary Fukunaga,
Emigrations en Amérique latine
http://www.educationsansfrontieres.org/article23531.html

4) "UN ALLER SIMPLE POUR MAORÉ", d’Agnès Fouilleux
Des Comores vers Mayotte...
http://www.educationsansfrontieres

Ces films seront présentés au Cinémovida d’Arras du lundi 19 avril au dimanche 2 mai avec deux soirées-débat :
• Lundi 19 avril à 20h30, ciné-débat « Un aller simple pour Maoré »
• Mercredi 21 avril à 20h30, « Les choix de Valentin » en présence de Marine Place et de Valentin.

Cinémas sans frontières
RESF Arras-Lens avec
Colères du présent, CIMADE, CASPA, FSU, SUD éducation-Solidaires.

18H00 à l’Univers, projection débat femme et précarité

dimanche 7 mars 2010

Dimanche 7 mars 18H00

à l’Univers, 16 rue Danton à Lille, M° Porte de Valenciennes

PROJECTION DEBAT

Remueménage dans la soustraitance d’ Ivora Cusack ( France, 2008, 70min)

Dans la région parisienne en mars 2002, des femmes de chambre employées des
hôtels Accor se mettent en grève. Leurs revendications principales : la baisse des
cadences de travail et le paiement de toutes les heures travaillées. La plupart des grévistes sont des mères de
famille d’origine africaine qui vont pour la première fois se battre pour leurs droits. Après un an de lutte, elles
sortent victorieuses. Mais en mai 2004, la déléguée syndicale qui avait joué un rôle prépondérant dans la grève,
est licenciée ...

Regards croisé, exposition de portraits de femmes par François Daumerie du 1er au 12 mars.

Le photographe François Daumerie prendra en photo les femmes qui le souhaitent le dimanche 7 mars entre
14H30 et 17HOO.
Alors venez vous faire photographier seule, avec une ou des amie(s), votre mère, votre fille, votre
copine, etc.
Le vernissage de l’exposition Regards croisés aura lieu à 17HOO.

Entrée libre, petite restauration prévue

Organisée par la commission femmes de SUD éducation 59/62 dans le cadre de la journée de lutte pour les droits des
femmes.

Rencontre des médias locaux indépendants à Arras

jeudi 28 janvier 2010

Jeudi 28 janvier, le collectif Indymedia Lille débarque à Arras. Et il ne sera pas tout seul ! En effet,il sera en compagnie de La Brique - journal d’info et d’enquête de Lille et d’ailleurs - et de la station de radio arrageoise PFM.

Objectifs de la soirée : regarder ensemble le film ((i)), Indymedia, l’Argentine et les questions de communication, discuter, débattre, vous montrer comment on fonctionne, comment participer, comment se saisir de l’information pour la faire soi-même.

Rendez-vous à l’Office Culturel jeudi 28/01 à 18h !

En plus c’est gratuit !

Le film ((i)) est une réflexion sur les relations entre les médias et le pouvoir à partir de l’expérience du plus grand réseau mondial de media-activistes : INDYMEDIA. Le documentaire suit la première année d’un petit collectif de Buenos Aires à travers ses luttes au milieu d’assassinats, d’une économie en ruine et des bouleversements politiques argentins.

Liens
- Radio PFM
- la Brique
- indymedia lille

Contre les violences faites aux femmes 3 soirées à l’Univers (Lille) les 28,29 et 30 janvier

jeudi 28 janvier 2010

Le collectif Born in flames organise trois soirées les

28 janvier à partir de 19h00 et les 29 et 30 janvier à partir de 20h30 au cinéma l’Univers (rue Danton, M°porte de Valenciennes à Lille

CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Au programme, projections-débats
- le 28 :Domestic violence 01 de Frederick Wiseman (USA, 35mm, 2000, 200 min)
- le 29 : Domestic violence 02 de Frederick Wiseman (USA, 35mm, 2003, 95 min)
- le 30 : Born In Flames de Lizzie Borden (USA, 16 mm, 1983, 90 min)

Plus d’infos, sur le site de l’Univers

Vendredi 27 novembre, projection organisée par la commission Femmes de SUD éducation 59/62 dans le cadre de le journée contre les violences faites aux femmes.

vendredi 27 novembre 2009

La commission Femmes de SUD éducation 59/62 organise le vendredi 27 novembre la projection du film "J’ai tant aimé" de Dalila Ennadre (2008, 52 minutes).

Cette projection sera suivie d’un débat.

C’est au cinéma l’Univers, 16, rue Danton à Lille (quartier Moulins).

Entrée libre.