PAS DE CHAISE VIDE A LA RENTREE

jeudi 31 août 2006

Face aux mobilisations contre les expulsions d’enfants scolarisés et de leurs familles sans papiers qui se sont organisées partout en France, le ministre de l’intérieur s’est vu dans l’obligation de publier la circulaire du 13 juin. Celle-ci donne instruction aux préfets d’envisager l’admission au séjour des familles d’enfants scolarisés au moins depuis septembre 2005, nés en France ou arrivés avant l’âge de 13 ans, et dont la famille « manifeste une réelle volonté d’intégration ». De plus, elle dicte des critères laissés à la libre appréciation des administrations, qui ont pour mission d’atteindre l’objectif fixé par leur supérieur hiérarchique : expulser 25 000 personnes en 2006.

Sarkozy, empêché de pratiquer la chasse à l’enfant promise pour cet été, s’est donc rattrapé en multipliant les expulsions de célibataires, y compris les jeunes majeurs scolarisés, comme l’a démontrée dès le 7 juillet la reconduite au Maroc d’Abdallah Boujraf, 19 ans, premier lycéen, d’une liste qui risque être longue, à être expulsé depuis la fin des cours.

Cette régularisation « au cas par cas », prônée par le ministre et défendue par son alibi, Arno Klarsfeld, qu’il a nommé « médiateur de la République » dans ce dossier, continue de faire régner l’arbitraire. Les collectifs de soutien, dont le Réseau Education sans Frontières 59/62 (RESF 59/62), ont du redoublé de vigilance. De fait, un réseau de veille s’est constitué cet été ainsi qu’une permanence hebdomadaire destinés à accueillir et accompagner les familles et les jeunes majeurs isolés dans leurs démarches admnistratives.

Cependant après de fortes mobilisations dans le Nord (campagnes de pétitions, manifestations, parrainages républicains dans les mairies de Lille, Roubaix, Mons-en-Baroeul entre autres, audiences en préfecture), les membres du Réseau constatent, qu’à ce jour, aucune réponse claire n’est parvenue aux personnes ayant déposé une demande de titre de séjour (dans le cadre ou non de la circulaire du 13 juin). Le RESF 59/62 continue à suivre les dossiers, même si des engagements verbaux ont été pris par les responsables de l’administration préfectorale.

Certes, il n’y a pas eu à notre connaissance d’expulsion de jeunes majeurs scolarisés dans notre région. Cela dit, certains ont vu, comme Caleb ou Julienne - arrivés en France seuls et encore mineurs - leur Autorisation Provisoire de Séjour expirer au cours de l’été et ne détiennent aucun document officiel les autorisant à résider sur le territoire. Ils sont donc à la merci des contrôles d’identité qui se multiplient, comme dans le cas de Caleb, arrêté puis relâché par la Police de l’Air et des Frontières. Par ailleurs, la Préfecture du Nord, dans le meilleur des cas, ne semble vouloir accorder à ces jeunes qu’un titre de séjour étudiant - le plus précaire qui soit - alors que leur situation personnelle et les raisons qui les ont poussés à quitter leur pays exigeraient l’octroi d’un titre de séjour dit « Vie privée vie familiale ». Nous refusons cette logique qui est une véritable négation des droits fondamentaux de la personne.

Certains parents ayant été convoqués « en vue d’une régularisation » continuent d’errer de foyer en foyer, ne pouvant s’établir nulle part. D’autres ont toujours peur d’être expulsés et craignent parfois de remettre leurs enfants à l’école à la rentrée.

Nous devons donc plus que jamais rester vigilants, dans nos écoles, collèges et lycées, afin de soutenir ces familles et ces jeunes qui ne doivent pas rester dans l’ombre comme c’est encore le cas pour un trop grand nombre d’entre eux, qui n’osent pas faire connaître leur situation.

Dix ans après l’évacuation de l’église Saint-Bernard à Paris le 26 août 1996, rien n’a bougé. Au contraire, la loi réformant le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile ( CESEDA ), adoptée en juin et validée par le Conseil Constitutionnel en juillet, s’avère être une véritable « fabrique de Sans Papiers ». Elle durcit les conditions du regroupement familial, de délivrance du titre « Vie privée et familiale » pour les mineurs atteignant la majorité. De surcroît, elle abroge l’octroi de la carte de résidant de 10 ans. Quel sort sera dorénavant fait à nos élèves sans papiers ?

Sud éducation 59/62 réaffirme son engagement dans la lutte des sans papiers, et rappelle que la mobilisation doit se poursuivre afin de faire valoir leur régularisation systématique, mesure que nous plaçons bien au-delà des lois iniques votées par nos gouvernants. A cet égard, il n’est pas vain de rappeler que la pétition « Nous les prenons sous notre protection.... », lancée au printemps et remise au Président de la république le 14 juillet par le RESF national, a recueilli plus de 110 000 signatures. De même, bon nombre d’établissements scolaires ont voté des motions condamnant l’expulsion d’élèves sans papiers.

Par ailleurs, un appel a été lancé pour la création d’un Réseau Universitaire Sans Frontières. Quant au RESF 59/62, il tiendra une conférence de presse le mercredi 13 septembre afin de faire le point sur la situation dans notre région. Il s’agit d’appeler le milieu scolaire à poursuivre le combat pour mettre en échec une gestion de l’immigration honteusement devenue un enjeu électoral.


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