SERVICE PUBLIC D’ORIENTATION

par la Commission orientation de la Fédération des syndicats Sud Education
mardi 5 septembre 2006

A l’heure où l’on s’interroge sur l’avenir des jeunes suite à la crise des banlieues et au mouvement contre la Loi sur l’Egalité des Chances (dont le CPE n’était qu’un des éléments néfastes), les services d’orientation sont devenus la cible privilégiée permettant d’éviter le débat de fond relatif aux dysfonctionnements du système éducatif.
Le gouvernement et même le président de la république nous annoncent alors la création d’un service public d’orientation. Incompétence ou provocation ? Messieurs Chirac et Villepin ne sont ils pas au courant qu’un tel service existe déjà ? Ou cherchent ils à le discréditer car trop dérangeant ? ( quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage)...

Le service public d’orientation existe bel et bien et est malmené depuis des années ; il est devenu une cible privilégiée des restrictions budgétaires qui touchent l’ensemble du service public d’éducation :

50 postes supprimés en 2005,

baisse continue des recrutements (divisés par 5 depuis 2003 :259 en 2003, 150 en 2004, 136 en 2005, 55 en 2006)et qui atteignent cette année un niveau catastrophique au regard du nombre de départs en retraite (estimés à 300 par an à partir de 2006, la moitié de la profession ayant plus de 50 ans),

fermeture de CIO,

baisse des budgets de fonctionnement des CIO d’état et pour les CIO départementaux, même s’ils semblent mieux lotis, menace de désengagement de certains conseils généraux,
baisse des frais de déplacement.

Les conditions de travail ne cessent de se dégrader, les moyens manquent, ce qui ne permet plus d’assurer un service public de qualité alors que parallèlement, on assiste à une montée en puissance d’officines privées.
Ainsi, la stratégie est claire : c’est la disparition programmée des COP et des services d’orientation tels qu’ils existent actuellement.

Les présidents de régions ayant déjà la compétence du schéma régional de formation revendiquent celle de l’orientation pour une meilleure prise en compte du tissu économique local . Ce sont donc bien les mêmes enjeux contre lesquels nous avions lutté en 2003 qui reviennent : ne pas devenir des « prospecteurs placiers » mais maintenir notre rôle en toute indépendance et autonomie réellement au service des usagers.
Dans les discours actuels, la problématique de l’orientation est réduite à des questions d’information et d’insertion.
Sites, forums, salons des professions se multiplient alors que le problème n’est pas la quantité ou l’accès à l’information mais sa fiabilité, le fait pour un jeune de savoir la décrypter et se l’approprier, rôle qu’assurent les COP grâce à leur autonomie et leur indépendance.

Et réduire l’orientation à des questions d’insertion permet le transfert des compétences aux régions, la création d’un guichet unique (ANPE, Mission Locale, PAIO...) avec des missions de type bureau de placement. Encore une fois, les économies budgétaires pèsent bien plus que l’intérêt des jeunes ! ! !
Il est urgent de réagir pour défendre notre métier, nos missions actuelles et un service public d’orientation digne de ce nom, dans l’éducation nationale.

septembre 2006

Commission orientation de la Fédération des syndicats Sud Education, www.sudeducation.org


Documents joints

tract commission orientation
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Déclaration au CSE

vendredi 18 septembre 2015


→ Lisez la déclaration au CSE
(Conseil supérieur de l’éducation)
de la fédération SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires.

Le panneau syndical

lundi 23 mars 2015
Le panneau de la fédération
de mi-février 2015.

9 avril, une grève interprofessionnelle, enfin ! - Austérité, l’éducation n’y coupe pas

Le panneau syndical

mercredi 11 février 2015
Le panneau de la fédération
de début février 2015.

Après les attentats, l’école mise au pas - Pour la réintégration de F. Chazerans (pétition) - Luttes : prioritaire, dotations, moyens...

ÉLECTIONS PRO 2014 - APPEL À TÉMOIGNAGES

lundi 9 février 2015

Les élections professionnelles 2014 ont été le théâtre d’un très grand nombre d’irrégularités. Opposée au vote électronique en raison notamment de l’absence de garanties et de contrôle, la fédération SUD éducation a produit des recours.

Si vous avez eu des difficultés pour voter, ou si vous connaissez des personnes qui en ont eu, contactez-nous au plus vite : sudeduc5962@wanadoo.fr / 03 20 55 99 29.

Appel à témoignages : lire notre article, ou l’appel fédéral.

Tous les résultats sont ici.

Personnels sociaux : un an sans aucune avancée !

jeudi 5 février 2015

Le 3 février 2014 débutait le groupe de travail Métiers n°12 du ministère de l’éducation nationale et de la recherche consacré aux personnels sociaux.

Un an après, on ne peut que constater l’absence totale d’avancées concrètes. Les circulaires du ministère n’améliorent en rien les conditions de travail des personnels ou la prise en charge des élèves.

L’intersyndicale dénonce unanimement l’inconséquence du ministère sur les questions sociales et de santé : la déclaration intersyndicale du 27 janvier 2015.

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samedi 20 décembre 2014

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Communiqué de la Fédération des syndicats SUD éducation

vendredi 17 mars 2006

St Denis, le 17 mars 2006

Communiqué

La fédération des syndicats SUD éducation tient à saluer le courage des lycéens, des étudiants et de toute la jeunesse mobilisée contre le CPE. Il faut effectivement du courage pour lutter face à un président et face à un gouvernement qui, depuis des mois, ne veulent rien entendre.

Des mobilisations contre la réforme des retraites à celles contre la loi Fillon pour l’école en passant par le non au traité libéral européen, à la lutte contre la privatisation d’EDF et plus largement de l’ensemble des services publics, les réponses de Chirac, Raffarin puis Villepin sont toujours les mêmes : ils gardent le cap de la régression sociale.

Face à la jeunesse de ce pays, ce gouvernement aura organisé la répression contre les lycéens, engagés contre la loi Fillon dans une lutte qui aurait mérité davantage de soutien syndical, au printemps 2005. Ensuite en novembre 2005 il aura organisé la violence policière quotidienne contre l’exaspération de la partie de la jeunesse la plus précarisée. Il se sert ensuite de cette crise des banlieues dont il est largement responsable pour décréter l’état d’urgence, la criminalisation de la jeunesse française et immigrée des quartiers populaires, et réduire à 14 ans l’âge réel de la scolarité obligatoire. En moins d’un an, ce gouvernement a décidé que la jeunesse dans toutes ses composantes était sa cible principale. En moins d’un an il aura réprimé à tout va sans jamais apporter une réponse face au chômage et aux interrogations du lendemain dans un pays où le chômage des jeunes ne cesse de croître et où l’emploi précaire est déjà la seule porte d’entrée dans le monde du travail pour des milliers de jeunes

Aujourd’hui les étudiants se mobilisent. Nombre d’entre eux étaient lycéens l’an dernier et manifestaient déjà contre les projets rétrogrades de Fillon.

Oui, il en faut du courage pour continuer, malgré la défaite face à Fillon, à se mobiliser contre ce qu’il faut bien appeler : « la précarisation de nos vies ».

La fédération des syndicats SUD éducation s’associe à la lutte des étudiants et soutient pleinement l’organisation de la lutte des étudiants par les étudiants eux-mêmes. Par cette auto-organisation, lycéens et étudiants montrent un souci aigu des pratiques démocratiques dans leur lutte. C’est donc à la fois la détermination et la manière de faire des jeunes qui doit montrer la voie à tous les salariés (privé et public réuni) et à leurs organisations syndicales.

Le combat contre le CPE n’est pas seulement le combat de la jeunesse, il est le combat de toutes et tous. Le CPE, après le CNE, avant le contrat senior ou le contrat de « l’immigré jetable et précaire à vie » prévu par Sarkozy, s’inscrit dans la casse programmé de l’ensemble de droits du travail et des salariés acquis par les luttes de nos parents, grands et arrières grands parents.

Le Conseil fédéral des syndicats SUD éducation,

réuni à Paris le 9 et 10 mars 2006