Derrière les charters, la répression générale !

vendredi 6 octobre 2006

6924... C’est donc le nombre définitif de régularisations d’élèves sans papiers dans le cadre de la circulaire du 13 juin. Fort de sa capacité à réduire l’humain au calcul comptable, le ministère de l’intérieur a d’ailleurs aussitôt rappelé que les familles dont les dossiers avaient été refusés se devaient de quitter la France. Cette stratégie est loin d’être inédite et tout laisse supposer qu’elle était initialement prévue. En effet 80% des régularisations ont été obtenues entre le 13 juin et le 24 juillet (ce quelle que soient les régions et la spécificité des dossiers), c’est-à-dire bien avant la date butoir du 13 août.

Mais si l’ombre d’un quota officieux assombrit un peu plus l’épisode estival de la circulaire, cela ne doit pas masquer un phénomène plus général. A savoir que le traitement arbitraire en matière d’immigration n’est ni nouveau ni limité à la question des élèves sans papiers. Il caractérise aussi la nouvelle réforme du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile (CESEDA), qui restreint encore plus radicalement le droit au séjour pour les familles, les conjoints, les enfants de toutes celles et ceux qui construisent leur vie en France. Plus que cela, cette politique inique de l’immigration prétend tout à la fois ignorer les origines économiques et sociales de ces mouvements de population et criminaliser ceux qui en sont les premières victimes. En ce sens, la mobilisation massive autour du Réseau Education Sans Frontières aura aussi permis de sensibiliser les citoyens aux contradictions d’un Etat qui aime à revendiquer auprès des médias son statut de « patrie des droits de l’homme » et de « terre d’accueil ».

Enfin, il faut souligner que cet ostracisme touche également les étrangers en situation régulière, insidieusement associés au terrorisme et à la délinquance. Cette politique porteuse de désespoir, de haine et de xénophobie pousse à un fichage généralisé. Dans ce contexte les services publics sont détournés et deviennent des appareils de contrôle généralisé : depuis 2002 avec les lois Perben qui ont institué l’arbitraire juridique jusqu’au projet de loi sur la délinquance (qui entend traquer et ficher la déviance dès la maternelle), en passant par les bases de données en milieu scolaire et social (qui transforment les enseignants et travailleurs sociaux en « taupes »), une même dynamique répressive ressort. Une dynamique dont l’expulsion des sans papiers fait partie intégrante puisqu’elle parachève le projet d’un grand repli sécuritaire.

SUD éducation appelle à la désobéissance civique contre la chasse aux immigrés et leurs enfants et revendique :

- Un moratoire contre toutes les expulsions

- L’abrogation de la loi réformant le CESEDA

- La régularisation de tous les Sans Papiers


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