PPRE : aide ou cautère ?

vendredi 6 octobre 2006

Annoncés par le Ministère comme LE remède à l’échec scolaire, les PPRE constituent en réalité une mesure bien dans l’air du temps libéral et autoritaire.

Certes, si l’on peut se féliciter que les difficultés des élèves soient prises en compte et qu’un dispositif d’aide leur soit proposé, on peut aussi s’interroger sur la réelle utilité pédagogique de ces « Parcours Personnalisés de Réussite Educative ».

Théoriquement, le PPRE concerne les élèves qui risquent de ne pas maîtriser les connaissances et les compétences indispensables à la fin d’un cycle. En 2006-2007, le dispositif concerne prioritairement les CP-CE1 et les 6ème. Il se généralisera en 2007-2008 au cycle des approfondissements du 1er degré et aux trois premières années du collège.

Malgré les bonnes résolutions affichées par la Ministère, le projet suscite des critiques et des inquiétudes.

Ainsi, comment mettre en place des PPRE, qui sont avant tout des parcours individualisés, sans personnel statutaire supplémentaire ? N’oublions pas que, dans notre académie, seuls 8 postes ont été créés dans le 1er degré et que dans le secondaire, des centaines de postes sont supprimés chaque année. Par ailleurs, la mise en place de ce dispositif se fait au détriment d’heures d’enseignement (par exemple, une demi-heure de français a été supprimée en 5ème).

D’autre part, l’idée de « contractualisation », impliquant la signature de l’élève et des parents, est éminemment critiquable puisqu’elle a tendance à rejeter la responsabilité de l’échec scolaire sur l’élève et sa famille et qu’elle risque de n’avoir aucun effet sur les enfants qui sont dans la plus grande souffrance sociale.

Tout à son obsession purement mécaniste des apprentissages, le Ministère semble par ailleurs oublier que bon nombre de difficultés nécessiteraient la création de postes de personnels qualifiés : orthophonistes, psychologues, instituteurs spécialisés rattachés dans les établissements scolaires afin que les équipes éducatives puissent résoudre les problèmes de leurs élèves à la source. Force est de constater que pas plus les enseignant-e-s que les Assistant-e-s Pédagogiques ou des Emplois Vie Scolaire - personnels précaires et sous payés - qui peuvent, (occasionnellement selon le B.O.), assurer les PPRE, n’ont les compétences pour remédier aux difficultés lourdes des élèves les plus en souffrance.

Ajoutons enfin que les PPRE dans le 1er Degré comme dans le Secondaire, risquent de tourner au bénévolat pur et simple : ainsi, aucune heure de concertation sur le temps de travail n’est prévue.

SUD éducation, qui revendique le même accès au savoir et à la culture pour tous les élèves,ne peut se satisfaire d’un saupoudrage vaguement pédagogique. Nous exigeons, au contraire, des moyens et du personnel qualifié et statutaire à la mesure des difficultés auxquelles se heurtent nos élèves. Nous rappelons aussi que la lutte contre l’échec scolaire ne peut se faire sans liberté pédagogique.


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