Cahier décharge des IUFM : une ordure de plus du gouvernement

vendredi 9 mars 2007

Dans la droite ligne de la « stratégie de Lisbonne » et du « processus de Bologne », le cahier des charges
des IUFM, offert par de Robien comme cadeau de Noël, vient ajouter une pierre à l’édifice qu’est la « Société
Anonyme de l’Education Nationale ». Ce dernier ne fait pas qu’infantiliser un peu plus les stagiaires et néotitulaires, il fait des concours un objectif à avoir en ligne de mire dès la première année de fac et qu’on ne pourra désormais atteindre qu’avec de plus en plus de bagages. Il faudra en effet avoir obligatoirement fait un stage d’observation pendant la licence pour pouvoir passer le concours. Ce qui n’était que facultatif devient une
conditions sine qua non pour pouvoir accéder au saint Graal que sont les concours d’enseignement. De plus, non
content de libéraliser de plus en plus le service public d’éducation en l’offrant aux entreprises, il obligera désormais les étudiants à avoir fait un stage en entreprise d’au moins trois semaines pour pouvoir être titularisés suite au concours. Ceci bien entendu afin de permettre à ces futurs enseignants de mieux connaître le milieu socio
économique, pour pouvoir mieux orienter les élèves. C’est entériné définitivement la disparition des COP. Il est en
outre conseillé aux étudiants d’avoir des compétences connexes : en langues, surtout pour les futurs professeurs des écoles avec la disparition programmée des intervenants en langues ; en informatique, puisque le C2i niveau 1
(Certificat informatique et internet) sera intégré à la licence et obligatoire pour passer le concours ; et bien sûr dans les matières ouvrant sur les mentions complémentaires de certains concours. On en est plus à la bivalence mais bien à la polyvalence requise par l’Etat. Pour couronner le tout, les étudiants qui se destinent à l’enseignement de disciplines technologiques ou professionnelles doivent avoir une expérience de trois mois minimum en entreprise.On essaie de copie le système allemand où il faut décider de son orientation le plus tôt possible. Mais que les étudiants ne s’inquiètent pas ! Il pourront gagner des crédits ETCS (système européen d’unités d’enseignement capitalisables et transférables) grâce à la réussite au concours !

Ça c’est avant le concours. Une fois cette étape franchie victorieusement, le parcours du combattant... Les stagiaires devront bien entendu compléter leur formation en matière de pédagogie, de prise en charge du handicap, de connaissance de l’entreprise et de l’informatique puisque le niveau 2 du C2i est requis pour la titularisation. Ce dernier entre d’ailleurs dans un nouveau processus encore plus infantilisant pour les enseignants : le dossier de compétences ! Il suivra l’enseignant durant son année de stage et ses deux premières années de titularisation. En
plus du C2i il intégrera également le compte rendu de stage émanant du tuteur. Ce dossier fera l’objet d’une évaluation par le jury qui préside l’examen de qualification professionnelle. Cette dernière trouvaille de de Robien,
pour donner de plus en plus de devoirs (et de moins en moins de droits) aux enseignants, prend place en fin d’année de stage. Mais qu’on ne croît surtout pas que le long chemin de croix des apprentis profs se termine par une réussite face à ce jury. Loin s’en faut, ils doivent en effet pendant les deux premières années de leur titularisation suivre des stages de formation : quatre semaines (soit cinquante heures) la première année et deux semaines la deuxième. Ces stages permettront aux nouveaux enseignants de mieux connaître le système éducatif français et européen et de mieux appréhender la prise en charge du handicap. Adieu donc les auxiliaires de vie scolaire. Mais qu’on ne s’inquiète pas, dans sa grande bienveillance le législateur a précisé que ces stages seraient faits sur le temps de service ! Néanmoins l’infantilisation toujours croissante ne s’arrête pas là : il ne faut pas laisser ces pauvres brebis seules face aux loups que sont les élèves. Pendant leur première année de titularisation, elles bénéficieront donc de l’accompagnement pédagogique d’un professeur référent désigné par les instances rectorales !

Venant parachever l’intégration des IUFM aux universités, le cahier des charges des IUFM démolit un peu plus la formation des enseignants et prévoit tout pour la future privatisation du service public d’éducation.


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