edito : C’est arrivé demain

vendredi 9 mars 2007

Rentrée 2020. Pierre, professeur de mathématiques fait sa rentrée dans son nouveau collège lillois, dont il constate le degré de délabrement en franchissant le portail de surveillance électronique d’entrée. C’est le douzième établissement qu’il découvre, cela fait 16 ans qu’il enseigne dans le Nord et le Pas-de-Calais. Pierre n’est pas TZR, il subit simplement, comme nombre de ses collègues, une énième mesure de carte scolaire. Et en fait de découvrir son nouveau collège, il découvre ce jour-là l’un de ses nouveaux établissements, car il effectuera des compléments de service à Saint-Omer et à Béthune. Dans l’un il enseignera la physique, dans l’autre les mathématiques (sa matière) plus 3h de module « Ecole et entreprise » qui
remplace désormais les cours d’ECJS en lycée, jugés trop archaïques depuis déjà plusieurs années.

Il regarde la liste de ses classes : entre 38 et 42 élèves pour chacune,sans dédoublement... Seuls les établissements du privé sous contrat peuvent encore assurer des classes moins chargées. D’ailleurs, ils ne cessent d’enregistrer de nouvelles inscriptions alors que des dizaines d’établissements ont fermé dans le public depuis 2010.

Pierre pense qu’il va devoir changer de voiture, avec les kilomètres à effectuer, mais il est déjà très endetté, son salaire stagne depuis 10 ans, malgré les bons rapports d’inspection reçus. Il a trouvé, dans son casier, une publicité pour une société européenne de e-learning (télé-enseignement) qui recrute pour les télé-cours du soir, il est contre ce principe, mais...

Enfin, Pierre est originaire de la région Rhône-Alpes mais il sait qu’il ne pourra obtenir sa mutation puisque les mouvements sont bloqués et se font au compte-gouttes depuis que les gouvernements successifs ont décidé de remplacer un départ à la retraite sur trois et de multiplier les postes à profil...

Fiction sordide ? Non, anticipation ! Car avec la publication au JO de la modification du décret de 50 (bivalence, extension des zones d’exercice de nos fonctions, suppression des heures de première chaire dans le secondaire et EPEP dans le primaire) et les centaines de postes supprimées dans l’académie et ailleurs, voilà ce qui nous attend ! Augmentation du temps de travail sans
compensation salariale, mépris des travailleurs de l’éducation : c’est normal, « l’amour est précaire, la vie est précaire, alors pourquoi le travail ne le serait-il
pas ? » comme l’affirmait Laurence Parisot, patronne des patrons du MEDEF, il y a peu. Les conditions de travail dans l’éducation, effectivement, se précarisent pour tous, y compris pour les titulaires.

Nous savons que la seule solution est une mobilisation digne de ce nom, après il sera trop tard pour tous, personnels de l’éducation, élèves, parents... La grève nationale du 20 mars ne doit être qu’un temps fort dans un
processus local mais général de mobilisation. Chacun de nous a un rôle à jouer, mais nous savons que seuls les blocages et la grève sont vraiment efficaces.

Alors intensifions dès la rentrée nos efforts et profitons du manège médiatique qui entoure les élections pour faire entendre nos voix. Ouvrons-la !


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