Et vogue le mammouth

dimanche 3 juin 2007

Depuis trop longtemps déjà, le service public d’éducation fait l’objet d’attaques en règle de la part des différents gouvernements. Ces attaques, qui s’inscrivent dans une stratégie globale de démantèlement du service public et du droit du travail, ont trouvé un serviteur particulièrement efficace en la personne de notre dernier ministre, Monsieur De Robien. Aussi n’est-il pas inutile, en cette fin d’année scolaire, de rappeler l’ampleur des dommages, afin d’inviter chacun-e à lire dans ce qui est déjà survenu un indice de ce qui risque d’advenir. Voici donc le glorieux bilan de l’année 2006/2007, bilan qui peut se lire sur trois niveaux :

Au niveau des conditions de travail :

L’année 2006/2007 s’est en premier lieu déroulée sous le signe d’une dégradation du service des enseignant-e-s titulaires : dans le second degré, le décret De Robien sur les obligations de service développe et institutionnalise la flexibilité du travail (augmentation du temps et de la charge de travail des enseignant-e-s, affectation possible sur 3 établissements, bivalence imposée). Rappelons d’ailleurs que les TZR ont déjà expérimenté ces mesures cette année et en seront les premières victimes l’an prochain.

Cette dégradation est renforcée par une suppression massive de postes (700 pour le second degré dans la seule académie de Lille). Le premier degré n’est pas en reste, puisque seuls 500 postes sont prévus au niveau national (et seulement 2 dans notre académie...) pour plus de 24 000 élèves en plus et, de nouvelles disciplines sont continuellement ajoutées (langue vivante, sécurité routière, TICE, etc.).

Enfin, il n’est pas inutile de souligner que cette dégradation des conditions de travail des titulaires s’accompagne inévitablement d’une précarisation encore plus poussée des déjà-précaires, qui se voient soumis-es à une flexibilité toujours plus grande en raison de leurs statuts : enseignant-es contractuel-les et vacataires, assistants d’Education, Emploi Vie Scolaire, Contrat Avenir, Contrat d’Aide à l’Emploi, MAGE et divers CDI, etc., autant de statuts sans avenir, mal rémunérés, dont les missions restent floues et sont le plus souvent laissées à l’arbitraire des supérieurs hiérarchiques.

Au niveau de la mise au pas des personnels

L’année 2006/2007 aura aussi été l’occasion d’aller encore un peu plus loin dans la mise sous contrôle des personnels. Premièrement avec la caporalisation du premier degré ; à travers la mise en place des Etablissements Publics d’Enseignement Primaire d’une part, c’est-à-dire le regroupement d’Ecoles avec un-e directeur/rice au statut proche des chefs d’établissements, la gestion de l’EPEP par un Conseil d’administration où les collectivités territoriales seront majoritaires. Avec la mise au pas pédagogique d’autre part, c’est-à-dire l’imposition d’une pédagogie unilatérale concernant l’apprentissage de la lecture, de la grammaire et du calcul. Deuxièmement, et dans le second degré, avec l’officialisation du Conseil pédagogique (dont les membres sont désignés par le chef d’établissement) qui institue un contrôle pédagogique sur les collègues.

Au niveau du contrôle social

Last but not least, l’année 2006/2007 a été l’occasion d’accentuer et de systématiser la répression. D’une part, à l’encontre des syndicats, avec les mutations et les suspensions d’office de collègues qui refusent d’accepter des décisions hiérarchiques injustes et arbitraires (exemples de R. Veuillet, E. Redon, la directrice de l’école Rampal à Paris...). D’autre part, à l’encontre des élèves (avec la mise en place de la note de vie scolaire et la multiplication des caméras dans certains établissements). Enfin, à l’encontre de toutes les catégories porteuses de revendications légitimes, depuis les élèves sans-papiers (soumis-e-s à des rafles pernicieuses) jusqu’aux membres du Réseau Education Sans Frontières qui les soutiennent (arrêté-e-s pour leur seule action de solidarité), en passant par les lycéen-ne-s et étudiant-e-s anti-Fillon et anti-CPE (victimes d’arrestations multiples puis de condamnations extrêmement lourdes).

Un bilan éloquent donc... Mais ne nous y trompons pas, ce n’est qu’un maigre échantillon de ce qui nous attend. Et surtout ne nous voilons pas la face : devant la caution avouée des politiques et devant la force des réglementations européennes (qui prévoit depuis les Accords Généraux sur le Commerce et le Service de 1995 et depuis la mise en place du processus de Bologne la subordination de l’Education Nationale aux lois du marché), seule la résistance collective permettra d’éviter à l’Education Nationale française le destin connu par les systèmes scolaires publics des Etats-Unis et de l’Angleterre (systèmes dont la résistance des personnels, occultée par les médias, fut pourtant bien réelle).

Aussi, répétons-le, enseignant-e-s de toutes les régions, dans l’odyssée néolibérale, Ulysse c’est vous !

Face à ces attaques, Sud-éducation 59/62 réclame :

- Une véritable réduction du temps de travail pour toutes et tous (en incluant dans les services un temps de concertation pédagogique)

- La titularisation sans conditions de concours ou de nationalité de tous les personnels précaires

- Le maintien et la création de tous les postes nécessaires à un véritable service public d’éducation


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