Sarkoz attack

vendredi 31 août 2007

Le gouvernement ou plutôt Nicolas Sarkozy n’a guère chômé durant les vacances. Nombre de réformes ou projets de réformes sont venus mettre à mal le service public d’éducation, entre autres, ainsi que les droits des salariés.

Réforme des universités

Avec ce projet, les universités deviennent des unités entrepreneuriales et managériales. Quatre points principaux sont fortement contestés par SUD éducation. Primo, ce projet restreint la taille du conseil d’administration en renforçant les pouvoirs du président devenu véritable chef d’entreprise. Les « personnalités extérieures » et en particulier celle « du monde économique et des entreprises » font leur entrée dans ce CA. Leur vision à court terme, leurs objectifs de rentabilité sont profondément antagonistes avec les missions de l’université.Pour SUD, la place des personnels, et surtout celle des IATOSS, ainsi que la place des étudiant-e-s doit être renforcée afin de favoriser un fonctionnement démocratique. Secundo, la recherche devrait être véritablement indépendante alors que le projet prévoit des chercheurs soumis aux diktats du président, d’une agence de moyens elle-même soumise à une agence d’évaluation. Tertio, l’enseignement universitaire doit permettre à chacun‑e d’accéder à une formation de qualité et émancipatrice. L’université doit fournir des formations généralistes de qualité avec diplômes nationaux et non limités aux bassins d’emplois locaux comme le prévoit cette loi. Cette mesure ne peut qu’engendrer des inégalités entre universités notamment au niveau des frais d’inscription mais surtout une mise en concurrence des établissements, néfaste à la qualité du service public universitaire. Quarto, l’université doit bénéficier de moyens en personnels statutaires bien plus importants et les précaires dont les universités sont les plus gros employeurs dans l’éducation nationale doivent être titularisés. Contrairement à la promesse de Sarkozy, aucune création de postes n’accompagne la réforme des universités.

Suppressions de postes

L’année scolaire dernière se finit avec la certitude de milliers de suppressions de postes dans le secondaire. Dans la cacophonie gouvernementale, les chiffres allèrent jusque 17 000. Finalement, le chiffre est tombé : 11 200. La saignée est importante ! Certes, le premier degré voit la création de 700 postes mais 640 postes de PE2 disparaissent, alors où est le gain ? La scolarisation des 2 ans va encore en pâtir, l’enseignement spécialisé également, les effectifs des classes vont encore augmenter. Dans le second degré, c’est 9 800 emplois supprimés au titre de la baisse démographique, de la transformation de postes en heures supplémentaires, de la suppression de postes de profs inutiles... Nous en connaissons les conséquences : effectifs surchargés, disparition de certaines options, dégradation des conditions de travail de tous les collègues et en particulier des TZR... À cela s’ajoutent 1 000 suppressions de postes de personnels administratifs.

Service minimum

Une des grandes affaires de cet été a été le service minimum adopté pour les transports. Et tiens, pourquoi pas l’étendre à l’Education Nationale ? L’idée a vite ressurgi dans l’esprit du Premier Ministre. Face au tollé, Darcos, notre ministre, a déclaré que ce n’était pas pour tout de suite mais qu’il faudrait y réfléchir à moyen terme. Doit-on rappeler que le moyen terme d’un ministre correspond à du très court terme dans la carrière d’un enseignant ? Darcos affirme le 23 août dernier dans les colonnes d’un journal people : « ne pas avoir d’état d’âme. Le gouvernement souhaite qu’en cas de grève une continuité du service public soit assurée pour accueillir les élèves, notamment en primaire. Donc on en reparlera ». Pudiquement il appelle cela « alarme sociale ». En ligne de mire, le premier degré. Faut-il rappeler à Darcos que ce ne sont pas les jours de grève qui font le plus d’absences dans l’éducation Nationale mais les maladies en grande partie dues aux conditions de travail exécrables résultant d’une politique libérale qui détruit le service public d’éducation ?

Nationalisation, autorité

Evidemment, ce n’est pas tout : dans cet entretien, Darcos souhaite rationaliser les diplômes. Il remet en cause certaines options et le bac ES qui pour lui ne sert qu’à remplir des amphis d’universités sans véritables débouchés professionnels. Il avait déjà émis cette idée lors d’un entretien en juillet : il trouvait anormal qu’un enseignant de langues anciennes ne fasse cours que devant quelques élèves et proposait de regrouper ces élèves dans un seul et même établissement afin que le prof soit réellement utile devant 30 ou 40 élèves. Darcos a aussi des idées sur l’autorité : « Un professeur doit être respecté comme un officier de police ou un magistrat. Que les élèves soient mis en rang deux par deux ou se lèvent à l’arrivée de leur professeur, c’est indispensable ».

Pour finir, cette citation : « Il y a eu des ministres notaires, d’autres émeutiers. Moi je souhaite être un ministre vraiment réformateur, peut-être même révolutionnaire ». Révolutionnaire, le mot est lancé, voila que le ministre nous montre la voie pour mieux lutter contre la politique de son président. Face à toutes ces attaques, allons-nous rester sans bouger ? Il est nécessaire que dès la rentrée, tous les collègues se mobilisent pour faire front.


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