Université publique en péril : les propositions de Sud éducation

mardi 11 septembre 2007

La loi d’autonomie dite « relative aux libertés des universités » votée à la sauvette le 10 août dernier a comme objectif clair la casse du service public d’enseignement. Les universités sont transformées en unités autonomes à gestion managériale, en lien étroit avec les industries locales et soumises au diktat du MEDEF. Sud éducation s’y est opposée dans les campus, en travaillant intersyndicalement pour construire un mouvement de résistance et continuer à porter les revendications des personnels et des étudiants.

Pour un fonctionnement réellement démocratique de l’Université

Il faut que les choix scientifiques et pédagogiques soient élaborés, par les personnels et étudiants concernés au sein des UFR ; puis par les élus aux trois conseils d’Université (Conseil scientifique, Conseil de la vie étudiante, Conseil d’administration), de manière à ce que des débats contradictoires puissent y avoir lieu.

Les choix scientifiques et pédagogiques ne doivent pas être confisqués par un Conseil d’administration qui demeure réduit malgré les simulacres de concession. Il reste fortement élargi à des personnalités extérieures. Le président, devenu chef d’entreprise aura toute latitude pour développer une « gouvernance » totalitaire de l’université.

Sud éducation conteste toujours le renforcement du poids des personnes extérieures, en particulier des représentants « du monde économique et des entreprises », dont les intérêts à court terme et les objectifs de rentabilité sont antagonistes avec les missions de l’université.

Quant aux étudiants, malgré les gesticulations de Sarkozy, leur représentation passe de trois... à trois à cinq. Pour les IATOSS, c’est de deux à... deux à trois. Belle avancée !
Pour une recherche réellement indépendante

L’article 57 de la loi de 1984 affirmait la « pleine indépendance et l’entière liberté d’expression » pour les enseignants-chercheurs en recherche comme en enseignement.

Les orientations de recherche d’un enseignant-chercheur ou d’un chercheur ne peuvent être imposées ni par le président d’une Université, ni par une agence de moyens, dont les projets et programmes sont prédéterminés, ni par une agence d’évaluation, ni par les comités des organismes de recherche existants comme la loi l’impose désormais. Bien au contraire, les organismes de recherche (universités, grands organismes) doivent restés indépendants et diversifiés.

Les universités, parents pauvres de la recherche, doivent être dotées de moyens publics considérablement plus élevés que ceux qu’elles reçoivent actuellement.

La loi “d’autonomie” accorde des moyens nouveaux aux universités qui s’engageront dans les cinq années, moyens conditionnés par leur “efficacité” et les résultats de leurs étudiants, ce qui augmentera les inégalités entre elles.

Une formation de qualité et émancipatrice pour touTEs

Sud éducation réaffirme son exigence d’une formation généraliste ou spécialisée de qualité, dispensée par des enseignants-chercheurs recrutés par leurs seuls pairs.

Il faut au contraire, des formations généralistes de qualité avec des diplômes nationaux et non limitées aux besoins des bassins d’emplois locaux. A titre d’exemple, l’université de Poitiers a inscrit dans son projet quadriennal 2008-2011 la sensibilisation “des étudiants, des diplômés et des personnels à l’esprit d’entreprendre” et l’organisation de “formations dans le domaine de l’entreprenariat”.

Sud éducation continue d’exiger l’annulation de la mission d’insertion professionnelle prévue dans la loi. En revanche, nous souhaitons voir rappeler la mission de recherche pour la construction de connaissances sur le long terme.

L’Université doit être ouverte à touTes, avec une possibilité réelle de formation quel que soit l’âge et la situation des étudiant-e-s. Ainsi les chômeurs doivent pouvoir se former à l’université sans perdre leurs droits au chômage.

L’autonomie octroyée aux universités entraînera de fait des augmentations variées des frais d’inscription. Ceux-ci doivent être fixés annuellement par arrêté par le ministère de l’Enseignement Supérieur et un texte de loi doit préciser cette garantie.

La sélection en master initialement prévue a été supprimée... poudre aux yeux puisque l’étudiant doit maintenant se soumettre à un dispositif d’orientation préalable. Nous demandons l’annulation de cette modification.

Pour lutter contre la précarité, des créations de postes !

Les universités sont actuellement les plus gros employeurs de personnels précaires. Sud éducation demande la création de postes de fonctionnaires pour résorber définitivement la précarité, et la titularisation des salariés CDD actuels à l’université.

Sud éducation s’oppose aussi au recrutement direct de personnels quels qu’ils soient par les établissements, même sur contrat à durée indéterminée, car il remet en cause le recrutement sur concours, favorise le clientélisme, entraîne des inégalités de traitement et par suite la casse du statut de fonctionnaire d’état.

Même chose pour le recrutement de chercheurs (« agents contractuels sur des emplois scientifiques ») par l’université car cela se sera forcément sur contrat.

Pour garantir l’indépendance des enseignants-chercheurs et pour éviter tout arbitraire ou clientélisme (voir les primes au mérite), l’intégralité de leurs missions et la “répartition de leurs obligations de service”, doivent être fixées dans leur statut par une loi et non modulées par le Conseil d’administration ou le président de l’université.

Pour les mêmes raisons, les universités ne doivent pas fixer des obligations de service d’enseignement aux chercheurs.

Enfin, pour dynamiser la recherche à l’université, Sud éducation revendique une réduction drastique des activités d’enseignements et d’administration pour les enseignants-chercheurs avec un service d’enseignement de 120h équivalents TD/an pour tous. Cela passe par la création d’emplois d’enseignants-chercheurs (EC) et de personnels administratifs et techniques.

Le recrutement des enseignants-chercheurs doit se faire sur des bases objectives de qualité de recherche et de pédagogie. Actuellement, en violation avec l’article 57 de la loi de 1984 sur l’indépendance de recherche dont jouissent les EC, les considérations d’appartenance à une composante (laboratoire...) sont presque systématiquement exposées sur les fiches de postes. De telles pratiques s’opposent à l’objectivité et à la qualité du recrutement. Elles favorisent un clientélisme mandarinal qui tend à écraser à l’entrée l’originalité et l’auto-nomie pourtant nécessaires à la recherche et à l’enseignement.

Les commissions de spécialistes doivent être maintenues mais être ré-élargies de 20 à 40 membres, avec une proportion importante d’universitaires extérieurs à l’université où le poste est ouvert. Une commission de spécialistes doit pouvoir être réunie de manière extraordinaire pour le remplacement en urgence des postes vacants. Il faut donc annuler l’article L952-6-1 du projet de loi sur les comités de sélection.

Sud éducation appelle les personnels et les étudiants à se mobiliser dès la rentrée universitaire par tous les moyens (grèves, débrayages, pétition).

Commission exécutive fédérale - septembre 2007


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Déclaration au CSE

vendredi 18 septembre 2015


→ Lisez la déclaration au CSE
(Conseil supérieur de l’éducation)
de la fédération SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires.

Le panneau syndical

lundi 23 mars 2015
Le panneau de la fédération
de mi-février 2015.

9 avril, une grève interprofessionnelle, enfin ! - Austérité, l’éducation n’y coupe pas

Le panneau syndical

mercredi 11 février 2015
Le panneau de la fédération
de début février 2015.

Après les attentats, l’école mise au pas - Pour la réintégration de F. Chazerans (pétition) - Luttes : prioritaire, dotations, moyens...

ÉLECTIONS PRO 2014 - APPEL À TÉMOIGNAGES

lundi 9 février 2015

Les élections professionnelles 2014 ont été le théâtre d’un très grand nombre d’irrégularités. Opposée au vote électronique en raison notamment de l’absence de garanties et de contrôle, la fédération SUD éducation a produit des recours.

Si vous avez eu des difficultés pour voter, ou si vous connaissez des personnes qui en ont eu, contactez-nous au plus vite : sudeduc5962@wanadoo.fr / 03 20 55 99 29.

Appel à témoignages : lire notre article, ou l’appel fédéral.

Tous les résultats sont ici.

Personnels sociaux : un an sans aucune avancée !

jeudi 5 février 2015

Le 3 février 2014 débutait le groupe de travail Métiers n°12 du ministère de l’éducation nationale et de la recherche consacré aux personnels sociaux.

Un an après, on ne peut que constater l’absence totale d’avancées concrètes. Les circulaires du ministère n’améliorent en rien les conditions de travail des personnels ou la prise en charge des élèves.

L’intersyndicale dénonce unanimement l’inconséquence du ministère sur les questions sociales et de santé : la déclaration intersyndicale du 27 janvier 2015.

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samedi 20 décembre 2014

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Communiqué de la Fédération des syndicats SUD éducation

vendredi 17 mars 2006

St Denis, le 17 mars 2006

Communiqué

La fédération des syndicats SUD éducation tient à saluer le courage des lycéens, des étudiants et de toute la jeunesse mobilisée contre le CPE. Il faut effectivement du courage pour lutter face à un président et face à un gouvernement qui, depuis des mois, ne veulent rien entendre.

Des mobilisations contre la réforme des retraites à celles contre la loi Fillon pour l’école en passant par le non au traité libéral européen, à la lutte contre la privatisation d’EDF et plus largement de l’ensemble des services publics, les réponses de Chirac, Raffarin puis Villepin sont toujours les mêmes : ils gardent le cap de la régression sociale.

Face à la jeunesse de ce pays, ce gouvernement aura organisé la répression contre les lycéens, engagés contre la loi Fillon dans une lutte qui aurait mérité davantage de soutien syndical, au printemps 2005. Ensuite en novembre 2005 il aura organisé la violence policière quotidienne contre l’exaspération de la partie de la jeunesse la plus précarisée. Il se sert ensuite de cette crise des banlieues dont il est largement responsable pour décréter l’état d’urgence, la criminalisation de la jeunesse française et immigrée des quartiers populaires, et réduire à 14 ans l’âge réel de la scolarité obligatoire. En moins d’un an, ce gouvernement a décidé que la jeunesse dans toutes ses composantes était sa cible principale. En moins d’un an il aura réprimé à tout va sans jamais apporter une réponse face au chômage et aux interrogations du lendemain dans un pays où le chômage des jeunes ne cesse de croître et où l’emploi précaire est déjà la seule porte d’entrée dans le monde du travail pour des milliers de jeunes

Aujourd’hui les étudiants se mobilisent. Nombre d’entre eux étaient lycéens l’an dernier et manifestaient déjà contre les projets rétrogrades de Fillon.

Oui, il en faut du courage pour continuer, malgré la défaite face à Fillon, à se mobiliser contre ce qu’il faut bien appeler : « la précarisation de nos vies ».

La fédération des syndicats SUD éducation s’associe à la lutte des étudiants et soutient pleinement l’organisation de la lutte des étudiants par les étudiants eux-mêmes. Par cette auto-organisation, lycéens et étudiants montrent un souci aigu des pratiques démocratiques dans leur lutte. C’est donc à la fois la détermination et la manière de faire des jeunes qui doit montrer la voie à tous les salariés (privé et public réuni) et à leurs organisations syndicales.

Le combat contre le CPE n’est pas seulement le combat de la jeunesse, il est le combat de toutes et tous. Le CPE, après le CNE, avant le contrat senior ou le contrat de « l’immigré jetable et précaire à vie » prévu par Sarkozy, s’inscrit dans la casse programmé de l’ensemble de droits du travail et des salariés acquis par les luttes de nos parents, grands et arrières grands parents.

Le Conseil fédéral des syndicats SUD éducation,

réuni à Paris le 9 et 10 mars 2006