Lycées publics de l’académie : suppressions de postes et restrictions budgétaires se paient cash

vendredi 28 septembre 2007

Des élèves sortant de 3ème sur la touche

Il n’y a pas de place pour tout le monde dans les lycées publics du Nord/Pas-de-Calais. Après la procédure PAM (programmation académique informatisée pour l’affectation des élèves de 3ème en lycée) de fin juin, un nombre significatif d’élèves de 3ème ne sont pas affectés. Il faudrait aussi ajouter les familles qui ont anticipé ces difficultés en choisissant, par défaut, l’enseignement privé. Une deuxième phase a lieu début juillet : chaque collège est chargé de reprendre contact avec ses élèves “ non-affectés ” pour les inciter à reformuler des voeux sur des places restées vacantes et qui, souvent, n’ont rien à voir avec leurs souhaits initiaux. Le seul souci est alors de réussir à les “ caser ” mais beaucoup d’élèves partent en vacances sans solution pour leur rentrée ! Dernière chance : la commission de « recasement » de septembre, mais il n’y a pas suffisamment de places disponibles pour tout le monde. Pour les dernier-e-s recalé-e-s, ce sera le doublement de la 3ème, le privé ou, dans quelques cas, l’apprentissage. Les difficultés d’affectation concernent essentiellement l’enseignement professionnel, néanmoins des élèves demandant à entrer en seconde générale et technologique n’ont pas obtenu satisfaction sur les enseignements de détermination (options) souhaités.

L’enseignement général et technologique explose

A la rentrée, force est de constater que de nombreuses classes de seconde générale et technologique sont surchargées. On trouve des situations paradoxales : dans certains lycées, on a supprimé une classe de seconde alors qu’on attendait plus d’élèves que l’an dernier. A cela s’ajoute le problème des récalés au bac. Pour ces derniers, le doublement de la terminale ne va toujours pas de soi.

Enseignement professionnel : une sélection terrible

Les taux de pression d’accès à certaines formations professionnelles de l’enseignement secondaire sont dignes de l’enseignement supérieur le plus prestigieux (plus de 300 demandes pour 15 places en CAP coiffure à Arras, 3 fois plus de demandes que de places en BEP carrières sanitaires et sociales, 2 fois plus en BEP vente). Certaines sections refusent des élèves dans des secteurs d’activité en manque de personnel qualifié (maçonnerie...). Au final, de nombreux élèves n’accèdent qu’à leur deuxième ou troisième choix, voire à des spécialités qu’ils n’avaient pas envisagées. Un deuxième niveau de sélection est nécessaire pour l’accès en 1ère technologique ou en 1ère bac pro car, là aussi, il y a plus de demandes que de places.

Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que le premier motif des saisines du médiateur du ministère de l’Éducation Nationale concerne des problèmes d’affectations. Surtout, il devient scandaleux que le service public d’éducation ne soit plus en mesure d’accueillir tous les élèves et que le privé devienne la solution de recours pour permettre à bon nombre de jeunes de mener à bien leur projet. La logique comptable prime sur l’intérêt des élèves. Ainsi, les restrictions budgétaires dégradent toujours plus les conditions de scolarisation des élèves et les conditions de travail des personnels dans l’enseignement public secondaire de notre académie. Avec l’annonce des suppressions de postes pour la rentrée prochaine qui ne peuvent qu’amplifier cette situation, il y a vraiment de quoi s’inquiéter !


1/ Chiffres demandés au rectorat de Lille qui ne nous ont pas encore été communiqués


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