edito : Le Grand Bond En Arrière

vendredi 28 septembre 2007

“Le monde a besoin d’une nouvelle Renaissance, qui n’adviendra que grâce à l’éducation”. La conclusion de la “ lettre ” aux éducateurs est solennelle et le budget (500 000 euros) attribué à ce nouveau coup médiatique de notre “ omniprésident ” plus que conséquent. Son ambition est bien sûr de “ caresser dans le sens du poil ” l’opinion publique et les personnels. Mais derrière les beaux discours, la réalité des décisions politiques montre que le projet néolibéral de désengagement de l’État et de démantèlement des services publics reste plus que jamais d’actualité dans l’Éducation.

Depuis des années, l’École (du primaire à l’université) doit endosser tous les maux d’une société de plus en plus inégalitaire, où la concurrence est érigée en principe et qui est incapable d’offrir des perspectives d’avenir dignes à sa jeunesse. Les ambitions d’égalité ont disparu au profit de la culpabilisation des élèves, de leur famille et des personnels. Le “ mérite ” et “ l’égalité des chances ” ont remplacé la justice et l’égalité des droits. Xavier Darcos poursuit dans cette voie. La suppression de la carte scolaire ne va pas permettre le libre choix des familles mais accélérer le tri des élèves par les établissements et créer une éducation à deux vitesses. Darcos avoue également “ avoir reçu pour mission de rompre avec le collège unique ”. Les budgets attribués à ce projet n’ont certes jamais été à la hauteur de son ambition de démocratisation, mais présenter sa suppression comme un progrès relève du cynisme. Là encore, l’intention du ministre n’est pas d’offrir plus à ceux qui ont moins, mais de mettre fin à la mixité sociale et de consolider l’émergence d’un système éducatif inégalitaire et élitiste.

Les parents, les élèves et les personnels ont montré à plusieurs reprises ces dernières années qu’ils refusaient l’idéologie du “ moins d’État, plus de marché ”, synonyme de destruction des solidarités collectives et des droits sociaux. Le volontarisme gesticulateur du gouvernement se traduit en outre par une stratégie de provocations systématiques. Feignant d’ignorer que la priorité des usagers est de pouvoir profiter de services publics qui répondent à leurs besoins, le gouvernement rêve d’instaurer dans l’éducation, comme dans les transports, un “ service minimum ” qui n’est autre qu’une remise en cause du droit de grève inscrit dans la Constitution. Ces attaques contre des droits sociaux fondamentaux illustrent son intention d’affaiblir toute protestation avant d’imposer des réformes dont tou-te-s les citoyen-ne-s seront victimes : le contrat unique et la réforme des retraites sont à l’ordre du jour, et d’autres mesures de “ rigueur ” s’annoncent déjà.

La riposte doit être à la hauteur des attaques et donc unitaire et interprofessionnelle. Ouvertement méprisés depuis des années, les personnels de l’Éducation savent que les raisons d’agir ne manquent pas. Il faut construire dès aujourd’hui l’indispensable rapport de force qui permettra d’empêcher une régression sociale que l’on nous présente comme une “ rupture ” mais qui constitue de toute évidence un Grand Bond En Arrière ...

Pour défendre le service public et créer une véritable convergence des luttes, toutes et tous en grève avec les cheminots et les électriciens

le jeudi 18 octobre


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