Loi sur l’autonomie des universités : le pire est maintenant possible

lundi 1er octobre 2007

C’est maintenant possible avec la nouvelle loi !

Mr VIRADROITETOUTE, PDG de l’usine d’andouilles TOUTLANDOUILLE a donné quelques cours dans une valeur de management des entreprises à l’université. Dès lors, il est considéré comme appartenant aux « autres personnels assimilés aux enseignants-chercheurs, chercheurs, professeurs ou maîtres de conférences, associés ou invités ». Il peut donc se présenter à l’élection à la Présidence de l’université. Ayant le soutien des listes « non syndicales », il est élu par 8 voix contre 5. Puisque le Président est choisi hors du CA, le conseil est porté à 21 membres. Un siège est réservé à Philippe DURON, membre du Conseil Régional et l’autre à Brigitte LEBRETHON, maire de Caen. Peuvent alors rentrer dans le Conseil six personnalités extérieures. La liste suivante : M. MIAMUN, patron de l’usine d’andouillettes, M. MIAMDEUX, patron de l’usine de saucisses, M. MIAMTROIS, patron de l’usine de salamis, M. MIAMQUATRE, patron de l’usine de tartiflette, M. MIAMCINQ, patron de l’usine de lardons et M. MIAMTOUTE, président de la Chambre syndicale des producteurs d’andouilles (car c’est un « acteur du monde économique et social »), est approuvée par les membres élus du Conseil d’Administration par 8 voix contre 5.

C’est maintenant possible avec la nouvelle loi !

Un poste de professeur est vacant en sciences économiques. Monsieur CACQUARANTE, un « brillant » PDG, ami du Président, est recruté en CDI avec un salaire quatre fois supérieur à celui des professeurs actuellement en fonction car son recrutement « permettra d’augmenter l’attractivité de l’université ». Son recrutement est effectué par un « comité de sélectio n » dont « les membres sont proposés par le Président » et ne sont plus élus comme l’étaient avant les membres les commissions de spécialistes.

C’est maintenant possible avec la nouvelle loi !

L’actuelle Directrice des Ressources Humaines de l’université, jugée trop laxiste envers les personnels par le Président, ne peut être licenciée car elle a « malheureusement le statut Fonction Publique » (mot du Président). Elle va être mutée à la Cellule Archives. Le Président recrute alors par CDD de trois mois, avec un salaire « bien mérité » quatre fois supérieur à la DRH actuelle, M. DUBALAIS, actuellement DRH de la société SUPERCARCHERE, très recherché pour ses méthodes de management, et lui donne donc trois mois pour régler tous les problèmes de l’université et chasser « la glandouille ».

C’est maintenant possible avec la nouvelle loi !

Par décision du Conseil d’Administration, les primes des personnels de catégorie C et de catégorie B qui exercent dans des services dits « traditionnels » et « non-innovants » sont supprimées. En effet, maintenant l’université rémunère les personnels enseignants et BIATOS à partir d’une masse salariale fixée et puisque M. DUBALAI et M. CACQUARANTE coûtent cher en salaire, il faut bien trouver de l’argent quelque part.

C’est maintenant possible avec la nouvelle loi !

Mr TROUVETOUT, docteur en mathématique, est recruté pour un an en CDD sur un poste de maître de conférences pour résoudre dans l’année qui vient le problème suivant : « Comment remettre dans son boyau le contenu d’une andouille qui a été déchirée dans l’usine TOUTLANDOUILLE ? » et pour commercialiser sa découverte. Il est heureux car avec son travail précédent sur la conjecture de Poincaré - sujet théorique fort abstrait qui ne sert pas la compétitivité de l’économie - il aurait pu ne pas être recruté à cause d’un avis défavorable du Président.

C’est maintenant possible avec la nouvelle loi !

Par seule décision du Conseil d’Administration, la filière de littérature du 17ème siècle est supprimée, l’étude de « La Princesse de Clèves » n’étant pas nécessaire, d’après le Président Sarkozy, pour exercer la profession de guichetier. Elle est remplacée par la filière : « Paradis fiscaux : comment y investir ses profits », propre à rétablir la compétitivité de l’université de Caen dans le grand marché mondial de l’Education et à rehausser la place de celle-ci dans le classement de Shanghaï.

C’est maintenant possible avec la nouvelle loi !

L’université ayant établi un mécanisme d’intéressement des personnels aux résultats de l’entreprise qu’elle est devenue et les primes d’intéressement de Mrs DUBALAIS et CACQUARANTE étant trop élevées pour le budget, les bâtiments abritant l’UFR. de Psychologie sont vendus. Ils serviront à stocker les andouilles de l’entreprise TOUTLANDOUILLE.

C’est maintenant possible avec la nouvelle loi !


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Brèves

Déclaration au CSE

vendredi 18 septembre 2015


→ Lisez la déclaration au CSE
(Conseil supérieur de l’éducation)
de la fédération SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires.

Le panneau syndical

lundi 23 mars 2015
Le panneau de la fédération
de mi-février 2015.

9 avril, une grève interprofessionnelle, enfin ! - Austérité, l’éducation n’y coupe pas

Le panneau syndical

mercredi 11 février 2015
Le panneau de la fédération
de début février 2015.

Après les attentats, l’école mise au pas - Pour la réintégration de F. Chazerans (pétition) - Luttes : prioritaire, dotations, moyens...

ÉLECTIONS PRO 2014 - APPEL À TÉMOIGNAGES

lundi 9 février 2015

Les élections professionnelles 2014 ont été le théâtre d’un très grand nombre d’irrégularités. Opposée au vote électronique en raison notamment de l’absence de garanties et de contrôle, la fédération SUD éducation a produit des recours.

Si vous avez eu des difficultés pour voter, ou si vous connaissez des personnes qui en ont eu, contactez-nous au plus vite : sudeduc5962@wanadoo.fr / 03 20 55 99 29.

Appel à témoignages : lire notre article, ou l’appel fédéral.

Tous les résultats sont ici.

Personnels sociaux : un an sans aucune avancée !

jeudi 5 février 2015

Le 3 février 2014 débutait le groupe de travail Métiers n°12 du ministère de l’éducation nationale et de la recherche consacré aux personnels sociaux.

Un an après, on ne peut que constater l’absence totale d’avancées concrètes. Les circulaires du ministère n’améliorent en rien les conditions de travail des personnels ou la prise en charge des élèves.

L’intersyndicale dénonce unanimement l’inconséquence du ministère sur les questions sociales et de santé : la déclaration intersyndicale du 27 janvier 2015.

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samedi 20 décembre 2014

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Communiqué de la Fédération des syndicats SUD éducation

vendredi 17 mars 2006

St Denis, le 17 mars 2006

Communiqué

La fédération des syndicats SUD éducation tient à saluer le courage des lycéens, des étudiants et de toute la jeunesse mobilisée contre le CPE. Il faut effectivement du courage pour lutter face à un président et face à un gouvernement qui, depuis des mois, ne veulent rien entendre.

Des mobilisations contre la réforme des retraites à celles contre la loi Fillon pour l’école en passant par le non au traité libéral européen, à la lutte contre la privatisation d’EDF et plus largement de l’ensemble des services publics, les réponses de Chirac, Raffarin puis Villepin sont toujours les mêmes : ils gardent le cap de la régression sociale.

Face à la jeunesse de ce pays, ce gouvernement aura organisé la répression contre les lycéens, engagés contre la loi Fillon dans une lutte qui aurait mérité davantage de soutien syndical, au printemps 2005. Ensuite en novembre 2005 il aura organisé la violence policière quotidienne contre l’exaspération de la partie de la jeunesse la plus précarisée. Il se sert ensuite de cette crise des banlieues dont il est largement responsable pour décréter l’état d’urgence, la criminalisation de la jeunesse française et immigrée des quartiers populaires, et réduire à 14 ans l’âge réel de la scolarité obligatoire. En moins d’un an, ce gouvernement a décidé que la jeunesse dans toutes ses composantes était sa cible principale. En moins d’un an il aura réprimé à tout va sans jamais apporter une réponse face au chômage et aux interrogations du lendemain dans un pays où le chômage des jeunes ne cesse de croître et où l’emploi précaire est déjà la seule porte d’entrée dans le monde du travail pour des milliers de jeunes

Aujourd’hui les étudiants se mobilisent. Nombre d’entre eux étaient lycéens l’an dernier et manifestaient déjà contre les projets rétrogrades de Fillon.

Oui, il en faut du courage pour continuer, malgré la défaite face à Fillon, à se mobiliser contre ce qu’il faut bien appeler : « la précarisation de nos vies ».

La fédération des syndicats SUD éducation s’associe à la lutte des étudiants et soutient pleinement l’organisation de la lutte des étudiants par les étudiants eux-mêmes. Par cette auto-organisation, lycéens et étudiants montrent un souci aigu des pratiques démocratiques dans leur lutte. C’est donc à la fois la détermination et la manière de faire des jeunes qui doit montrer la voie à tous les salariés (privé et public réuni) et à leurs organisations syndicales.

Le combat contre le CPE n’est pas seulement le combat de la jeunesse, il est le combat de toutes et tous. Le CPE, après le CNE, avant le contrat senior ou le contrat de « l’immigré jetable et précaire à vie » prévu par Sarkozy, s’inscrit dans la casse programmé de l’ensemble de droits du travail et des salariés acquis par les luttes de nos parents, grands et arrières grands parents.

Le Conseil fédéral des syndicats SUD éducation,

réuni à Paris le 9 et 10 mars 2006