Bac pro : ne bradons pas la formation professionnelle

mardi 15 janvier 2008

C’est incidemment que l’on apprenait que le Ministre Darcos a décidé, sans la moindre concertation, de refondre entièrement les filières de l’enseignement professionnel. Aux deux années de BEP suivies des deux années de bac professionnel, il veut substituer un bac professionnel en trois ans. Cette énième réforme n’a aucune justification pédagogique, méprise l’intérêt des élèves.

Non à la réalisation d’économies sur les élèves et les familles les plus fragiles !

Les élèves entrant en première année de BEP sont le plus souvent des élèves en échec scolaire au collège, des élèves qui ne sont pas sûrs de leur orientation, qui ont besoin de retrouver une confiance en eux et d’être valorisés par le système scolaire. C’est sur leur dos que le Ministère entend réaliser un maximum des suppressions de postes annoncées dans l’Éducation Nationale ainsi qu’une grosse économie budgétaire par la suppression d’un diplôme.

Non à la réduction du temps de formation !

L’insertion professionnelle de ces jeunes dépend, entre autres, de la qualité de la formation générale et professionnelle qui leur est donnée. Comment la maintenir en diminuant le parcours scolaire d’un an ? Et si elle est maintenue malgré tout, que vont devenir les élèves qui parviennent tout juste aujourd’hui à obtenir leur BEP ? Combien d’élèves sortiront sans qualification du système scolaire à la suite de cette contre-réforme ?

Non au remplacement du BEP par une « certification fantôme » !

Le Ministère prévoit de créer une sorte de « BEP fantôme » sous la forme d’une certification reçue au bout de la seconde année de bac professionnel. Mais elle ne vaudra rien sur le marché du travail, et ne correspondra à aucun référentiel ayant pris en compte les besoins des jeunes pour leur insertion professionnelle. Au mieux elle ne peut servir qu’à se dédouaner à bon compte des élèves qui décrocheront avant d’obtenir le bac. En réalité, le CAP serait ravalé au seul recours avant une sortie sans qualification du système scolaire.

Non à la réforme de l’enseignement technologique !

La création d’un bac professionnel en trois ans viendrait concurrencer directement les baccalauréats technologiques (SMS, STI, STG). À la réforme de l’enseignement professionnel il faut ajouter celle du technologique qui se prépare et vise à le fondre pour partie dans le général et pour une autre dans le professionnel. Le remplacement des bac technologiques par des bac professionnels signifierait une réduction de la formation générale notamment (philo, seconde langue vivante...). En outre l’instauration du bac pro trois ans signifierait la disparition de la première d’adaptation permettant aux meilleur-e-s élèves du professionnel d’accéder à un bac technologique.

Non à l’instauration du lycée unique qui se profile !

Si la disparition du bac technologique est crainte à court terme, c’est la condamnation du lycée professionnel lui-même qui est à craindre. Sa condamnation et l’intégration de ses formations dans des lycées polyvalents labellisés « lycées des métiers » signifieraient la fin du corps des PLP (professeur-e-s de lycée professionnel) dans les disciplines générales notamment, ainsi que la disparition de la spécificité du métier d’enseignant-e en lycée professionnel avec un public spécifique. L’instauration du baccalauréat professionnel en 3 ans est en réalité une contre-réforme qui aurait pour effet de faire du second degré un système encore plus sélectif qu’il ne l’est actuellement : aux un-e-s les CAP d’insertion et les sections d’apprentissage strictement calibrées sur les besoins du patronat local, aux autres les sections professionnelles amputées d’un an. Mais la raison d’être de cette réforme est d’initier une restructuration d’ampleur de l’enseignement au collège et au lycée avec comme objectif final :
- moins de formation
- moins de choix d’orientation
- moins d’heures d’enseignement
- et donc moins d’enseignant-e-s et moins de fonctionnaires en général (moins 25% d’enseignant-e-s en LP prévu en 2009)
En attendant la mise en place d’un réel enseignement polyvalent, ensemble, refusons la mise à la marge des élèves en difficulté et leur orientation par défaut vers l’apprentissage, et défendons un enseignement professionnel de qualité permettant la réussite et l’épanouissement de tou-te-s les élèves :
- une vraie formation professionnalisante de niveau V de type BEP, comprenant une aide aux élèves en difficulté
- l’équilibre entre formation générale et formation professionnelle
- un véritable statut scolaire pour tou-te- s avec rémunération des stages en entreprise


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