NON à l’Europe forteresse

mardi 5 février 2008

Les dix derniers jours de l’année 2007 ont vu se développer des révoltes de détenu-e-s dans plusieurs Centres de Rétention Administrative (CRA). Les détenu- e-s protestent contre les conditions de leur détention, contre les humiliations quotidiennes et les actes racistes de leurs gardien-ne-s. Ils/elles protestent aussi et surtout contre le sort fait aux sans-papiers dans ce pays et contre la chasse à l’homme dont ils/elles sont l’objet. Face à ces cris des «  nouveaux damnés de la terre  », la répression n’a pas tardé. Les coups sont tombés. Les supposé-e-s meneurs/euses ont été déplacé-e-s puis rapidement expulsé-e-s.

Interpellé par le Réseau Education Sans Frontières sur ces conséquences de la «  course au chiffre  » en matière d’expulsion, le sinistre ministère de l’identité nationale et de l’immigration ne trouve rien d’autre à répondre que  : «  Il n’y a ni plus ni moins d’abus que les mois précédents, tous les étrangers en situation irrégulière ont vocation à retourner dans leur pays  ».

Le 19 janvier auront lieu dans plusieurs pays de l’Union européenne des manifestations de protestation contre l’emprisonnement dont sont victimes les sans papiers dans tous les pays européens et cela sans limite de durée pour certains d’entre eux. Ces Centres de Rétention Administrative sont de véritables prisons. La construction accélérée de nouveaux centres de rétention et l’externalisation à des pays comme le Maroc ou la Lybie (plus tard l’Ukraine…) de l’activité de tri des «  candidats  » à l’immigration vers l’Europe traduisent la mise en place d’une gestion industrielle des expulsions à l’échelle européenne. Là se met en place la politique «  d’immigration choisie  » voulue par Sarkozy comme doctrine officielle européenne. Là s’institue la privation de liberté comme modèle de gestion des personnes migrantes.

En France, ces centres ont vu passer près de 300 mineur- e- s - y compris des nouveaux nés - en 2007, année durant laquelle plus de 21 000 sans-papiers ont été expulsé-e-s vers des pays où pour nombre d’entre eux/elles leur vie même est en jeu. Toute l’année, les préfectures et les services de police ont eu recours à tous les moyens et tous les stratagèmes pour interpeller, placer en rétention et expulser à tout va. Rafles dans les transports et dans les rues, descente de police sur les lieux de travail, dans des magasins, dans les écoles, les collèges et les lycées. Convocations pièges, contrôles au faciès, interpellations à domicile, tout est bon pour faire du chiffre, même avec le risque de tuer. Et le gouvernement de prévoir 28 000 expulsions pour 2008.
Enfin, cerise empoisonnée sur un gâteau déjà indigeste, un projet de directive sur la rétention et l’expulsion des personnes étrangères doit être soumis prochainement au Parlement européen.

Ce projet de directive, s’il était adopté, constituerait une nouvelle régression. En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine  : la généralisation d’une politique d’enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes. En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquant-e-s à exclure.

Attaché à la liberté de circulation et d’installation, seule alternative aujourd’hui crédible face à la logique d’une Europe qui se renforce sans cesse comme forteresse xénophobe, Sud éducation 59/62 revendique la fermeture pure et simple de tous les Centres de Rétention Administrative et la liberté de circulation pour toutes et tous.


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