« Modernisation » du marché du travail : l’offensive anti-sociale en marche

mardi 5 février 2008

Vive la « modernisation » !

Heureusement que la Commission Attali est là pour nous éclairer et nous indiquer la marche à suivre pour relancer la croissance et se « moderniser » (et au diable toutes les préoccupations environnementales et le Grenelle de l’environnement !). Contre le « conservatisme social » et les « privilèges » (parlerait-on du train de vie et des amis de notre président ?), il faut « libérer l’initiative », « réformer », « innover »...Il en fallait de la réflexion et de l’audace pour en arriver à toutes ces propositions très novatrices, visant à « réduire le coût du travail », abaisser la fiscalisation des entreprises, favoriser le financement privé de la recherche et de l’éducation, baisser les dépenses publiques...tiens tiens, mais comme c’est curieux, on a comme une impression de déjà vu ! Ne serait-ce pas ce qu’on préconise en plus haut lieu, au niveau européen, par exemple à partir du sommet de Lisbonne ? Ne serait-ce pas ce qu’on met déjà en pratique depuis plusieurs années, et ce qui guide la politique de notre gouvernement ?

Ce qui nous attend (entre autres réjouissances) :

- Concernant la fin programmée des 35h et de la durée légale du travail :
le gouvernement a décidé de remettre en cause la durée légale du travail : le temps de travail devrait être fixé entreprise par entreprise (voire de gré à gré entre le salarié et l’employeur), en fixant le seuil de déclenchement des heures sup et le taux de majoration applicable.
- Concernant la « modernisation du marché du travail » et la pseudo « flexisécurité » : Sous la menace d’une « loi-Medef », les « partenaires sociaux » ont négocié un accord interprofessionnel s’inspirant de cette fameuse « flexisécurité » venue du Danemark. Censée concilier la flexibilité si chère au patronat et la sécurité des salariés, la « flexisécurité » à la française offre bien peu de garantie aux salariés, et fragilise encore un peu plus le droit du travail. En effet, la durée de la période d’essai est allongée (6 mois pour les non cadres, et un an pour les cadres), on institutionnalise les ruptures à l’amiable (en feignant de croire à l’égalité des parties, on oublie que le salarié est toujours dans un lien de subordination avec son employeur), et surtout on instaure un nouveau type de contrat, ni CDD, ni CDI, le « contrat de mission », à durée limitée mais non déterminée. Côté « sécurisation » pour les salariés, les « avancées » se limitent à une légère valorisation des indemnités de licenciement, au maintien de la couverture maladie complémentaire pendant 6 mois après la rupture du contrat et à la possibilité de transférer une partie des droits non utilisés au titre du droit individuel à la formation chez un nouvel employeur.

Ce que cela sous-entend : la durée légale du travail n’a alors plus de sens, c’est un recul social incroyable qui conduirait à un éclatement du droit du travail, entreprise par entreprise, voire salarié par salarié, avec pour conséquence une aggravation considérable des inégalités entre les salariés. De plus, toute la flexibilité que les entreprises avaient pu imposer avec les 35h, elle, reste, et s’accroît encore. Après l’échec du CPE et la dénonciation du CNE par l’OIT, le Medef trouve le moyen d’en remettre une louche. Un des repères du droit du travail disparaît : la frontière entre le CDI et le CDD ; on en revient presque un siècle en arrière, où un CDD paraissait plus sûr qu’un CDI...Enfin on ne peut que souligner l’absurdité de l’allongement du temps de travail alors que le chômage et le temps partiel subi touche une part de plus en plus importante des actifs.

Avec l’annonce du passage à 41 annuités de cotisation pour les futurs retraités, la mise en place des franchises pour l’assurance-maladie, ces mesures poursuivent une régression sociale majeure. Dans cette situation, le gouvernement ne reculera que contraint et forcé. Il est donc de la responsabilité des organisations syndicales de créer les conditions d’un affrontement victorieux pour bloquer l’offensive antisociale actuelle. Pour l’Union Syndicale Syndicale Solidaires, il faut créer rapidement les conditions d’un mouvement d’ensemble des salariés du privé et du public et construire des mobilisations convergentes.

(Cet article reprend en partie le communiqué Solidaires du 28 décembre 2007)


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