edito : Va falloir en remettre un coup !

mardi 5 février 2008

La mobilisation du jeudi 24 janvier n’est pas le désastre syndical présenté par le gouvernement et des médias à la botte. Plus d’un tiers de grévistes dans la Fonction Publique, environ 55% dans l’Éducation Nationale, 400 000 personnes dans les rues (malgré une météo patronale), le bide total du service minimum dans les écoles.

Pour autant, si nous voulons gagner, il va falloir amplifier le mouvement. La grève du 24 ne partait pas sous les meilleurs auspices, les syndicats FO, CFDT, CFTC et CGC ont signé les accords sur la flexisécurité à la française  ; la CGT a appelé à la grève le 22 sur la question des retraites au lieu d’oeuvrer à la convergence des luttes  ; l’appel tardif à la grève le 24 janvier a servi à enterrer le mouvement contre la LRU... Cependant, si Solidaires et Sud éducation ont appelé à la grève et continuent à privilégier la logique unitaire, c’est aussi parce ce n’est que par la lutte que nous pourrons gagner, quitte à déborder les bureaucraties syndicales à la base.

Et il y a de quoi se révolter ! L’amphétaminé Sarkozy a fait sa retape sur le pouvoir d’achat et, petit krack boursier aidant, il nous annonce à présent qu’il ne peut rien faire. Outre que la notion même de «  pouvoir d’achat  » a permis, dans la vulgate médiatique, de faire oublier que le poids des salaires ne cessait de baisser au profit des dividendes versés aux actionnaires, nous avons tout de même eu droit à une régression sans précédent  : accords sur la flexisécurité, remise en cause de la durée légale du travail, allongement des cotisations retraite, franchises médicales, poursuite de la casse des services publics, etc. Et pour en remettre une louche, le sarko-mittérandien Attali nous propose quelques sacrifices supplémentaires à la gloire des marchés.
On nous ressort parallèlement le vieux poncif de l’immigré-e bouc-émissaire qui permet aussi d’amplifier les politiques sécuritaires pour mieux contrôler les classes populaires. Enfin, on restreint nos possibilités de luttes : service minimum, poursuites judiciaires contre les militant-e-s, etc.

A ce jeu-là, l’École n’est pas en marge. Le contrôle social des élèves s’intensifie avec le fichier base-élève et l’intervention de ces nouveaux collabos que sont les citoyens-relais. Le service minimum dans les écoles vient d’être expérimenté, la précarité est devenue une norme avec des contrats toujours plus défavorables. La suppression du BEP se fait au bénéfice des CFA qui sont de plus en plus souvent «  hébergés  » dans les lycées et le futur rapport Pochard nous promet encore bien des vaches maigres.

Les suppressions de postes sont toujours aussi massives : 11 200  dont 777 dans notre académie alors que les heures supplémentaires se multiplient, quitte à sacrifier la qualité de l’enseignement sur l’autel de la rentabilité (sur les 680 suppressions de postes d’enseignant-e-s de l’académie, environ 200 correspondent à la bascule de temps plein en heures sup) ! Or les heures supplémentaires, qu’elles soient financées par l’État, les collectivités territoriales ou sur fonds européens, ont permis d’instaurer une véritable contractualisation de l’enseignement pompeusement appelée «  pédagogie par projet  ». Rappelons-le, accepter ces heures, c’est cautionner ainsi la dégradation des conditions de travail, l’absence de revalorisation salariale, et le renforcement des logiques marchandes.

Arrêtons de subir la casse de l’École et la régression sociale généralisée, ne soyons pas les complices de nos bourreaux. Amplifions le combat et soyons pleinement acteurs et actrices de nos luttes pour gagner enfin et empêcher les trahisons des bureaucraties syndicales.

toutes et tous en grève le 29 février


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