Garde à vue, mensonges et faux ragots

Pas de trève pour les sans-papiers
lundi 10 mars 2008

Après l’acharnement estival du préfet Canepa à l’encontre des grévistes de la faim, l’État poursuit toujours sa tentative de démanteler le mouvement collectif des sans-papiers sur Lille.À cette fin, le ministère de l’intérieur a initié une enquête visant à salir les responsables du CSP 59 en insinuant qu’ils reçoivent de l’argent des sans-papiers pour favoriser leurs intérêts. Cette enquête se solde par une série de garde à vue qui, sous prétexte d’investigations, ressemblent surtout à une tentative d’intimidation. L’enjeu est évident : briser la lutte des sans-papiers en démantelant leur organisation représentative.

Acte I : Lundi 17 décembre 2007 à 6h du matin, la police embarque Armand, membre de la commission juridique du Comité des Sans Papiers 59, dans le cadre d’une « commission rogatoire pour trafic d’influence » puis le place en garde à vue. Au cours de la journée, Roland, porte-parole du CSP, est lui aussi convoqué mais ressort libre vers 19 h. Dans le même temps, une perquisition est effectuée au local qu’utilise le CSP sans même en avertir l’association Immigration et Droits des Migrants (IDM), locataire du local.

Acte II : convocation le lundi 4 février et le mercredi 6 février de deux autres membres du CSP, Eva et Christophe. Le motif « officiel » est une plainte « contre X pour diffamation et atteinte à l’honneur et à la considération de la police nationale », plainte déposée par le ministère de l’intérieur qui se réfère à « deux tracts du CSP 59 des 16 et 17/08/07 ».

Acte III : le 21 février, Armand et Suzanne, âgée de 86 ans, sont (pour la seconde fois pour le premier) placé-e-s en garde à vue quelques heures. Il s’agissait pour les « enquêteurs » d’organiser une confrontation entre les réponses données par les un-e-s et les autres lors de précédents interrogatoires. Suzanne a dû se présenter à la police avec les entrées, les sorties et les factures correspondantes couvrant l’année 2006.

A quand l’ acte IV ? : D’autres épisodes prolongeront probablement cette série de garde à vue. En attendant, le ministère de l’intérieur a reconnu qu’il s’agissait « d’une procédure judiciaire peu fréquente », ajoutant que « des investigations doivent encore être menées pour la faire aboutir »... « Peu fréquente » ! Dans sa forme peut-être mais, pour ce qui est du contenu, il est malheureusement familier : il s’agit une fois de plus, de la part de l’État, de museler toute velléité de construire un mouvement visible et unitaire porteur des revendications sociales et politiques des sans-papiers. Le message adressé à ces derniers-ières est clair :
« Gardez ce rôle de main-d’oeuvre clandestine et bon marché dans lequel vous excellez, ainsi que celui de boucémissaire durant nos campagnes politiques ; à ce prix, seulement, vous aurez quelques chances d’obtenir ponctuellement notre accord pour survivre terré-e-s dans nos usines et derrière nos cuisines. Mais osez seulement revendiquer vos droits et nous utiliserons tous les moyens administratifs, juridiques et policiers pour vous refouler. Car n’oubliez pas que, chez nous, on achève bien les immigrant-e-s dits illégaux ! »


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