PREMIER DEGRE : REFUSONS LA « REVOLUTION CULTURELLE » DE DARCOS

lundi 10 mars 2008

Les fameux « rapports », puis la suppression du samedi matin et les heures sup défiscalisées de Sarkozy avaient ouvert la voie. Place, maintenant, à la « révolution culturelle » version Darcos – dont on est en droit de se demander où iront se nicher les bienfaits...

Dans la suppression du samedi matin ? Derrière les apparences, la mesure est avant tout destinée à dégager des heures d’enseignement afin de ne pas créer les postes qui font défaut dans les écoles... Si 48 des 108 heures « libérées » sont affectées (conseils d’école, animations pédagogiques, formation, travaux en équipe et relations avec les parents), le flou le plus total plane sur les 60 heures consacrées aux élèves en difficultés : seront-elles placées le samedi matin, le mercredi, ou 4 fois par semaine, à raison de 30 mn par soir ? Gageons que la solution sera décidée par l’administration après un faux débat et posera bien plus de problèmes qu’elle n’en résout (temps de travail accru, fatigue, horaires, sentiment d’injustice...).

Dans les nouveaux programmes, qu’il s’agira de faire tenir dans 24 heures par semaine au lieu de 26 (et avec une heure de sport supplémentaire) ? Ces derniers ne sont que l’application d’un « socle commun des connaissances » au rabais qui oublie plus d’un siècle de recherches pédagogiques ou linguistiques : rabâchage à l’ancienne en lieu et place de la maîtrise de la langue et de son observation raisonnée, montée en puissance du nationalisme avec Marseillaise obligatoire, grandes dates de l’histoire de France et recentrage sur la géographie de notre seul pays, prépondérance du calcul sur la réflexion... et naturellement grand come-back de la morale et de la politesse au détriment des pratiques artistiques et de la science... L’école de Darcos serait-elle destinée à créer à bon marché de braves petits citoyen-ne-s soumis, pas trop ouverts sur le monde et sensibilisés, dès le plus jeune âge, au marché du travail ? Quant aux familles les plus aisées ou mieux loties socio-culturellement, il leur sera toujours possible de combler les lacunes du socle commun allégé par des cours particuliers (payants)...
Dans les « stages de remédiation » au cours des vacances ? Pourquoi faudrait-il punir et discriminer les enfants en difficulté en les contraignant à passer plus de temps en classe ? Les élèves ont avant tout besoin de postes supplémentaires, d’enseignant-e-s spécialisé-e-s, d’orthophonistes pendant les heures de cours... et certainement pas d’heures sup’ qui se feront de toute façon au détriment de notre temps de préparation devant la classe et nécessiteront une pléthore de réunions et d’évaluations... Ces heures supplémentaires sont avant tout destinées à ne créer aucun poste et mettront en péril les personnels spécialisés des RASED ( aide aux enfants en difficulté ). Déficalisées, elles privent la communauté des ressources qui lui permettraient de financer les services publics ou les retraites. Mesure phare de la « révolution culturelle » claironnée par Darcos, ces stages constituent un cercle vicieux et, par leur terminologie même, familiarisent les enfants des ZEP aux futurs stages (en entreprise) qui les attendent... Y participer, c’est mettre la main dans un engrenage qui aggravera davantage nos salaires, nos conditions de travail et d’enseignement.

Dans l’évaluation tous azimuts des élèves et des enseignant-e-s ? Évaluations en CE1 et CM2, surveillance accrue des enfants via les Bases de Données, inspection renforcée et culpabilisation accrue des personnels sommés de fournir des résultats sous peine d’être expédiés en stage obligatoire... En feignant de croire que les difficultés de nos élèves ne dépendent pas des conditions socio-culturelles dans lesquelles elles-ils vivent, Darcos et Sarkozy rendent l’école, les enfants et leurs enseignant-e- s responsables de leurs échecs et transforment nos établissements en lieux de coercition et de flicage...

Dans la publication sur Internet des résultats de chaque école ? La mesure aura un effet désastreux sur la carte scolaire et servira de moyen de pression sur les enseignant-e-s qui refusent de participer « volontairement » aux stages de remédiation pendant les vacances. Est-ce vraiment un plus ?

Nous sommes loin d’une école ouverte sur le monde, où toutes et tous ont les mêmes droits et les moyens qui leur font défaut.... Accepter la « révolution culturelle » de Darcos, c’est soumettre la communauté éducative aux restrictions budgétaires et à une école à deux vitesses aussi inégalitaire qu’autoritaire. SUD éducation appelle les enseignant-e-s à manifester leur opposition à ces réformes scandaleuses en refusant de participer aux stages de remises à niveau et en exprimant clairement nos besoins en postes lors des Conseils d’Ecole ou journées de « débats » sur les nouveaux programmes.

REFUSONS LA « RÉVOLUTION CULTURELLE » DE DARCOS. LE 18 MARS, DANS LE PRIMAIRE AUSSI, TOUTES ET TOUS EN GRÈVE.MOBILISONS-NOUS POUR EXIGER DES POSTES, DES MOYENS ET DES CONDITIONS DE TRAVAIL DÉCENTES POUR NOS ÉLÈVES COMME POUR LEURS ENSEIGNANT-E-S.


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