Heures supplémentaires, stages de remédiation, soutien hors temps scolaire : Ne mettez pas le doigt dans l’engrenage !

mardi 25 mars 2008

Word - 20.5 ko
lettre type stage cm
PDF - 1.7 Mo
tract stage de remédiation

Les accepter, c’est humilier et stigmatiser nos élèves.

Pourquoi allonger le temps de travail de nos élèves en difficulté ? Pourquoi les désigner comme des individus à « traiter », à isoler et à punir, là où il faudrait au contraire intégrer, faciliter les échanges au sein de la classe et apporter à nos élèves en souffrance tous les moyens dont ils ont besoin pendant le temps scolaire (travail en petits groupes hétérogènes permettant l’expression et la coopération, ateliers personnalisés, personnels spécialisés) ? Et pourquoi les élèves en difficulté n’auraient-ils pas droit, comme le reste de la classe, aux loisirs et aux activités culturelles ou sportives que leur permettra le samedi matin « libéré » ?

Les accepter, c’est handicaper nos élèves.

Axées jusqu’à l’absurde sur le français et les maths, les remédiations Darcos nient les autres difficultés, tout aussi handicapantes, des élèves en souffrance : rapport au corps, aux apprentissages, à la culture ; troubles du langage (difficilement remédiable en classe par manque de personnels formés), manque de confiance, isolement, problèmes relationnels, souffrance sociale… Vouées au rabâchage et à la reproduction hors temps scolaire de ce qui a été fait en classe, elles sont totalement déconnectées des autres domaines d’apprentissage et rejettent dans l’obscurité les pratiques pédagogiques qui font appel à l’expression, à la créativité, à la recherche, à la curiosité ou à la coopération au sein de groupes hétérogènes. Simples « cours particuliers », voire heures de colle pures et simples, elles maintiennent les enfants en difficulté au sein de leurs difficultés, sans possibilité d’échange et, à aucun moment, ne feront sens pour l’élève en lui permettant de comprendre et d’apprécier que le « savoir lire, écrire, compter », constitue avant tout un plaisir, et non une punition, que l’on peut investir dans bien d’autres domaines (histoire, sciences, arts, eps)… De plus, confinées au hors temps scolaire, au domaine de la sanction, elles ne peuvent qu’avoir un effet négatif sur les apprentissages. Enfin, elles empêcheront les équipes éducatives de mettre en place, pendant les heures de classe, des moments de travail en ateliers ou en petits groupes de recherche, d’expression ou de remédiation…

Les accepter, c’est mettre en péril nos conditions de travail et d’enseignement.

Sommant les enseignant-e-s de remédier, via le français ou les maths, à une souffrance scolaire complexe, elles dénient le travail des essentiel des personnels spécialisés, dont on pourra réduire le nombre, nous privant ainsi des moyens nécessaires à une véritable remédiation. Négligeant la dimension culturelle et sociale de l’échec scolaire, elles rendront les élèves et leurs enseignant-e-s responsables des lacunes de l’Education nationale et de la société … et ouvriront les portes à toutes les coercitions, les sanctions. Fondées sur les heures supplémentaires, elles grèveront les budgets, légitimeront fermetures et baisses de moyens et conduiront à des classes plus surchargées encore, avec, à la clé, de moins en moins de possibilités de s’occuper de tous nos élèves… nous obligeant sans cesse à travailler plus et plus longtemps. Imposées en compagnie de mesures opaques quant à l’utilisation du samedi libéré, elles réduiront et affaibliront notre formation continue.

Les accepter, c’est nuire aux solidarités et à nos conditions de vie.

Défiscalisées, les heures supplémentaires privent la communauté des ressources nécessaires au financement des retraites ou à la prise en charge des soins médicaux. Les accepter, c’est aussi accepter de travailler plus longtemps et de payer plus cher le système de santé, avec des salaires bloqués ! Centrées sur l’école, et uniquement sur l’école, elles mettent en péril le tissu associatif (aide aux devoirs, activités culturelles pour toutes et tous).

Pour Sud éducation, remédier à l’échec scolaire, ce n’est pas créer plus de souffrance.

C’est prendre en compte la complexité des difficultés de nos élèves, pendant la classe et sans stigmatisation, au lieu de les cantonner à quelques heures de rabâchage en fin de journée ou pendant les vacances. C’est inscrire la remédiation au sein d’équipes éducatives (enseignant-e-s de la classe et du cycle, personnels spécialisés) connectées à d’autres spécialistes de l’enfance… C’est penser une école différente, plus coopérative, qui permette aux apprentissages de faire sens et offre à toutes et à tous le même accès à la culture au lieu de réduire celle-ci à des activités périphériques cantonnées au samedi matin. C’est une école qui valorise ses élèves, leur permet de s’exprimer, leur apporte tous les moyens et le temps dont ils ont besoin : deux enseignant-e-s pour trois classes, personnels spécialisés, orthophonistes, infirmier-e-s, travailleurs-euses sociaux-ales, psychologues.

Les remédiations qui sont imposées aux enseignant-e-s et à leurs élèves sont le bras armé des programmes Darcos et d’une école inégalitaire et coercitive. C’est pourquoi Sud éducation 59/62 appelle les équipes enseignantes et les personnels à refuser clairement de participer aux stages de remédiation et à le faire savoir à leur administration (lettre type sur le site.).


Documents joints

lettre type stage cm
lettre type stage cm
tract stage de remédiation
tract stage de remédiation

Agenda

<<

2017

 

<<

Octobre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Evaluation et sélection de la maternelle à l’université

lundi 11 avril 2016

A la suite des changements de programmes de la maternelle au collège, le ministère a engagé une réforme de l’évaluation des élèves dès la maternelle : contradictions et aberrations ; pendant ce temps, la Conférence des président-es d’université (CPU) cherche à limiter l'accès en master.

Affichette contre la réforme Peillon des rythmes scolaires

lundi 28 janvier 2013

Vous trouverez ici l’affichette réalisée par la fédération Sud éducation pour dénoncer la réforme des rythmes scolaires voulue par Peillon et qui aura des effets négatifs, tant pour les élèves que pour les membres du personnel.

LES PRÉAVIS DE GRÈVE POUR LE PREMIER DEGRÉ

vendredi 2 octobre 2009

Pour poser un préavis de grève dans le premier degré il faut désormais s’y prendre très à l’avance et assister dans l’intervalle à une réunion de "négociation" avec les représentants du ministère.
Afin de compenser cette deuxième atteinte au droit de grève après le SMA, les préavis courants sont désormais posés systématiquement par la Fédération pour chaque période entre les vacances scolaires. Ce mode de fonctionnement n’a à ce jour pas été retoqué par le ministère.

Vous trouverez ce préavis dans la rubrique Fédération>Préavis de grève :
http://www.sudeducation.org/rubrique309.html