NON A LA MAINMISE DU MEDEF SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE DES ENSEIGNANTS

samedi 18 octobre 2003

La formation des personnels subit depuis l’arrivée du gouvernement Raffarin
des coupes sombres par l’annulation massive des stages de formation faute de
crédits et par la problématique de Luc Ferry profondément hostile à la
formation des maîtres (le concours suffit.).

Dans ce cadre de pénurie organisée, deux journées de formation continue à l’
attention des enseignants de SES, financées sur ce qu’il reste des moyens de
l’Education nationale, sont organisées à Paris les 23 et 24 octobre 2003 sur
le thème « Les entreprises dans la mondialisation » sous le pompeux intitulé
de « Entretiens Louis Le Grand ». Le ministère entend donner un certain
retentissement à cette affaire puisque ces « entretiens » seront inaugurés
par Luc Ferry et par Jean-Paul De Gaudemar (directeur de l’enseignement
scolaire), la conclusion étant assurée par Xavier Darcos.
S’il est tout à fait souhaitable que les enseignants de SES réfléchissent
sur ce thème des entreprises, il est stupéfiant de voir que toutes les
interventions sont confiées à des chefs d’entreprises - à l’exception d’un
seul dirigeant syndical : Jacques Chérèque - membres de l’Institut de l’
Entreprise (IDE), institut de formation proche du MEDEF.

C’est le PDG de SANOFI qui traitera du médicament et de la mondialisation,
le PDG de Veolia environnement qui traitera de l’eau et de la
mondialisation, le PDG de la BNP qui traitera du crédit et de la
mondialisation, etc. Un après-midi entier est consacré à des ateliers
relatifs à des entreprises (Lafarge, Air Liquide, Danone, Axa, etc.). Pas
une seule ONG n’est conviée à donner son point de vue. Pas un seul
économiste, pas un seul sociologue ne sont invités à apporter un peu de
recul théorique. On est à la fois dans une logique de communication
(autocélébration par les entreprises de leur stratégie de mondialisation) et
dans une logique d’imposition d’une pensée unique (le texte de présentation
de l’IDE et de l’Inspection Générale de SES, indique explicitement une
volonté de répondre aux critiques du mouvement altermondialiste qui n’est
bien évidemment pas autorisé à s’exprimer).

Seuls les préjugés « théoriques » du MEDEF seront mis en ouvre pour assurer
la formation des enseignants de SES, choisis par l’inspection, envoyés en
stage en entreprise, comme si le contact avec l’entreprise était susceptible
de communiquer à l’enseignant un savoir dont le contenu est unilatéralement
et totalement défini par l’entreprise « d’accueil » ! et les préjugés
idéologiques du MEDEF comme « liant » de la formation, considérés comme
seuls légitimes.
Ce choix du ministère et de l’Inspection montrent un engagement au seul
profit du point de vue patronal et rejette tous les points de vue
professionnels et scientifiques différents, en particulier ceux des
économistes et des sociologues professionnels (par exemple aucune
intervention sur l’impact de la mondialisation dans la culture ou sur les
conditions de travail, aucune référence ni problématique aux formes
politiques et environnementales dans lesquelles se développent la
mondialisation).
Il existe pourtant des dizaines d’Universités et d’Instituts de Recherche de
haut niveau qui pourraient former les professeurs dans le cadre d’un stage
national : CEPII, CERI, IRES, IFRI, OFCE, EPHE, etc.

Ce qui se donne à lire dans ce stage, c’est finalement l’inadéquation de la
formation des enseignants confiée par le ministère à la seule inspection et
le mépris de ce ministre pour la formation théorique, la liberté
intellectuelle et l’esprit critique.

SUD-Education condamne totalement cette initiative idéologique libérale et
patronale.

SUD-Education demande l’annulation de ce stage et exige que les moyens qui
lui sont affectés soient consacrés à un stage national ouvert à tous les
enseignants qui en feront la demande et dont le contenu soit défini par les
enseignants des lycées pour répondre à leur besoins de formation, et que les
formateurs en soient des chercheurs et universitaires, reconnus pour la
qualité scientifique de leurs travaux.

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communiqué de la fédération des syndicats SUD éducation

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Brèves

Déclaration au CSE

vendredi 18 septembre 2015


→ Lisez la déclaration au CSE
(Conseil supérieur de l’éducation)
de la fédération SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires.

Le panneau syndical

lundi 23 mars 2015
Le panneau de la fédération
de mi-février 2015.

9 avril, une grève interprofessionnelle, enfin ! - Austérité, l’éducation n’y coupe pas

Le panneau syndical

mercredi 11 février 2015
Le panneau de la fédération
de début février 2015.

Après les attentats, l’école mise au pas - Pour la réintégration de F. Chazerans (pétition) - Luttes : prioritaire, dotations, moyens...

ÉLECTIONS PRO 2014 - APPEL À TÉMOIGNAGES

lundi 9 février 2015

Les élections professionnelles 2014 ont été le théâtre d’un très grand nombre d’irrégularités. Opposée au vote électronique en raison notamment de l’absence de garanties et de contrôle, la fédération SUD éducation a produit des recours.

Si vous avez eu des difficultés pour voter, ou si vous connaissez des personnes qui en ont eu, contactez-nous au plus vite : sudeduc5962@wanadoo.fr / 03 20 55 99 29.

Appel à témoignages : lire notre article, ou l’appel fédéral.

Tous les résultats sont ici.

Personnels sociaux : un an sans aucune avancée !

jeudi 5 février 2015

Le 3 février 2014 débutait le groupe de travail Métiers n°12 du ministère de l’éducation nationale et de la recherche consacré aux personnels sociaux.

Un an après, on ne peut que constater l’absence totale d’avancées concrètes. Les circulaires du ministère n’améliorent en rien les conditions de travail des personnels ou la prise en charge des élèves.

L’intersyndicale dénonce unanimement l’inconséquence du ministère sur les questions sociales et de santé : la déclaration intersyndicale du 27 janvier 2015.

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samedi 20 décembre 2014

Vous pouvez vous inscrire à une liste de diffusion électronique pour recevoir des informations de SUD éducation : le formulaire est ici.

Communiqué de la Fédération des syndicats SUD éducation

vendredi 17 mars 2006

St Denis, le 17 mars 2006

Communiqué

La fédération des syndicats SUD éducation tient à saluer le courage des lycéens, des étudiants et de toute la jeunesse mobilisée contre le CPE. Il faut effectivement du courage pour lutter face à un président et face à un gouvernement qui, depuis des mois, ne veulent rien entendre.

Des mobilisations contre la réforme des retraites à celles contre la loi Fillon pour l’école en passant par le non au traité libéral européen, à la lutte contre la privatisation d’EDF et plus largement de l’ensemble des services publics, les réponses de Chirac, Raffarin puis Villepin sont toujours les mêmes : ils gardent le cap de la régression sociale.

Face à la jeunesse de ce pays, ce gouvernement aura organisé la répression contre les lycéens, engagés contre la loi Fillon dans une lutte qui aurait mérité davantage de soutien syndical, au printemps 2005. Ensuite en novembre 2005 il aura organisé la violence policière quotidienne contre l’exaspération de la partie de la jeunesse la plus précarisée. Il se sert ensuite de cette crise des banlieues dont il est largement responsable pour décréter l’état d’urgence, la criminalisation de la jeunesse française et immigrée des quartiers populaires, et réduire à 14 ans l’âge réel de la scolarité obligatoire. En moins d’un an, ce gouvernement a décidé que la jeunesse dans toutes ses composantes était sa cible principale. En moins d’un an il aura réprimé à tout va sans jamais apporter une réponse face au chômage et aux interrogations du lendemain dans un pays où le chômage des jeunes ne cesse de croître et où l’emploi précaire est déjà la seule porte d’entrée dans le monde du travail pour des milliers de jeunes

Aujourd’hui les étudiants se mobilisent. Nombre d’entre eux étaient lycéens l’an dernier et manifestaient déjà contre les projets rétrogrades de Fillon.

Oui, il en faut du courage pour continuer, malgré la défaite face à Fillon, à se mobiliser contre ce qu’il faut bien appeler : « la précarisation de nos vies ».

La fédération des syndicats SUD éducation s’associe à la lutte des étudiants et soutient pleinement l’organisation de la lutte des étudiants par les étudiants eux-mêmes. Par cette auto-organisation, lycéens et étudiants montrent un souci aigu des pratiques démocratiques dans leur lutte. C’est donc à la fois la détermination et la manière de faire des jeunes qui doit montrer la voie à tous les salariés (privé et public réuni) et à leurs organisations syndicales.

Le combat contre le CPE n’est pas seulement le combat de la jeunesse, il est le combat de toutes et tous. Le CPE, après le CNE, avant le contrat senior ou le contrat de « l’immigré jetable et précaire à vie » prévu par Sarkozy, s’inscrit dans la casse programmé de l’ensemble de droits du travail et des salariés acquis par les luttes de nos parents, grands et arrières grands parents.

Le Conseil fédéral des syndicats SUD éducation,

réuni à Paris le 9 et 10 mars 2006