Quand la Confédération Paysanne fait le procès d’une multinationale...

mercredi 7 mai 2008

« Les 7 de Douai, comme aujourd’hui les salariés en lutte de la Redoute, de Carrefour ou le mouvement des travailleurs sans papiers, c’est le combat des pots de terre contre le pot de fer » : c’est l’image qu’a choisi Jean Michel Sauvage, responsable de la Confédération paysanne, pour illustrer le conflit qui oppose sept syndicalistes paysans du Nord/Pas-de-Calais attaqués en justice par l’entreprise Nestlé, « empire » multinational de l’industrie agroalimentaire (lire Attac contre l’empire Nestlé, Collectif Attac Suisse, mars 2005).... Le 20 décembre 2004, une cinquantaine de militants de la « conf » ont distribué des tracts expliquant leur action aux salariés du site Nestlé de Cuincy. Ils sont ensuite entrés sans violence dans l’usine et y ont prélevé symboliquement quelques cartons de produits finis. Ces produits ont été distribués dans les quartiers populaires de Lille et donnés à des associations caritatives. Cette action faisait suite à d’autres mobilisations dénonçant une importante baisse du prix du lait à la production. Selon la Confédération Paysanne, cette baisse, non répercutée sur les prix de vente aux consommateurs, entraînait la perte de deux mois de salaire pour les producteurs de lait, qui parlaient alors des salaires « volés » par l’industrie laitière.

L’action de Cuincy, comme celles qui ont été menées ailleurs en France ce 20 décembre 2004 avait pour objectif de mettre en lumière la problématique de la répartition des richesses, accaparées par les multinationales et leurs actionnaires au détriment de leurs salariés et du reste de la société. Depuis 2004, le prix des matières premières a augmenté de façon très sensible mais les paysans ne sont pas les premiers à en profiter et le combat pour une plus juste répartition des richesses reste d’actualité. Les évolutions du marché agricole continuent de profiter aux multinationales et à des spéculateurs boursiers cyniques pour qui les récentes « émeutes de la faim » en Afrique ou dans d’autres régions du monde ne pèsent pas lourd face à des bénéfices colossaux.

Les militants de « Solidaires » et de SUD éducation se devaient également de soutenir les « 7 de Douai » pour dénoncer la judiciarisation de l’action associative et syndicale. Les mises en examen de militants du réseau Education Sans Frontière, des faucheurs d’OGM ou de syndicalistes qui osent résister ont pour but d’affaiblir et de faire taire tous les « lanceurs d’alerte »... Le succès du 25 avril, journée de soutien aux « 7 de Douai » (verdict annoncé pour le 30 mai), montre que nous devons transformer ce chantage en mobilisations solidaires pour permettre à tous les acteurs du mouvement social de poursuivre leurs combats.


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