Flics à gogos

mercredi 7 mai 2008

Récemment, les personnels et parents d’élèves du collège Léon Blum à Villeneuve d’Ascq se sont mobilisés contre les suppressions de postes dans leur établissement et pour réclamer plus de surveillant-e-s. À leur grande stupéfaction, l’inspectrice d’académie qui les a reçus avait une solution miracle à laquelle ils n’ont pas du tout adhéré : les policiers référents, un système présenté comme sensationnel, notamment, à Roubaix !

Si l’on en croit l’Evaluation de l’enseignement dans l’Académie de Lille , rapport n° 2006-052 de juillet 2006, à Roubaix « le partenariat entre la police et les établissements scolaires (...) fonctionne très bien ». Deux brigadiers interviennent à la demande des chefs d’établissement pour des agressions physiques, des insultes, etc. « Les policiers sont en civil mais « le code pénal en main » pour montrer qu’il existe « une chaîne d’autorité » qui relie le collège ou le lycée au reste de la société ». Ils rencontrent l’élève fautif et sa famille et peuvent participer aux conseils de discipline. Selon ce rapport, la majorité des établissements « se déclarent enchantés ».

L’un de ces deux policiers référents était invité fin janvier au collège Lebas à Roubaix. Il a précisé que son rôle était de « faire peur à l’élève », de « faire pleurer l’élève ». Il a déclaré qu’une fois qu’il avait effectué le rappel à la loi, il déposait une main courante. Concrètement, il enregistre dans un ordinateur l’identité de l’élève, les faits reprochés et la procédure de rappel à la loi. Il a affirmé que cela ne portait pas à conséquence mais a aussi dû convenir que tout le commissariat avait accès à ces informations (que personne jusqu’à présent n’aurait utilisées) et qu’il ne savait pas ce qu’elles deviendraient s’il quittait la brigade. Ces brigadiers assistent aux conseils de discipline et à à certaines commissions de vie scolaire des collèges Anne Frank et Samain. La situation est loin d’être idyllique dans ces deux établissements dont l’administration a pourtant pris l’habitude de travailler main dans la main avec ces policiers depuis plusieurs années. On pourrait s’attendre à ce que, par exemple, peur du gendarme aidant, si l’on suit la logique de la hiérarchie, le nombre de conseils de discipline baisse or, il y est toujours élevé.

Alors qu’on supprime des postes d’enseignant-e-s à tour de bras, y compris en Zep, alors qu’à la rentrée prochaine, trois collèges « Ambition Réussite » de Roubaix perdent chacun un-e assistant-e social-e, il est évident que ce n’est vraiment pas de flics dont les établissements scolaires ont besoin.


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