Même amputée, Base élèves respire encore et reste dangereuse ! EXIGEONS SA SUPPRESSION IMMÉDIATE !

dimanche 7 septembre 2008

Deux vagues successives de suppressions de champs décidées par le Ministère à la suite des mobilisations de parents et d’enseignant-e-s ont apparemment vidé le fichier Base Élèves de son caractère nocif et intrusif. Désormais, la nationalité des enfants, la langue parlée à la maison, le suivi Rased, l’absentéisme, les situations de handicap et encore moins la durée de conservation des renseignements dans les IA (qui passe de 15 ans à la durée de la scolarité dans le primaire) ne pourront être utilisés contre nos élèves et leur famille. Pour SUD éducation 59/62, la victoire est de taille et prouve que la lutte paie.

Pour autant, si ces suppressions constituent un sérieux revers au fichage des élèves, elles n’équivalent pas, loin s’en faut, à un retrait pur et simple d’une base de données dont l’utilisation par l’Éducation Nationale ou les mairies reste vivement critiquée.

D’un intérêt pédagogique nul, Base Elèves n’en continue pas moins d’être imposée aux écoles par l’administration dans l’opacité et l’autoritarisme les plus débridés (parents d’élèves non informés, sanctions, etc.) Les renseignements obtenus restent quant à eux toujours nominatifs et permettent le « traçage » des élèves. De plus, même sérieusement amoindrie et privée de ses champs les plus discutables, Base Élèves n’est toujours pas cadrée par un texte de loi. Rien n’interdit par ailleurs de penser que les champs supprimés ne puissent être réactivés plus tard, à la faveur de l’actualité ; n’oublions pas que Base Élèves est liée à la Loi de Prévention de la Délinquance et que de nombreux rapports s’acharnent depuis des années à justifier le fichage des élèves en mélangeant échec scolaire, souffrance sociale et délinquance. À titre de comparaison, souvenons-nous également que les prélèvements d’ADN étaient à l’origine destinés uniquement aux délinquants sexuels avant d’être finalement étendus à l’ensemble des inculpations (y compris le fauchage d’OGM). En ira-t-il de même pour Base Elèves ? Alors que se met en place le fichier EDVIGE, qui recensera les activités de l’ensemble de la population, la question mérite d’être posée. Qu’en est-il par ailleurs des risques de dérapage, de partage ou d’utilisation malveillante des renseignements obtenus (« fuite » des fichiers vers d’autres administrations ou organismes, défaut de sécurisation, etc.) ?

Il est par ailleurs évident que l’acharnement de l’Éducation Nationale à maintenir Base Elèves obéit également à un impératif économique. Il va de soi que les renseignements glanés dans les circonscriptions et les IA serviront à traquer en temps réel les postes ou les moyens Rased à éliminer. En ces temps de fermetures accélérées, de mutualisation ou de regroupements d’écoles sous l’égide des futurs EPEP, Base Elèves inaugurera l’ère de la suppression de postes « presse-bouton ».
Au moment où se met en place EDVIGE, l’utilisation par les mairies et l’Éducation Nationale d’une Base Elèves qui participe au fichage généralisé de la population via les écoles demeure donc plus qu’inquiétante.

SUD éducation 59/62 restera vigilant et continuera de se mobiliser pour obtenir la suppression définitive du fichier Base Élèves et de tous les autres moyens de flicage (livrets scolaires, enquêtes ou évaluations nationales, etc.)

C’est pourquoi nous appelons les équipes pédagogiques à :
- exiger la suppression de Base Élèves dans leur école ;
- avertir les parents de son utilisation ;
- rappeler dans les fiches de renseignements que chacun-e a droit de regard sur les fichiers électroniques où elle-il figure.


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