Bac Pro en trois ans : arnaque et avenir sacrifié

dimanche 7 septembre 2008

Le Bac Pro en trois ans est-il réellement un progrès destiné à hausser le niveau général de formation comme le prétend le gouvernement ? Dès novembre 2007, le Sénat lui-même ne partageait pas exactement cette opinion car il craignait que de nombreux jeunes sortent du système scolaire sans BEP ni CAP si cette mesure était généralisée à toutes les filières. Cela n’a évidemment pas empêché la réforme, d’autant qu’il faudrait être aveugle pour voir que celle-ci obéit à deux impératifs :

- faire des économies substantielles sur le coût de scolarité à la charge de l’État ;

- servir les intérêts du Medef en mettant à sa disposition des moyens humains et matériels en échange d’une hypothétique contribution de la part du patronat.

Pour SUD éducation 59/62, le Bac Pro en trois ans, c’est surtout :

- un grand pas en avant vers le désengagement de l’État et la privatisation des LP et de la formation professionnelle en livrant cette dernière aux diktats des employeurs de la région ;

- une diminution importante du nombre de Bacs Pro ;

- des jeunes moins formés, flexibles et désolidarisés, rendus compatibles avec l’emploi massif d’une main-d’oeuvre aux salaires peu élevés, négociant individuellement ses contrats ;

- davantage de stages en entreprise pour les enseignant-e-s, plus de flexibilité, d’annualisation du temps de travail et de postes partagés ;
le transfert d’une partie de la formation professionnelle hors Éducation Nationale ;

- un contrôle accru du secteur privé puisque les entreprises versent la taxe d’apprentissage et peuvent entrer en nombre au CA et devenir les décideurs.

Parce qu’on ne peut pas tolérer que l’avenir de milliers de jeunes soit hypothéqué au nom de la rentabilité, de l’employabilité et du déni de leurs aspirations, SUD éducation exige des réformes. Nous revendiquons :

- une orientation à visage humain et non plus strictement conditionnée par un logiciel, qui respecte les vœux des élèves et cesse de les affecter là où il reste de la place, selon les filières à remplir ;

- la restitution de tous les postes supprimés et la création de postes supplémentaires pour mener à bien notre mission d’enseignant-e , postes statutaires et non précaires ;

- l’abandon de cette rénovation à visée purement mercantile et le maintien des BEP suivi d’un Bac pro en deux ans ;

- le maintien des filières technologiques et professionnelles et la création de passerelles efficaces pour accéder des unes aux autres.


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