Une Autre école !

dimanche 7 septembre 2008

Edictées au détriment de la communauté éducative et de la pédagogie la plus élémentaire, les « réformes » qui frappent l’enseignement sont liées. Elles visent autant à abaisser le coût de l’éducation qu’à instaurer le contrôle social des élèves (ainsi que des enseignant-e-s) tout en brisant le service public.

Pour SUD éducation 59/62, ne s’attaquer qu’à un seul aspect de ces mesures ne remettra nullement en cause les autres. Il apparaît donc plus que jamais indispensable de lier des luttes et des revendications pour l’instant trop disparates, voire univoques, afin de créer une école plus juste et plus démocratique.

Ainsi, nous ne pouvons plus considérer comme des victoires le saupoudrage habituel de la hiérarchie et encore moins les fausses créations de postes, obtenues par exemple par transfert d’un département à l’autre. Ces « succès » dissimulent trop souvent les classes, voire les filières, qui disparaissent autour de nous. De même, nous ne pouvons nous satisfaire des heures supplémentaires qui cachent et favorisent les suppressions et mettent en péril l’enseignement spécialisé dans le premier degré. Le « travailler plus pour gagner plus » cher à Sarkozy se fera au détriment de nos salaires et de nos préparations de cours tout en favorisant la mise en concurrence des personnels. Est-ce un bien pour nos élèves que les nouveaux programmes, les horaires et les heures de soutien hors temps scolaire condamnent déjà au bourrage de crâne sans réflexion ou aux heures de colle pour cause d’échec ?

Soucieux du respect de l’ensemble de la communauté éducative, nous ne pouvons accepter l’utilisation sans cesse croissante de main-d’oeuvre de plus en plus précaire et de moins en moins formée destinée à compenser à moindre frais le manque de personnel dans nos établissements. En ce sens, exiger la titularisation des précaires et la création immédiate de postes enseignants et non enseignants, c’est aussi lutter contre l’instauration de l’école-entreprise. C’est mettre un frein aux mutualisations des personnels, à la mise en concurrence et à la multiplication des tâches et des missions pour lesquelles nous ne sommes pas formé-e-s (orthophonie, travailleurs sociaux, par exemple). Mais cela ne pourra se faire sans combattre également l’instauration des EPEP ou des Conseils Pédagogiques qui vont de pair avec le renforcement de la hiérarchie, de l’arbitraire et de l’affaiblissement d’une nécessaire liberté pédagogique. Cette politique purement budgétaire, qui n’hésite pas à externaliser vers les régions le coût et l’organisation d’une éducation jugés trop prohibitifs par la sacro-sainte économie de marché, instaurera une école à deux vitesses, entièrement tributaire des revenus très inégaux des collectivités territoriales. Nous ne pouvons pas permettre au MEDEF, aux municipalités et aux régions, de plus en plus associées à l’éducation, de décider localement des orientations pédagogiques de nos établissements et de l’avenir de nos élèves.

Refuser de céder aux sirènes de l’ecole-entreprise et du management, c’est également combattre l’instauration de l’école-prison. Si nous ne pouvons nous satisfaire des nouveaux programmes à l’idéologie réactionnaire et des heures de soutien sans aucun moyen, nous ne pouvons accepter le contrôle social permanent auquel se trouvent soumis élèves et enseignant-e-s. Exiger la suppression de Base Elèves ne doit pas faire oublier le renforcement constant de la hiérarchie destiné à mettre au pas la communauté éducative. C’est, au contraire, de temps de formation et de concertation, associé à la possibilité de travailler librement, dont nous avons besoin pour mener à bien nos missions et remédier à l’échec scolaire. En quoi les évaluations continuelles et les inspections aideront-elles nos élèves ? Ces dernier-e-s, tout comme nous, n’ont-ils pas droit à plus de démocratie et de temps dans leurs apprentissages pour comprendre le monde ?

SUD éducation 59/62 revendique une école plus juste et plus démocratique capable de donner les mêmes droits à tou-te-s. Chacune des « réformes » du gouvernement nous éloignent de ce but. Voilà pourquoi notre syndicat continuera à se battre pour que la totalité des besoins de la communauté éducative soient pris en compte. Si cette exigence se traduit bien évidemment par l’embauche massive de personnels enseignants et non enseignants, elle nécessitera d’autres combats contre l’école-prison, l’école-entreprise.

C’est pourquoi SUD éducation 59/62, fidèle à ses principes d’auto-organisation des luttes, soutiendra tous les mouvements, décidés à et par la base, qui participeront à la création d’une école et d’une société plus justes.


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