Les menaces sur l’école maternelle et les RASED se précisent

Communiqué fédéral et communiqué intersyndical
mardi 16 septembre 2008

Pour justifier les 13500 suppressions de postes à venir, Darcos nous fait croire à un nouveau personnage. Celui d’un ministre fraîchement converti en chantre de « la petite enfance » et dénonçant la scolarisation des enfants dès deux ans alors que son objectif est de supprimer des postes et de casser le service public d’éducation.

Alors que peu d’enfants de deux ans (et même deux ans et demi) sont effectivement à l’école, il s’attaque directement à la petite section et à l’école maternelle qualifiée de « préélémentaire ». Décrite comme « variable d’ajustement pour empêcher des fermetures de classe », Darcos mène une attaque en règle contre la petite section. Ses enseignants y consacreraient l’essentiel de leur temps à surveiller la sieste des enfants et à changer les couches, ce qui ne nécessiterait pas un bac+5. Voilà, c’est dit ! A quoi bon d’après lui former des personnels (ça coûte cher à la « nation » !) pour effectuer ces tâches qui relèveraient alors de quel niveau d’études ? Il ne le précise pas. En tout cas, pour les professeurEs des écoles, fini la petite section : ce sera le CM2 (là, notre « coût de formation » se justifie) !

Ces déclarations viennent s’ajouter à celles de Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation qui a confirmé ce que nous disons à Sud éducation sur les conséquences de la mise en place des 2 heures de soutien.

Prévues dans la nouvelle organisation du temps scolaire et mises en place à partir du mois d’octobre 2008, ces 2 heures (résultant du passage à 24h de l’emploi du temps de la classe) n’ont comme objectif que de… Supprimer les réseaux d’aide (les RASED) et pas de lutter contre l’échec scolaire ! C’est dit par... Luc Ferry.

Nous dénonçons à Sud éducation les propos méprisants du ministre sur les enseignants du premier degré faisant table rase d’années de travail pédagogique menées dans les écoles maternelles et les réseaux d’aide.

La scolarisation à partir de trois ans permet à une même classe d’âge de bénéficier du service public d’éducation : le privé ne doit pas se substituer à l’école maternelle !

Le suivi individualisé opéré par des personnels spécialisés garantit la prise en charge efficace des difficultés de TOUS les enfants. Nous demandons au ministre de se prononcer clairement sur l’avenir des RASED. Nous exigeons la fin des menaces sur les RASED, l’arrêt des suppressions déguisées (ou non) de postes spécialisés et des créations de postes (E, G, psychologues, etc.) pour toutes les écoles.


Appel unitaire des organisations et associations de l’éducation nationale

Préservons et développons les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (R.A.S.E.D.)

Madame, Monsieur, La mission première du service public d’éducation est d’assurer la réussite de tous les élèves et de contribuer à l’égalité des droits par le respect des différences. La prise en charge des difficultés des élèves à l’école maternelle et élémentaire constitue aujourd’hui une préoccupation majeure de toute la communauté éducative. Ces difficultés nécessitent des approches différenciées et concertées. Les RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) ont été créés pour répondre aux besoins particuliers de ces élèves. Leur mission est de contribuer sur le temps scolaire, et en étroite collaboration avec les parents, les enseignants et les partenaires extérieurs, à la prévention et à la remédiation de la difficulté scolaire. L’équipe du RASED est constituée de trois catégories de professionnels titulaires de diplômes spécifiques : les enseignants spécialisés chargés de l’aide à dominante pédagogique (psychopédagogues/maîtres E), les enseignants spécialisés chargés de l’aide à dominante rééducative (rééducateurs / maîtres G), et les psychologues de l’Education Nationale. Le dispositif RASED permet une analyse approfondie des difficultés de l’élève dans leurs dimensions psychologiques, affectives, relationnelles, sociales et cognitives. Le RASED recherche avec l’équipe enseignante et les familles, les réponses et les aides différenciées les plus adaptées d’ordre pédagogique, rééducatif, psychologique. Aujourd’hui, les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté sont menacés :
- dans leurs moyens, par une diminution inquiétante du nombre de postes spécialisés,
- dans leur renouvellement, par l’insuffisance de départs en formation de spécialisation,
- dans leur fonctionnement, puisque de nombreux RASED sont incomplets et ne peuvent pas proposer aux élèves les aides spécialisées nécessaires.
- par la confusion entre les aides spécialisées du RASED et l’aide personnalisée apportée par les enseignants des classes. En effet, le ministère de l’Education Nationale a décidé dès cette rentrée scolaire, de réaffecter une partie des heures supprimées le samedi matin à la mise en place de 60 heures annuelles « d’aide aux élèves rencontrant des difficultés scolaires ». Ces heures d’ « aide personnalisée » contrairement aux aides spécialisées seront dispensées par un enseignant généraliste en dehors du temps scolaire des élèves. Le risque existe que la mise en place de cette aide serve de prétexte au ministère pour supprimer les RASED. Cette aide personnalisée est d’une nature différente de celles du RASED et ne peut en aucun cas les remplacer. La confusion entre les deux dispositifs ne serait qu’une manière de réaliser de substantielles économies de postes d’enseignants au détriment des élèves les plus en difficulté. Le dispositif RASED doit être maintenu, complété et renforcé pour pouvoir continuer à remplir ses missions dans toutes les écoles maternelles et élémentaires au service de tous les élèves qui en ont besoin. C’est ensemble que nous devons agir pour que le service public puisse offrir dans l’école les aides spécialisées du RASED pour répondre aux besoins de tout enfant.

Veuillez croire, Madame, Monsieur, en notre attachement au service public d’éducation pour tous les élèves. Merci d’informer les organisations syndicales et associatives de vos initiatives et de vos prises de position à cette question.

Paris, le 5 septembre 2008

Sud éducation, Sgen, FCPE, SNUIPP, ANCP, AGSAS...


Documents joints

lettre intersyndicale RASED
lettre intersyndicale RASED
communiqué sud educ RASED
communiqué sud educ RASED

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Brèves

Déclaration au CSE

vendredi 18 septembre 2015


→ Lisez la déclaration au CSE
(Conseil supérieur de l’éducation)
de la fédération SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires.

Le panneau syndical

lundi 23 mars 2015
Le panneau de la fédération
de mi-février 2015.

9 avril, une grève interprofessionnelle, enfin ! - Austérité, l’éducation n’y coupe pas

Le panneau syndical

mercredi 11 février 2015
Le panneau de la fédération
de début février 2015.

Après les attentats, l’école mise au pas - Pour la réintégration de F. Chazerans (pétition) - Luttes : prioritaire, dotations, moyens...

ÉLECTIONS PRO 2014 - APPEL À TÉMOIGNAGES

lundi 9 février 2015

Les élections professionnelles 2014 ont été le théâtre d’un très grand nombre d’irrégularités. Opposée au vote électronique en raison notamment de l’absence de garanties et de contrôle, la fédération SUD éducation a produit des recours.

Si vous avez eu des difficultés pour voter, ou si vous connaissez des personnes qui en ont eu, contactez-nous au plus vite : sudeduc5962@wanadoo.fr / 03 20 55 99 29.

Appel à témoignages : lire notre article, ou l’appel fédéral.

Tous les résultats sont ici.

Personnels sociaux : un an sans aucune avancée !

jeudi 5 février 2015

Le 3 février 2014 débutait le groupe de travail Métiers n°12 du ministère de l’éducation nationale et de la recherche consacré aux personnels sociaux.

Un an après, on ne peut que constater l’absence totale d’avancées concrètes. Les circulaires du ministère n’améliorent en rien les conditions de travail des personnels ou la prise en charge des élèves.

L’intersyndicale dénonce unanimement l’inconséquence du ministère sur les questions sociales et de santé : la déclaration intersyndicale du 27 janvier 2015.

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samedi 20 décembre 2014

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Communiqué de la Fédération des syndicats SUD éducation

vendredi 17 mars 2006

St Denis, le 17 mars 2006

Communiqué

La fédération des syndicats SUD éducation tient à saluer le courage des lycéens, des étudiants et de toute la jeunesse mobilisée contre le CPE. Il faut effectivement du courage pour lutter face à un président et face à un gouvernement qui, depuis des mois, ne veulent rien entendre.

Des mobilisations contre la réforme des retraites à celles contre la loi Fillon pour l’école en passant par le non au traité libéral européen, à la lutte contre la privatisation d’EDF et plus largement de l’ensemble des services publics, les réponses de Chirac, Raffarin puis Villepin sont toujours les mêmes : ils gardent le cap de la régression sociale.

Face à la jeunesse de ce pays, ce gouvernement aura organisé la répression contre les lycéens, engagés contre la loi Fillon dans une lutte qui aurait mérité davantage de soutien syndical, au printemps 2005. Ensuite en novembre 2005 il aura organisé la violence policière quotidienne contre l’exaspération de la partie de la jeunesse la plus précarisée. Il se sert ensuite de cette crise des banlieues dont il est largement responsable pour décréter l’état d’urgence, la criminalisation de la jeunesse française et immigrée des quartiers populaires, et réduire à 14 ans l’âge réel de la scolarité obligatoire. En moins d’un an, ce gouvernement a décidé que la jeunesse dans toutes ses composantes était sa cible principale. En moins d’un an il aura réprimé à tout va sans jamais apporter une réponse face au chômage et aux interrogations du lendemain dans un pays où le chômage des jeunes ne cesse de croître et où l’emploi précaire est déjà la seule porte d’entrée dans le monde du travail pour des milliers de jeunes

Aujourd’hui les étudiants se mobilisent. Nombre d’entre eux étaient lycéens l’an dernier et manifestaient déjà contre les projets rétrogrades de Fillon.

Oui, il en faut du courage pour continuer, malgré la défaite face à Fillon, à se mobiliser contre ce qu’il faut bien appeler : « la précarisation de nos vies ».

La fédération des syndicats SUD éducation s’associe à la lutte des étudiants et soutient pleinement l’organisation de la lutte des étudiants par les étudiants eux-mêmes. Par cette auto-organisation, lycéens et étudiants montrent un souci aigu des pratiques démocratiques dans leur lutte. C’est donc à la fois la détermination et la manière de faire des jeunes qui doit montrer la voie à tous les salariés (privé et public réuni) et à leurs organisations syndicales.

Le combat contre le CPE n’est pas seulement le combat de la jeunesse, il est le combat de toutes et tous. Le CPE, après le CNE, avant le contrat senior ou le contrat de « l’immigré jetable et précaire à vie » prévu par Sarkozy, s’inscrit dans la casse programmé de l’ensemble de droits du travail et des salariés acquis par les luttes de nos parents, grands et arrières grands parents.

Le Conseil fédéral des syndicats SUD éducation,

réuni à Paris le 9 et 10 mars 2006