edito : Où il n’est question ni de médailles ni de couche-culottes

mercredi 1er octobre 2008

Les choix du gouvernement sont clairs. Il a décidé de sacrifier la qualité du service public dans un but d’économie budgétaire. Cela sert en outre sa conception de la société, fondée sur la rentabilité, la concurrence entre les personnes et le recours à l’autoritarisme.

Dans l’Éducation Nationale, la politique de casse du ministère se traduit par d’innombrables cafouillages : des élèves sans prof pendant plusieurs semaines dès la rentrée, des classes aux effectifs aberrants (jusqu’à 40 élèves dans une classe d’italien de l’académie, pour ne citer que cet exemple), l’attribution à la dernière minute d’heures supplémentaires, des TZR affectés n’importe où n’importe comment, et pour les élèves du primaire des horaires et des programmes abrutissants.

La territorialisation des TOS, les suppressions successives de postes et le recours aux heures supplémentaires mettent en péril la qualité des enseignements. La hiérarchie cherche de plus en plus souvent à individualiser les rapports, que ce soit pour imposer facilement les heures supplémentaires ou le soutien hors temps scolaire, ou pour rendre les personnels, les élèves voire leur famille responsables des échecs de l’Éducation Nationale. Enfin, à terme, il s’agit d’éclater les statuts : management copié sur celui du privé avec son lot de souffrances et de menaces, augmentation du temps de travail et de la précarité, obsession du chiffre comme seul objectif.

Cela rejoint ce qui se passe dans les autres secteurs, de la privatisation de la Poste à la déstabilisation du système de santé ; la nouvelle orientation budgétaire et politique est en marche. La crise économique actuelle menace d’être une des plus importantes de l’histoire du capitalisme. Nous n’en sommes qu’au début ! Elle ne pourra qu’accentuer le désengagement de l’État de tous les services publics.
Pour contrer ces désastreux choix politiques et construire une autre école dans une autre société, quelle stratégie adoptons-nous ?

En ces temps de remise en cause du droit de grève, les réponses proposées par les organisations syndicales majoritaires ne semblent pas à la hauteur de l’enjeu ; ainsi, si SUD éducation 59/62 a appelé à la grève le 7 octobre, et se joint à l’appel à manifester le dimanche (!) 19 octobre, ce n’est pas pour s’aligner sur une conception négociatrice et démagogique d’un syndicalisme qui n’ose plus. Il s’agit avant tout de construire la convergence des luttes et cette journée devrait en être une étape. Une rupture de l’unité syndicale serait en effet désastreuse et chaque organisation devra prendre ses responsabilités. Seule une mobilisation massive fera reculer le gouvernement et créera les conditions d’un véritable changement.


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