Réforme du lycée : une illusion de négociation pour un vrai démantèlement !

lundi 20 octobre 2008

En présentant le 17 juillet à la presse les principes de la réforme du lycée, Darcos aura rendu ses annonces quasiment invisibles pour la grande masse des personnels (site web du ministère). Cette volonté d’avancer masqué le plus longtemps possible se double d’un calendrier qui n’autorisera pas de véritables négociations : octobre décision définitive sur les grands axes, décembre bouclage global de la réforme du lycée. Le document rappelle la nécessité de reformuler les obligations des services des enseignants et les programmes de 2nde pour la rentrée 2009 dans l’année scolaire !

Il s’agit donc bien d’une réforme déjà toute ficelée qui vise à réduire le nombre d’heures de cours des élèves, dans le seul but de supprimer des milliers de postes. Le ministre s’appuie sur la signature d’une « feuille de route » signée par la plupart des syndicats. Sud éducation ne veut pas s’associer à ce simulacre de négociation.

Questions et inquiétudes sur le plan pédagogique

La réforme redécoupe le temps de travail des élèves en trois blocs :
- En seconde, 60% pour des enseignements fondamentaux, 25% pour des modules d’exploration et d’approfondissement, 15% pour des enseignements et activités dits d’accompagnement ;
- En cycle terminal, la répartition pourrait être respectivement de 45%, 45% et 10%.

En seconde des modules semestriels de 3h, permettraient une exploration de plus de disciplines et une meilleure "détermination" des élèves, puis dans le cycle terminal un approfondissement selon "des dominantes" avec une remise en cause des filières actuelles. Les "enseignements ou activités d’accompagnement" seraient aussi modularisés parfois en deçà du semestre et sont sans doute à mettre en rapport avec "l’aide" actuelle jugée peu efficace et un travail sur l’orientation.

Il s’agit en fait d’une remise en cause totale des enseignements en lycée toujours dans la perspective d’un " bac unique dont rien ne garantit qu’il ouvrirait la porte de l’université. Beaucoup de questions demeurent. Quels sont ces enseignements fondamentaux ? Des disciplines estampillées ainsi, un minimum horaire pour certaines ? Pour les modules optionnels : s’agit-il des options actuelles en seconde ? D’autres matières du tronc commun actuel sont-elles dans le viseur des réductions horaires ?

Car l’essentiel n’est pas dit. Combien d’heures d’enseignement ? Quelles formes et quels horaires d’aide aux élèves en difficultés au lycée ? Quelle garantie de ne pas retomber sur une ségrégation avec des secondes aux cursus très différents ? En effet la vision de l’autonomie vantée dans les 16 points et le texte ministériel rime plutôt avec concurrence entre établissements, élèves... et professeurs.

Une réforme pilotée par la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) et ses suppressions de postes.

Cette réforme doit être replacée dans le contexte des suppressions massives de postes dans l’Education et dans tous les services publics.

Dans l’Education, aux milliers de suppressions de postes des années précédentes il faut ajouter les 80000 annoncées par le gouvernement d’ici 2012 dont les 13500 pour 2009 avec leur cortège de mesures. Dans le second degré : poursuite du bac pro 3 ans qui économise 10000 postes en LP, inflation des heures sup’ ; dans le 1er degré absence de créations suffisantes de postes et rentabilisation du travail des enseignants (stage durant les vacances, suppression des heures d’enseignement du samedi matin). Darcos lie de nouveau explicitement l’alourdissement des missions des enseignants prévu dans le rapport Pochard à la réforme du lycée avec des annonces en décembre.

SUD n’est pas favorable au statu quo et milite pour un lycée et une école démocratique. Nous n’accordons aucune confiance au gouvernement de la droite la plus dure pour aller dans ce sens, alors même que l’annonce des suppressions de postes dans l’Education a largement précédé cette réforme et que la casse des autres services publics continue !


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Brèves

Déclaration au CSE

vendredi 18 septembre 2015


→ Lisez la déclaration au CSE
(Conseil supérieur de l’éducation)
de la fédération SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires.

Le panneau syndical

lundi 23 mars 2015
Le panneau de la fédération
de mi-février 2015.

9 avril, une grève interprofessionnelle, enfin ! - Austérité, l’éducation n’y coupe pas

Le panneau syndical

mercredi 11 février 2015
Le panneau de la fédération
de début février 2015.

Après les attentats, l’école mise au pas - Pour la réintégration de F. Chazerans (pétition) - Luttes : prioritaire, dotations, moyens...

ÉLECTIONS PRO 2014 - APPEL À TÉMOIGNAGES

lundi 9 février 2015

Les élections professionnelles 2014 ont été le théâtre d’un très grand nombre d’irrégularités. Opposée au vote électronique en raison notamment de l’absence de garanties et de contrôle, la fédération SUD éducation a produit des recours.

Si vous avez eu des difficultés pour voter, ou si vous connaissez des personnes qui en ont eu, contactez-nous au plus vite : sudeduc5962@wanadoo.fr / 03 20 55 99 29.

Appel à témoignages : lire notre article, ou l’appel fédéral.

Tous les résultats sont ici.

Personnels sociaux : un an sans aucune avancée !

jeudi 5 février 2015

Le 3 février 2014 débutait le groupe de travail Métiers n°12 du ministère de l’éducation nationale et de la recherche consacré aux personnels sociaux.

Un an après, on ne peut que constater l’absence totale d’avancées concrètes. Les circulaires du ministère n’améliorent en rien les conditions de travail des personnels ou la prise en charge des élèves.

L’intersyndicale dénonce unanimement l’inconséquence du ministère sur les questions sociales et de santé : la déclaration intersyndicale du 27 janvier 2015.

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samedi 20 décembre 2014

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Communiqué de la Fédération des syndicats SUD éducation

vendredi 17 mars 2006

St Denis, le 17 mars 2006

Communiqué

La fédération des syndicats SUD éducation tient à saluer le courage des lycéens, des étudiants et de toute la jeunesse mobilisée contre le CPE. Il faut effectivement du courage pour lutter face à un président et face à un gouvernement qui, depuis des mois, ne veulent rien entendre.

Des mobilisations contre la réforme des retraites à celles contre la loi Fillon pour l’école en passant par le non au traité libéral européen, à la lutte contre la privatisation d’EDF et plus largement de l’ensemble des services publics, les réponses de Chirac, Raffarin puis Villepin sont toujours les mêmes : ils gardent le cap de la régression sociale.

Face à la jeunesse de ce pays, ce gouvernement aura organisé la répression contre les lycéens, engagés contre la loi Fillon dans une lutte qui aurait mérité davantage de soutien syndical, au printemps 2005. Ensuite en novembre 2005 il aura organisé la violence policière quotidienne contre l’exaspération de la partie de la jeunesse la plus précarisée. Il se sert ensuite de cette crise des banlieues dont il est largement responsable pour décréter l’état d’urgence, la criminalisation de la jeunesse française et immigrée des quartiers populaires, et réduire à 14 ans l’âge réel de la scolarité obligatoire. En moins d’un an, ce gouvernement a décidé que la jeunesse dans toutes ses composantes était sa cible principale. En moins d’un an il aura réprimé à tout va sans jamais apporter une réponse face au chômage et aux interrogations du lendemain dans un pays où le chômage des jeunes ne cesse de croître et où l’emploi précaire est déjà la seule porte d’entrée dans le monde du travail pour des milliers de jeunes

Aujourd’hui les étudiants se mobilisent. Nombre d’entre eux étaient lycéens l’an dernier et manifestaient déjà contre les projets rétrogrades de Fillon.

Oui, il en faut du courage pour continuer, malgré la défaite face à Fillon, à se mobiliser contre ce qu’il faut bien appeler : « la précarisation de nos vies ».

La fédération des syndicats SUD éducation s’associe à la lutte des étudiants et soutient pleinement l’organisation de la lutte des étudiants par les étudiants eux-mêmes. Par cette auto-organisation, lycéens et étudiants montrent un souci aigu des pratiques démocratiques dans leur lutte. C’est donc à la fois la détermination et la manière de faire des jeunes qui doit montrer la voie à tous les salariés (privé et public réuni) et à leurs organisations syndicales.

Le combat contre le CPE n’est pas seulement le combat de la jeunesse, il est le combat de toutes et tous. Le CPE, après le CNE, avant le contrat senior ou le contrat de « l’immigré jetable et précaire à vie » prévu par Sarkozy, s’inscrit dans la casse programmé de l’ensemble de droits du travail et des salariés acquis par les luttes de nos parents, grands et arrières grands parents.

Le Conseil fédéral des syndicats SUD éducation,

réuni à Paris le 9 et 10 mars 2006