Demain les chiens !

Élèves, enseignants, ça peut vous arriver demain !
samedi 29 novembre 2008

Communiqué de la fédération SUD éducation suite à l’intervention policière avec chien dans le Centre de Formation des Apprentis de la Chambre
de Métiers de Pavie (Gers). + témoignage d’un enseignant + témoignage d’un parent d’élève du collège de Marsiac + communiqué de la FCPE Gers ainsi qu’un courrier adressé par cette dernière aux autorités.

Des policiers, des gendarmes avec un chien pénètrent soudainement dans votre classe. Ils interrompent brutalement les cours, ils intimident les personnes présentes, ils ne répondant pas aux questions légitimes devant une telle intrusion, leur faisant craindre une morsure de l’animal. Le chien est lâché dans la classe, il sent sacs et élèves terrorisés, mord dans des sacs, les élèves propriétaires des sacs concernés sont obligés de sortir, leurs sacs sont vidés sans ménagement et les poches, trousses, stylos, doublures, chaussures, etc., sont inventoriés comme pour des criminels sans aucun respect pour l’intimité de chacun, les élèves eux mêmes sont fouillés sans pudeur.

Ces pratiques d’une terrible violence psychologique se multiplient dans des lycées, des CFA, des collèges même.

La plupart des élèves victimes sont mineurs.

Leurs parents n’ont pas été mis au courant de cette « stupéfiante » intrusion.

Les jeunes élèves en ressortent humiliés, traumatisés, diminués par la peur subie. Quelle confiance pourront-ils désormais avoir dans les adultes, dans l’école ?

Il est très inquiétant que des chefs d’établissement oubliant tous leurs devoirs éducatifs se laissent aller à collaborer à de telles pratiques répressives.

Après l’irruption policière dans les établissements scolaires à la poursuite d’enfants sans papiers, l’intrusion dans les classes à la recherche du moindre gramme de haschisch, jusqu’où iront les destructeurs de l’éducation nationale pour déstabiliser l’école et briser les efforts éducatifs quotidiens du plus grand nombre des enseignants ?

La fédération des syndicats SUD éducation condamne avec fermeté la violence répressive traumatisante exercée sur des jeunes dans le cadre scolaire en les faisant passer pour des délinquants potentiels.

La fédération rappelle que l’école doit être un lieu où les élèves doivent se sentir en sécurité pour pouvoir étudier, et que, face aux questions sociales auxquelles sont confrontés les jeunes, l’éducation, le respect et la confiance peuvent seuls permettre à des jeunes de se construire et de devenir responsables.

Fichage général des élèves (et de la population), violences contre les élèves et les adultes (parents et professeurs) dans les mouvements sociaux, intimidation permanente contre les jeunes (en particulier issus de l’immigration), maintenant intimidation des élèves jusqu’en ce lieu très intime qu’est la classe !

Jour après jour se poursuit la fabrication de la peur et de la méfiance. Toute société cohérente, où chacun puisse trouver sa place, en est détruite. C’est le projet éducatif et socialement constructif même de l’Éducation nationale qui est visé.

À nous, personnels de l’Éducation nationale, élèves, parents, citoyens responsables, de nous rassembler pour dénoncer, refuser toute intrusion violente des forces de police dans les établissements scolaires.

Demain les chiens ?


Témoignage d’un enseignant de l’école des métiers du Gers

L’Etat policier est dans nos classes

On lâche les chiens policiers sur les élèves dans les classes

Lundi 17 novembre 2008, 10h. 30, Ecole des Métiers du Gers. Descente musclée de la gendarmerie dans les classes. Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail 4 gendarmes décidés, accompagnés d’un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement.

Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent.

Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs.

Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! »

Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun évènement particulier dans l’établissement ne justifiait une telle descente.

La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent. Ils m’interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l’abattoir sans réagir : l’effet surprise laisse sans voix, l’effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes.

Ensuite, dans la journée, je m’étonne de ne lire l’indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l’intervention normale, d’autres souhaitable.

Je me dis qu’en 50 ans (dont 20 comme prof), je n’ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l’assaut d’une idéologie dure.

Ce qui m’a frappé, au-delà de l’aspect légal ou illégal de la démarche, c’est l’attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n’y a que des garçons, les félicitant d’avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n’auraient pas agi autrement. C’est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu’ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d’un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes.

Mercredi 19 novembre 2008


Un autre témoignage reçu d’une personne qui a reçu le premier récit.

Il s’est passé la même chose au collège de Marciac cette semaine. Ma fille (13ans) inscrite en quatrième m’a dit que des gendarmes avaient fait irruption dans leur cours demandant aux élèves de mettre leurs sacs bien en vue dans la rangée sans toucher à quoi que ce soit dedans. Ils ont ensuite demandé à chacun de poser leurs mains bien en vue sur les tables et de ne surtout pas bouger à cause du chien qui pouvait être dangereux. Le chien est ensuite passé dans les rangées pour renifler les sacs. Seule chose amusante, c’est qu’il s’est excité sur le sac d’une petite fille qui contenait des gâteaux et des bonbons. Mais chose tracassante, la petite fille a été obligée de vider tout son cartable devant la classe et s’est sentie fort humiliée, car la démarche même de ces gendarmes l’ont faite se sentir coupable de quelque chose.

C’est minable et déplorable. Et ce qu’il est le plus c’est que je pense que l’on va de plus en plus assister à ce genre de pratiques dictatoriales.


Communiqué et courrier de la FCPE Gers

PDF - 26.6 ko
courrier FCPE Gers
PDF - 25.5 ko
communiqué FCPE Gers

Documents joints

courrier FCPE Gers
courrier FCPE Gers
communiqué FCPE Gers
communiqué FCPE Gers

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Brèves

MANIFESTER, UN DROIT FONDAMENTAL

lundi 20 juin 2016

Amalgame, enfumage et dérive autoritaire, les postures à la Ubu ne parviennent pas à masquer l’illégitimité du projet de loi Travail.

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- 23 juin : communiqué intersyndical.
- Manifester : éducation civique.
- Interdiction ? Une pétition.
- Si le gouvernement persiste : communiqué LDH.
- M. Valls & les manifs : Solidaires sur France Culture.
- Heures sombres : Observatoire de la Discrimination et de la Répression Syndicales.
- Inversion des responsabilités : communiqué Solidaires.
- 23 juin et 28 juin, mobilisation ! Intersyndicale.

25 mai - Rassemblement de soutien

mercredi 25 mai 2016

Pour les personnes interpellées au local de la CNT le 20 avril dernier, un rassemblement de soutien est prévu :

mercredi 25 mai 2016
13h30 devant le TGI de Lille

(avenue du peuple belge)

CNT : rassemblement de soutien

vendredi 22 avril 2016

Ce mercredi 20 avril, la police a assiégé le local de la CNT Lille puis a arrêté deux militants. Ils passent en comparution immédiate ce vendredi 22 avril, au TGI, avenue du peuple belge. Un rassemblement de soutien est prévu à partir de 13h30.

→ Lire notre communiqué.

Indymedia en procès pour diffusion d’informations sur la situation calaisienne

mercredi 24 octobre 2007

Le procés contre la diffusion d’information sur les violences policiéres contre les réfugié-e-s calaisien a eu lieu le 18 octobre. Le procureur demande 1000€ avec sursis pour l’ancien membre de indymedia, la relax pour les 4 militants de l’association Salam et 1500€ ferme pour Zetkin... le jugement sera donné jeudi prochain. contre rendu d’audience, et résultat à venir.

Pour revoir le dossier

Le bulletin n°57 (oct. 2007) RESISTONS ENSEMBLE est sorti

mercredi 10 octobre 2007

"Voici en pdf, le No 57, OCTOBRE 2007, du petit journal mobile
recto-verso A4 "RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences
policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être
diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à
participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de
rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques ...

à bientôt.
L’équipe de réaction"

AU PROGRAMME :
ADN, le test qui cache la forêt

- ADN, le test qui cache la forêt
- Résistances
- Le droit à la glandouille

- [ S U R L E V I F ]
« Y’en a marre de la violence des flics »

- [ A G I R ]
Réunion publique sur la police technologique
Pas de répit pour le Tazer

- [C H R O N I Q U E D E L ‘A R B I T R A I R E]
Les CRS violeurs et la loi
CRS blessés aux Tarterêts : pas de « guet-apen », mais 8 ans de prison
Mort dans un commissariat : santé fragile ? Ou...
Entretien La Rumeur
Lyon : 18 mois de taule pour un ticket de bus
Lyon : coup de massue de la cour d’appel
Morte, défenestrée
La traque, barbarie étatique et torture morale
Et encore...
Délation à tous les étages
Lyon : menaces sur la directrice de Cabiria

Le bulletin n°56 (sept. 2007) RESISTONS ENSEMBLE est sorti

dimanche 9 septembre 2007

Il est consultable en ligne ici

Au programme :

- Les « délinquants » sont des « fous » et les « fous » sont des « délinquants »

- Véflic
- La prochaine AG du rézo Résistons Ensemble...

- [ A G I R ] (Comité de vigilance du quartier des Amandiers ; Défendons La Rumeur ! ; Non à l’extradition de Marina Petrella

- [ S U R L E V I F ]

- [C H R O N I Q U E D E L ‘A R B I T R A I R E]

18 juin 10h : rassemblement devant le TGI soutien aux sans paiers interpellés le 15 juin

dimanche 17 juin 2007

25 des sans-papiers interpellés vendredi lors de l’occupation
de l’espace international (espace patronal) passeront
lundi matin au TGI. Le reste a été libéré.

Pour plus d’infos, voir http://lille.indymedia.org/spip.php?article9419

Rassemblement lundi à 10h devant le TGI !!!

TGI : avenue du peuple belge, Lille

18 Avril au CCL 18h30 : Violences à Calais - Procès Indymedia Lille

dimanche 15 avril 2007

CCL : 4 rue de Colmar à Lille, M° porte des postes

Pour voir le programme de la soirée

pour des infos sur le procès : deux articles le plus récent et le communiqué initial

le n°52 de Résistons ensemble est sorti

mardi 10 avril 2007

Il est téléchargeable sur leur site : http://resistons.lautre.net/

le n°50 de Résistons ensemble est sorti

mardi 13 février 2007

Il est téléchargeable sur leur site : http://resistons.lautre.net/