Tunisie : Report du procès en appel de Gafsa : parodie de justice dans une dictature policière 13 janvier 2009

Témoignage des observateurs internationaux présents au procès
samedi 17 janvier 2009

Rapport du procès de militants de Gafsa (Tunisie) qui ont participé à l’une des plus fortes mobilisations sociales tunisiennes. Ce résumé du rapport a été réalisé par un camarade de SUD éducation membre de la délégation internationale de soutien.

Pour rappel, à partir de janvier 2008, la population du bassin minier de Gafsa au Sud Ouest de la Tunisie a mené, pacifiquement et dans la dignité, une importante révolte sur fond de grande pauvreté, de chômage endémique et de flambée des prix. Elle protestait aussi contre la corruption et pour le droit au travail et au développement local, réclamait l’ouverture de négociations pour l’avenir de la région. lire le communiqué intersyndical publié en octobre 2008

La délégation internationale qui s’est rendue au procès était composée de trois algériens du SNAPAP (Santé), de trois marocains représentant la CDT, l’ODT (Education) et une association d’avocat, d’un avocat français représentant la FIDH, de la CNT, de la FSU et de SUD éducation ainsi que de la députée PC Eliane Assassi.

Le procès en appel des 38 inculpés a commencé le mercredi 13 vers 10h(1) . La présence policière était impressionnante dans l’ensemble de la ville et surtout aux abords du tribunal.

Sur les 38 inculpés, trois n’étaient pas dans la salle : deux sont à l’étranger, un journaliste et M. Cherbib, accusés pour avoir diffusé les informations à l’étranger. Le troisième est atteint de tuberculose, son état ne lui permettait pas d’être présent, il est hospitalisé mais la police a beaucoup tardé pour lui accorder des soins et laisser des médecins l’approcher, comme pour l’ensemble des accusés dont l’état de santé s’est dégradé, en raison surtout des tortures qu’ils ont subies (2 . Bechir Labidi a perdu vingt kilos et une partie de ses dents, son état est très critique.

L’Union Générale des Travailleurs Tunisiens n’était pas présente au procès, seuls quelques syndicalistes locaux ont pu entrer, ceux qui venaient de Redeyef ont été refoulés, ainsi qu’un militante de Gafsa, agressée par l’un des chefs de la police locale récemment et la femme de l’un des inculpés. De plus, près de 80 avocats se sont constitués pour la défense, dont deux marocains venus exprimer leur solidarité avec les accusés. Ils ont pu plaider, profitant des imprécisions du code pénal tunisien. La plupart des avocats sont membres de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, deux ont été envoyés par l’UGTT.

Les avocats ont demandé le report du procès en raison des invraisemblables et innombrables entorses au droit tunisien lui-même relevées lors du procès : les pièces à convictions (des cd de « propagande », des bâtons...) n’ont jamais été présentés ! Le premier jugement entérinait d’ailleurs la destruction de ces pièces, mais l’appel est heureusement suspensif. Les accusés n’ont pas pu s’exprimer, les témoins aussi bien de l’accusation que de la défense n’ont pas été présentés non plus, les avocats ont relevé de nombreux vices de forme : PV antidatés ou truqués pour des accusés... qui n’étaient pas sur les lieux au moment des faits ! Les avocats, de plus, n’ont pas pu rencontrer la plupart des accusés avant le procès. Ils demandaient également que les accusés puissent bénéficier de soins, soient regroupés dans une seule prison (ils sont actuellement dispersés dans trois prisons pour multiplier les difficultés pour les avocats) et enfin que les familles puissent exercer leur droit de visite, lui-aussi bafoué jusqu’à présent... Enfin, plus important encore, ils demandaient, pour toutes ses raisons – une seule aurait suffit hors d’une dictature policière – la remise en liberté de tous les accusés.

Le tribunal a finalement reporté le procès en appel au 3 février, ce dont les avocats se sont félicités, mais a refusé de donner suite à toutes les autres demandes de la défense.

Il s’agit sans conteste d’un procès politique, la Tunisie n’a pas connu un tel mouvement, aussi long, depuis bien longtemps. Le pouvoir joue beaucoup dans ce procès, il craint que la protestation ne s’étende et sait que ce mouvement est mené par des militants et des populations qui estiment ne plus rien avoir à perdre (rappelons que dans la région, le taux de chômage est deux à trois fois supérieur au national qui est déjà de près de 15%). Le pouvoir craint aussi que les échos de ces exactions ne montent en puissance à l’étranger. Une campagne de propagande a été entamée dans la presse nationale pour dénoncer les « ingérences étrangères » dans les affaires tunisiennes ainsi que leur « relent de colonialisme » !

La présence d’une délégation étrangère au procès du 3 février est primordiale pour toutes ces raisons.

La fédération des syndicats SUD éducation réaffirme son soutien total aux inculpés et exige leur libération immédiate et leur réintégration dans leurs postes !


1 Lors du procès, ont été rendus des jugements exorbitants : jusqu’à 10 ans de prison ferme contre les militants syndicalistes Adnane Hajji, Bechir Labidi, Taïeb Ben Othman, Tarek Hlimi, Adel Jayyar, Hassan Ben Abdallah et Maher Fejraoui. En dehors de cinq accusés, tous les autres ont écopés de deux à six ans de prisons. retour à l’article

2 L’un des rares avocats qui ont pu voir les détenus a pris des photos explicites des séquelles des violences policières qu’ils ont subis et a demandé à ce qu’elles soient versées au dossier. retour à l’article


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Brèves

SOUTIENS INTERNATIONAUX CONTRE LA LOI TRAVAIL

mardi 14 juin 2016
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De nombreux soutiens internationaux à la lutte que nous menons contre la rétrograde loi Travail nous sont parvenus, parmi lesquels ceux de :

la Confederacion Intersindical (Espagne) ; l’ODT (Maroc) ; le Réseau syndical international de solidarité et de luttes et le réseau Rail Sans Frontière (Solidarité internationale) ; les organisations en lutte contre la loi Peeters (Belgique) ; les ouvriers de l’usine autogérée VIO-LE (Grèce) ; la région Genève du SSP (Suisse) ; CUB, SICOBAS USI-AIT, SGB, Fronte di lotta No Austerity (Italie), avec une manifestation de soutien USI, CUB, UNICOBAS, SI-COBAS, ASBEL-CNL, SGB, il sindacato è un’altra cosa – Opposizione CGIL à Rome ; Palestinian Postal Service Workers’ Union (Palestine) ; CSP Conlutas (Brésil), avec un rassemblement de soutien à Sao Paulo ; Ver.di, avec une initiative de solidarité à Hambourg (Allemagne) ; CGTP-IN (Portugal) ; Kesk, syndicat du service public (Turquie) ; plusieurs organisations à San Francisco (Californie).

Ce soutien ne se dément pas, qu’il vienne d’Espagne, de Portugal ou de Belgique.

Actualité internationale, soutiens, photos, vidéos, sur le site de Solidaires.
Solidarité internationale contre la loi Travail (vidéo, 28 avril).
Soutiens internationaux (liens, 28 avril).

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Belgique, le 24 mai

Lisez le Bulletin international.

L’International est en ligne

samedi 7 mars 2015

Le bulletin international

Le bulletin international de la fédération SUD éducation est désormais disponible en ligne.

Des livres pour Rojava

mercredi 25 février 2015
Des livres pour Rojava

Le Rojava ou Kurdistan de l’Ouest se trouve dans le nord-est de la Syrie. En novembre 2013 un gouvernement d’autonomie démocratique y a été proclamé. Il défend l’autogestion, l’émancipation des femmes, l’anti-capitalisme et l’écologie politique. En septembre 2014, une académie de Mésopotamie a été ouverte. Une campagne pour fournir sa bibliothèque a été lancée par les étudiant-es sur place, relayée par Solidaires étudiant-es et l’Union syndicale Solidaires.

L'appel «Des livres pour Rojava» de Solidaires étudiant-e-s

Contre la loi du bâillon de l’Etat espagnol !

jeudi 29 janvier 2015

Dans ce pays où selon une enquête récente de l’UNICEF 30% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté, le mouvement social et syndical est frappé par une répression étatique rappelant les heures sombres du franquisme.

Pour faire face à cette réalité, un réseau solidaire anti-répression a été mis en place à l’initiative de plusieurs syndicats de lutte (CGT, LAB, CUT, Solidaridad Obrera, Confédéracion Intersindical, ASSI).

Un guide anti-répression édité par ces syndicats montre l’étendue de la répression. Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, que l’Union syndicale Solidaires a contribué à fonder, appelle à la solidarité internationale.


No pasarán !


→ Contre la Loi Mordaza, sur le site du Réseau syndical international de solidarité et de luttes ;
→ Le communiqué du Réseau, sur le site de l’Union syndicale Solidaires ;
Pretenden amordazarnos ! sur le site de nos camarades de la CGT - E

Appel à un rassemblement de solidarité avec les syndicalistes autonomes algériens (12 février, 13h00 devant le consulat d’Algérie)

mardi 12 février 2008

En soutien aux organisations syndicale de la Fonction Publique algérienne non inféodées au pouvoir qui organise une grève du 10 au 12 février en Algérie contre la faiblesse des salaires, la précarité et la répression. Rassemblements en France le mardi 12 février (13h00 à Lille devant le consulat d’Algérie, rue de Solférino)

Lire l’appel

projection de film en soutien à Oaxaca au CCL le 22/12 à 20H

vendredi 15 décembre 2006

21/12 projection de film en soutien à Oaxaca au CCL [20H]

films de l’appo + discut

CCL 4 rue de colmar / 59000 lille métro porte des postes

plus d’info ici : 21-22/12 action en soutien à Oaxaca sur Lille

rassemblement en soutien aux insurgé-e-s de Oaxaca 21/12 à 18H

vendredi 15 décembre 2006

rassemblement en soutien aux insurgé-e-s de Oaxaca 18H

rendez vous à 18H le 21 décembre place de la république

plus d’info ici (article Indy media lille) : 21-22/12 action en soutien à Oaxaca sur Lille