En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à la Réunion, et ici aussi Solidarité et Grève Générale contre l’exploitation patronale ou coloniale.

mercredi 11 mars 2009
par  permanence

Pendant 44 jours, la Guadeloupe a connu une grève générale contre la « pwofitasyon ». Cette mobilisation massive était appelée par le LKP qui réunit un ensemble d’organisations syndicales et associatives. Face aux justes revendications des Guadeloupéen-nes pour la baisse des prix, l’augmentation des salaires, contre le racisme à l’embauche, pour plus de justice sociale, de meilleurs services publics... l’État, entre fausses promesses et répression brutale, a longtemps préféré faire le jeu de la caste de la bourgeoisie blanche, les Békés. Ne représentant que 1 % de la population, ceux-ci détiennent plus de la moitié des terres, toutes les grandes surfaces, etc. Il a fallu que le mouvement se durcisse encore après plus de trois semaines de lutte et qu’un syndicaliste, pris pour un flic, soit abattu pour que de réelles négociations reprennent. Une accord sur les salaires est intervenu fin février, et le 5 mars, un accord était signé entre le LKP, l’État et les collectivités territoriales pour réduire les prix et améliorer le pouvoir d’achat. Cependant, aujourd’hui encore, la CGPME et le MEDEF locaux refusent toujours de participer aux augmentations de salaire de celles et ceux qu’il a honteusement exploités malgré les nombreux cadeaux fiscaux octroyés au patronat. Cela étant, il y avait bien longtemps que des travailleurs/ses n’avaient réussi à imposer leurs revendications, prouvant par là même que seul un véritable rapport de force peut permettre d’améliorer nos vies.

La situation étant à peu près la même dans toute l’Outre Mer, il n’est donc pas surprenant que la révolte s’y répande. En Martinique, le « collectif du 5 février contre la vie chère et pour l’emploi » a annoncé un « renforcement de la mobilisation » alors que la grève générale en Martinique est en cours depuis plus d’un mois. Les négociations restent bloquées sur la hausse des salaires. La tension monte désormais et, comme en Guadeloupe, la responsabilité de l’État est évidente. En Guyane, la période de 3 mois pour laquelle la réduction sur les prix des carburants était appliquée se terminant début mars, la mobilisation de la fin 2008, majoritairement initiée par les entreprises, est en train de montrer ses limites. Un collectif intersyndical a rédigé une plate-forme revendicative très complète et prépare des actions en mars pour les faire aboutir. Une première mobilisation s’est déroulée le 20 février dernier et un processus plus large est lancé depuis le 5 mars. A la Réunion, le collectif « COSPAR » (Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de la Réunion) continue à recevoir le renfort de nombreux syndicats, associations, et partis, et le mouvement, de fond, est en train de se construire. La grève générale est entamée depuis le 5 mars et les manifestations sont massivement suivies.

Ici et là-bas, l’Union syndicale Solidaires est active et solidaire auprès de celles et ceux qui luttent. Elle est d’ailleurs l’une des rares organisations syndicales de « métropole » à avoir réellement soutenu la mobilisation. Elle a d’ailleurs été largement partie prenante des rassemblements et manifestations de soutien à celles et ceux qui luttent « outre mer ». Dans la région, les premiers « samedi de la colère » initiés par l’espace de convergence interprofessionnelle ont été organisés en soutien aux grévistes des Antilles et pour poursuivre la mobilisation du 29 janvier. Ils ont été de plus en plus suivis.

Bien sûr, l’exploitation coloniale n’est pas présente en « métropole », mais là-bas comme ici, c’est la même loi patronale qui s’abat, et elle rejaillit sur les discriminations ethniques ou sexuelles. En cette période de « crise », les cadeaux sont toujours pour le patronat et les plus riches, jamais pour les travailleurs/ses et les classes populaires. Un récent sondage réalisé par l’Ifop a d’ailleurs montré que 63 % des personnes interrogées pensaient que le mouvement pouvait se propager en métropole.

Ne payons pas leur crise, construisons la grève générale pour l’amélioration de nos vies.


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