Formation des enseignants : repli tactique de Darcos

communiqué de la fédération des syndicats SUD éducation
dimanche 5 avril 2009

Le Ministre vient de publier un communiqué de presse (31 mars 2009 ) suite à ses consultations avec des syndicats. Ce communiqué fait état de reculs par rapport à ses annonces de septembre 2008, mais il s’agit uniquement de reculs de façade, une tactique pour tenter de calmer les opposants à ses projets de destruction de la formation professionnelle des enseignants.

En septembre 2008, le ministre annonçait une réforme de la formation des enseignants qui devait se mettre en place en septembre 2009, avec des points forts :

− fin des IUFM et formation dans les universités avec obligation d’être titulaire d’un master pour pouvoir être enseignant.

− Concours simplifié, avec deux épreuves écrites et deux épreuves orales pour tous les concours

− obligation pour les universités de déposer des maquettes de master le 15 février 2009 pour une mise en oeuvre des masters début 2009

− les étudiants reçus au concours seraient à 100% dans une classe l’année de stage, avec l’accompagnement épisodique d’un enseignant expérimenté

Très vite, les IUFM, les universités ont été le lieu de débats, de critiques de ce projet de réforme. Des appels nationaux (états généraux de la formation le 4 octobre, appel du 8 novembre...), des syndicats, des coordinations ont dénoncé le caractère précipité de la réforme et ont mis l’accent sur la dégradation qu’elle entraînerait, ainsi que sur les dangers qu’elle faisait porter sur le recrutement par concours et le statut de fonctionnaire des enseignants. SUD éducation a été partie prenante des critiques portées contre la réforme et a mis en avant ses propositions.

Suite aux actions nombreuses et massives dans les universités et les IUFM, les ministres en charge du dossier ont annoncé le report d’un an de la mise en place du nouveau concours. Ils ont aussi admis que les étudiants préparant la session 2010 du concours soient juste titulaires d’une licence et puissent préparer en IUFM. Il s’agit d’un recul de façade.

Ils n’ont reculé sur rien : les étudiants reçus en juin 2010, s’ils ne sont pas titulaires d’un master 2, ne garderont le bénéfice du concours que s’ils obtiennent le master 2 en 2011. Les étudiants inscrits en IUFM à la rentrée 2009 seront considérés comme inscrits en M1 : c’est la disparition à court terme des IUFM qui est annoncée par le Ministre.

Le Ministre fait donc comme si des maquettes de master allaient être mises en place par les Universités : il n’a reculé sur rien. Quant au temps de formation pour les nouveaux enseignants, Darcos est toujours aussi vague : A la rentrée 2010, un tiers de l’obligation de service des nouveaux enseignants, recrutés lors de la session 2010 des concours, sera consacré à une formation continue renforcée, prenant la forme d’un tutorat et d’une formation universitaire à visée disciplinaire ou professionnelle. Le tutorat était déjà annoncé dès septembre, c’est ce qu’il veut : privilégier la transmission de recettes pédagogiques par des enseignants modèles désignés par les inspecteurs.

Nos revendications restent inchangées : la formation des enseignants doit se faire dans un institut spécialisé, le concours de recrutement doit être passé au niveau de la licence pour ne pas aggraver le tri social déjà à l’œuvre et permettre une véritable formation professionnelle des stagiaires (un statut, une rémunération,une cotisation pour la retraite)

Le projet Darcos –Pécresse et ses modifications successives et dérisoires non seulement ne manifeste aucune ambition réelle pour le service public d’Education et ses personnels mais au contraire prépare l’éclatement de la fonction publique dans l’Education en quelques années, le moins –disant salarial, la précarité généralisée des étudiants et des personnels. Quant à la formation des enseignants, au moins elle coûtera, au mieux ce sera pour ce gouvernement qui trouve, quand il veut, pour qui il veut, des millions.

La lutte ne doit pas s’arrêter avec de vagues promesses, il faut un vrai retrait de la réforme, pas un simple report. Elle n’est pas amendable.

Pas de négociations à la marge sur le dos des étudiants et personnels en lutte. Stop aux manœuvres d’antichambre !

Fédération SUD éducation

Saint-Denis,le 4 avril 2009


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Brèves

Déclaration au CSE

vendredi 18 septembre 2015


→ Lisez la déclaration au CSE
(Conseil supérieur de l’éducation)
de la fédération SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires.

Le panneau syndical

lundi 23 mars 2015
Le panneau de la fédération
de mi-février 2015.

9 avril, une grève interprofessionnelle, enfin ! - Austérité, l’éducation n’y coupe pas

Le panneau syndical

mercredi 11 février 2015
Le panneau de la fédération
de début février 2015.

Après les attentats, l’école mise au pas - Pour la réintégration de F. Chazerans (pétition) - Luttes : prioritaire, dotations, moyens...

ÉLECTIONS PRO 2014 - APPEL À TÉMOIGNAGES

lundi 9 février 2015

Les élections professionnelles 2014 ont été le théâtre d’un très grand nombre d’irrégularités. Opposée au vote électronique en raison notamment de l’absence de garanties et de contrôle, la fédération SUD éducation a produit des recours.

Si vous avez eu des difficultés pour voter, ou si vous connaissez des personnes qui en ont eu, contactez-nous au plus vite : sudeduc5962@wanadoo.fr / 03 20 55 99 29.

Appel à témoignages : lire notre article, ou l’appel fédéral.

Tous les résultats sont ici.

Personnels sociaux : un an sans aucune avancée !

jeudi 5 février 2015

Le 3 février 2014 débutait le groupe de travail Métiers n°12 du ministère de l’éducation nationale et de la recherche consacré aux personnels sociaux.

Un an après, on ne peut que constater l’absence totale d’avancées concrètes. Les circulaires du ministère n’améliorent en rien les conditions de travail des personnels ou la prise en charge des élèves.

L’intersyndicale dénonce unanimement l’inconséquence du ministère sur les questions sociales et de santé : la déclaration intersyndicale du 27 janvier 2015.

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samedi 20 décembre 2014

Vous pouvez vous inscrire à une liste de diffusion électronique pour recevoir des informations de SUD éducation : le formulaire est ici.

Communiqué de la Fédération des syndicats SUD éducation

vendredi 17 mars 2006

St Denis, le 17 mars 2006

Communiqué

La fédération des syndicats SUD éducation tient à saluer le courage des lycéens, des étudiants et de toute la jeunesse mobilisée contre le CPE. Il faut effectivement du courage pour lutter face à un président et face à un gouvernement qui, depuis des mois, ne veulent rien entendre.

Des mobilisations contre la réforme des retraites à celles contre la loi Fillon pour l’école en passant par le non au traité libéral européen, à la lutte contre la privatisation d’EDF et plus largement de l’ensemble des services publics, les réponses de Chirac, Raffarin puis Villepin sont toujours les mêmes : ils gardent le cap de la régression sociale.

Face à la jeunesse de ce pays, ce gouvernement aura organisé la répression contre les lycéens, engagés contre la loi Fillon dans une lutte qui aurait mérité davantage de soutien syndical, au printemps 2005. Ensuite en novembre 2005 il aura organisé la violence policière quotidienne contre l’exaspération de la partie de la jeunesse la plus précarisée. Il se sert ensuite de cette crise des banlieues dont il est largement responsable pour décréter l’état d’urgence, la criminalisation de la jeunesse française et immigrée des quartiers populaires, et réduire à 14 ans l’âge réel de la scolarité obligatoire. En moins d’un an, ce gouvernement a décidé que la jeunesse dans toutes ses composantes était sa cible principale. En moins d’un an il aura réprimé à tout va sans jamais apporter une réponse face au chômage et aux interrogations du lendemain dans un pays où le chômage des jeunes ne cesse de croître et où l’emploi précaire est déjà la seule porte d’entrée dans le monde du travail pour des milliers de jeunes

Aujourd’hui les étudiants se mobilisent. Nombre d’entre eux étaient lycéens l’an dernier et manifestaient déjà contre les projets rétrogrades de Fillon.

Oui, il en faut du courage pour continuer, malgré la défaite face à Fillon, à se mobiliser contre ce qu’il faut bien appeler : « la précarisation de nos vies ».

La fédération des syndicats SUD éducation s’associe à la lutte des étudiants et soutient pleinement l’organisation de la lutte des étudiants par les étudiants eux-mêmes. Par cette auto-organisation, lycéens et étudiants montrent un souci aigu des pratiques démocratiques dans leur lutte. C’est donc à la fois la détermination et la manière de faire des jeunes qui doit montrer la voie à tous les salariés (privé et public réuni) et à leurs organisations syndicales.

Le combat contre le CPE n’est pas seulement le combat de la jeunesse, il est le combat de toutes et tous. Le CPE, après le CNE, avant le contrat senior ou le contrat de « l’immigré jetable et précaire à vie » prévu par Sarkozy, s’inscrit dans la casse programmé de l’ensemble de droits du travail et des salariés acquis par les luttes de nos parents, grands et arrières grands parents.

Le Conseil fédéral des syndicats SUD éducation,

réuni à Paris le 9 et 10 mars 2006