MOBILISATION DE LA COORDINATION DES PROFESSEURS DE PHILOSOPHIE

En lutte contre la dégradation des conditions de correction
vendredi 5 juin 2009

Il y a seulement dix ans, l’épreuve de philosophie du baccalauréat avait lieu avant le 10 juin.

Depuis trois ans les conditions de correction de l’épreuve de philosophie du baccalauréat se sont sérieusement dégradées :
le délai de correction a été réduit d’une semaine, alors que le nombre total de copies est resté le même et que le nombre de correcteurs/trices s’est amoindri du fait des suppressions de postes.

C’est notamment une conséquence de la désastreuse politique dite de "reconquête du mois de juin", qui se fait au collège comme au lycée au détriment des délais d’inscription des élèves pour l’année suivante, des périodes dévolues aux révisions mais aussi de la qualité de correction des épreuves.

La Coordination entend étendre le mouvement de protestation à l’ensemble des correcteurs/trices du baccalauréat voire du brevet, qui sont tou-te-s concerné-e-s par l’organisation de la dégradation des conditions de travail et d’examen.

En effet, il ne faut pas faire un grand effort pour soupçonner qu’il s’agit du prélude à l’extension progressive du contrôle continu pour les examens et à la remise en cause des diplômes nationaux.

En 2006 et 2007, des pétitions ont été déposées dans l’académie de Lille. En juin 2008, la restitution des notes a été collectivement différée dans plusieurs académies (dont Lille). En septembre dernier, une lettre-pétition a été déposée auprès du ministre, suivie d’une audience. Pour l’académie une autre audience a été sollicitée et obtenue auprès du rectorat.

Une lettre a été récemment adressée à Monsieur le Recteur pour annoncer la poursuite de la mobilisation si les revendications ne sont pas satisfaites.

Nous reproduisons ci-dessous l’intégralité de ce courrier, que vous pouvez aussi télécharger.


La Coordination des Professeurs de Philosophie
du Nord et du Pas-de-Calais
philleweb@free.fr

c/o S.N.E.S., S3 de Lille
209 Rue Nationale
59000 Lille

c/o SUD éducation 59/62
84 rue de Cambrai
59000 Lille à Monsieur le Recteur
de l’Académie de Lille

Monsieur le Recteur,

Nous attirons depuis trois ans votre attention sur la dégradation des conditions dans lesquelles s’effectue pour les professeurs de philosophie leur mission de correcteurs du baccalauréat : deux pétitions réunissant plus de 150 signatures en 2006 et 2007 dans l’académie de Lille ; une restitution collectivement différée des notes en juin 2008 dans les académie de Lille, Nice, Rouen, Strasbourg, Paris, Créteil et Versailles ; en septembre dernier, une lettre-pétition envoyée à Monsieur Darcos, Ministre de l’Éducation Nationale, suivie d’une audience sollicitée et, à l’automne, obtenue auprès de vos services.

Notre demande avait été clairement articulée en trois points : le retour à l’échelonnement des épreuves qui avait longtemps prévalu et dans lequel la philosophie était une épreuve anticipée de plusieurs jours, un calendrier du bac globalement avancé et des maxima de copies, par correcteur et par séries, respectueux de nos conditions de travail. Rappelons que nous avions avancé les chiffres de 8 copies par jour en L, 10 en S et ES et 12 en série technologique : le nombre de journées ouvrées ne dépassant pas le ratio de 5 jours sur 7, c’est-à-dire de 9 jours sur 12 jours 1/2.

Or le calendrier des épreuves et nos ordres de mission pour la session de Juin 2009 font apparaître que nous n’avons été entendus sur aucun des trois points ; pire, qu’on a accentué, au nom de la désastreuse politique de « reconquête du mois de juin », les causes de désorganisation :

- en retardant encore le début des épreuves ;
- en minorant encore d’une journée les délais de correction en contradiction avec le BO n°3 du 15/01/09 : « les épreuves du bac commenceront un peu plus tard qu’en 2008, le temps laissé aux correcteurs restant, selon les disciplines, identique voire légèrement supérieur. »
- en s’éloignant toujours davantage d’une répartition rationnelle et équitable des lots de copies, dysfonctionnement renforcé par la politique de suppression massive de postes d’enseignants et, de facto, par la diminution du nombre de correcteurs.

Devant ce constat nous sommes conduits à demander :

— la restitution des notes différée de 1 jour et demi, soit jusqu’au vendredi 4 juillet, à 18h ;
— la réévaluation des lots de copies, telle que celle-ci ne puisse donner lieu à aucun excédent eu égard aux maxima déjà discutés ;

Nous vous informons que :

— Nous rendrons publique cette lettre, ainsi que la réponse que vous voudrez bien y apporter, aussi bien par voie de presse que par diffusion auprès des syndicats, des associations de parents d’élèves et des collègues des autres disciplines eux aussi pénalisés par ladite « reconquête du mois de juin » ;
—  Nous nous disposons, si nous n’étions pas entendus, à engager des actions dès les 18 et 19 juin : grève des surveillances, diffusion de tracts informant les candidats et leur famille de la dégradation d’année en année des conditions d’évaluation des épreuves, non prise en charge des copies excédentaires ;

Nous rappelons que :

Il y a quelques années encore le calendrier du bac garantissait à chaque correcteur le temps nécessaire pour lire et relire chaque copie, pour rencontrer ses collègues dans le cadre de plusieurs commissions d’harmonisation des notes, pour procéder à des recherches et élargir ainsi son interprétation des sujets en fonction des copies corrigées, de telle sorte que chaque candidat fût récompensé au mieux de ses efforts de réflexion et de composition.

Nous constatons que :

Plus rien de cela n’est possible aujourd’hui. Nous pensons que la dégradation des conditions d’évaluation est le signe d’un mépris grandissant dont le lycée et le baccalauréat font aujourd’hui l’objet. Nous voudrions au contraire défendre ce diplôme, premier grade universitaire français que d’autres pays nous envient. Nous observons que la suppression massive de postes d’enseignants sur tout le territoire appauvrit chaque année un peu plus l’offre éducative dans toutes les disciplines et entraîne une pénurie de correcteurs disponibles, en philosophie et dans toutes les matières.

Nous avertissons que :

Si la proclamation des résultats de la session de juin 2009 du baccalauréat devait être retardée, les candidats et les familles seraient dûment informés que nous n’aurions fait que défendre les conditions de notre travail d’évaluation qui seules peuvent garantir la valeur du diplôme.

Nous vous prions, Monsieur le Recteur, de bien vouloir croire en notre indéfectible engagement en faveur des principes fondamentaux de l’École de la République.

Par ordre alphabaétique, les premiers signataires (et les suivants), 59 au total :

Jeanne Abis, Stéphane Adamo, Jacques Capelle, Thierry Cattafesta, Lucie Chanu, Thierry Ciarot, François Dehoze, JF Dejours, Ophélie Desmons, Fabrice Dewolf, Anne Dubelloy, Stéphane Enjalran, Yann Flament, Marie-france Fovet, Fanny Hurel, Georges Gastaud, Claire et philippe Koenig, Colette Kouadio, Virginie Larteau, Christine Le Coent, Eva Lerat, Christian Louboutin, Claire Noble, Luc et Camille Peterschmitt, Florence Merceille, Nathalie Rubel, Hubert Sauvage, Michèle Vergeade, Olivier Verseau, Yann Vetter, Serge Zajac,
Jérôme Jardry, Alain Bienaimé, Gilles Lévêque, Jean-Luc Verhaeghe, Pauline Decelle, Caroline Chamoley, Eddy Quignon, Sylvie Lerat, Patrice Vanhamme, Sébastien Hoët, Frédéric Jacquet, Frédéric Rogalewicz, Nathalie Rubel, Bertrand Gibier, M.-D. Ville, Yvon Ducron, Laurent Bourhis, Cécile Wartelle, François Ide, M.-F. Fovet, Guillaume Lutz, José Bouchery, Elisabeth Touret, Gabriel Lavoix, Sylvie Devienne, Martin Doussau, Sophie Doussau


Documents joints

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Brèves

LOI TRAVAIL : motion de censure

vendredi 13 mai 2016

Une motion de censure dite citoyenne a été lancée, et Solidaires appelle à la signer massivement : http://motiondecensure.fr.

Victoire au lycée Picasso

dimanche 29 mars 2015

Le lycée Pablo Picasso d’Avion s’était fortement et unitairement mobilisé suite à l’annonce de la perte d’un demi-poste de CPE - alors que la situation du lycée rendait aberrante cette suppression décidée brutalement par le rectorat.

Les élèves et les personnels soutenu-es par l’intersyndicale CGT - SNES - SUD se sont notamment rassemblé-es devant le rectorat le jeudi 19 mars.

Un rassemblement qui avait belle allure, et rejoint par les adhérent-es de SUD éducation 59/62 réuni-es en AG sur Lille ce jour-là.

Selon nos sources, cette mobilisation est victorieuse :
le rectorat renonce à cette suppression de poste ! La lutte a payé...

Trop c’est trop !

mercredi 25 mars 2015

Le service social de l’éducation EN GRÈVE LE 2 AVRIL !(Communiqué intersyndical du 18 mars 2015)

La laïcité : un combat permanent

lundi 11 février 2013

Les écoles privées sous contrat scolarisent 18% des élèves, pourtant ces 5 dernières années l’enseignement public a supporté 96,6% des suppressions de postes contre 5% pour le privé. Le secrétaire national de l’enseignement catholique, Eric Delabarre, affirmait que l’on pourrait encore supprimer des postes, pourtant il ne propose d’en restituer aucun à l’école publique et en demande 5100 dans le calendrier pluriannuel annoncé par M. Peillon !
Le thème de la laïcité a tout simplement été oublié lors des concertations sur « la refondation de l’école », en revanche les représentants de l’enseignement catholique n’ont pas manqué d’être invités. Ainsi, l’État a, d’une part, donné priorité à un culte aux détriment des autres, et il a d’autre part ouvertement invité une église à participer à une réflexion sur l’école de la République. Pas étonnant après qu’Eric Delabarre (toujours le même) se
permette de ne pas respecter son devoir de neutralité lors du débat sur le mariage pour tous.
L’État, en assurant la rémunération des profs du privé, et les Collectivités Territoriales, en payant des forfaits pour le fonctionnement de ces écoles
(donc depuis la loi Debré de 1959 et ses multiples amendements), subventionnent donc largement l’enseignement privé sous contrat en contradiction avec la loi de 1905. Ces écoles, à la différence du
secteur public, perçoivent aussi des dons : 66% de leur montant sont un manque à gagner pour le fisc.
L’Observatoire de la Laïcité Scolaire en Haute Normandie a interrogé plusieurs mairies sur les forfaits qu’elles versent et a ainsi constaté que beaucoup subventionnent des
écoles maternelles alors qu’elles n’y sont pas obligées par la loi et que par ailleurs le montant de ces forfaits est calculé de façon erronée. Le respect
des modes de calcul peut amener à réduire de moitié les sommes versées par les CT aux établissements sous contrat ! En ces temps d’AUSTÉRITÉ,
ce n’est pas un détail.

Elections TPE 2012 : Faîtes voter Solidaires

lundi 19 novembre 2012

Entre le 28 novembre et le 10 décembre 2012, tout-e-s les salarié-e-s des entreprises de moins de 11 personnes, ainsi que les salarié-es de particuliers, voteront pour dire quel syndicat doit défendre leurs intérêts… et contribueront à déterminer, dans chaque branche et globalement, quel syndicat est représentatif.

Ils et elles ont beau être près de 5 millions, ces salarié-es n’éliront pas de délégué-e-s pouvant les représenter, les défendre, les assister face à aux employeurs, contrairement à tout-es les autres travailleurs-euses. L’Union syndicale Solidaires a demandé, en vain, que ces élections ouvrent des droits nouveaux pour les salarié-es : ni le gouvernement Sarkozy, ni le gouvernement Hollande n’ont donné suite.

L’absence d’activité syndicale dans la majorité de ces secteurs, le fait que ces élections ne donnent aucun droit aux salarié-es concerné-es, l’absence de vote physique, sont autant d’éléments qui vont conduire à un taux d’abstention important.
Le rôle de chaque syndiqué-e Solidaires est déterminant : même pour celles et ceux qui travaillent dans la fonction publique, nous avons toutes et tous des ami-es, de la famille, des voisin-es, qui travaillent dans des entreprises de moins de 11 salarié-es ou qui sont salarié-es de particulier. Du matériel de campagne (tract, affiches, flyers) est disponible dans les Solidaires locaux : cette campagne de proximité, par chaque adhérent-e, sera essentielle pour réussir cette élection.

Les capitalistes nous coûtent cher

lundi 19 novembre 2012

Vous trouverez ici un lien contenant un quatre-pages de Solidaires à diffuser au maximum.

Enquête sur la souffrance au travail

lundi 19 novembre 2012

L’Observatoire Syndical de la Souffrance au Travail organise une grande enquête sur la souffrance au travail dans le but de dresser une cartographie de la souffrance au travail principalement dans la région 59/62.

Ce questionnaire nous aidera également à mieux lutter contre les mécanismes mis en oeuvre par ces modes de management et d’exploitation des salariès et contre la détérioration des conditions de travail.
Les réponses que vous fournirez à ce questionnaires sont totalement anonymes

Répondre à ce questionnaire ne prend que quelques minutes . Merci de nous les consacrer pour nous aider dans ce combat contre la souffrance au travail.

Nous vous remercions à l’avance de votre participation.