VIRUS : les profs deviennent virtuels !

vendredi 9 octobre 2009

En cette période de grippe A, le gouvernement préconise de mettre en
place des outils informatiques en vue d’assurer la continuité pédagogique
en cas de fermeture d’établissements scolaires. Cette solution soulève un certain nombre d’interrogations.
Cela alourdit la charge de travail et rend l’enseignant-es corvéable à merci ; on connaît le côté chronophage d’internet. Cela suppose non seulement que tou-te enseignant-e soit équipé de matériel informatique mais surtout que les familles le soient également et que toutes aient accès à internet. Le risque est donc de pénaliser les familles les plus pauvres et d’introduire ainsi une inégalité supplémentaire. Qu’a-t-on prévu pour elles ? On crée, de fait, une rupture du service public d’éducation pour ces élèves.
D’autre part, certains élèves ont du mal à intégrer une consigne ou comprendre le contenu d’un texte en classe. Par quel miracle pourraient-ils le faire seuls à la maison ?
Enfin, plus globalement, le prétexte de cette po ssible épidémie semble une manière d’expérimenter le télé-enseignement ou e-learning, voire de pérenniser le recours à l’enseignement à distance via internet. Ainsi l’outil informatique ne sera plus un moyen mais une fin en soi. Et ceci pose un certain nombre de problèmes. C’est réduire les enseignant-es à des sortes de technicien-nes de l’éducation interchangeables. La pédagogie virtuelle des TICE tend à éroder le contenu relationnel et socialisateur de l’acte enseignant. Et penser qu’un élève peut apprendre seul devant un écran, c’est aussi nier l’utilité du collectif dans les apprentissages : on apprend avec ses pairs et par le travail collectif
de la classe.
Nos craintes semblent exagérées ? Pourtant, ça et là, des expériences sont tentées, sans doute pour être généralisées. Après les bulletins, c’est le cahier de texte électronique qui a aujourd’hui le vent en poupe. Surtout, n’est-ce pas un bon moyen de pallier le manque d’enseignant-es ? Ainsi, dans la Manche, une « e-prof » d’allemand a déjà fait cours à trois groupes en même temps dans trois collèges différents. Les élèves concernés étaient surveillés par des assistant-es d’éducation quand il y en avait, ou livrés à eux-mêmes quand l’établissement n’avait pas assez de personnel.
Le gouvernement ne serait-il pas tout simplement en train de tester un mode de contrôle du travail effectué par les enseignant-es et leur docilité à s’y soumettre ?


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