Cachez ces migrant-es que nous ne saurions voir !

vendredi 9 octobre 2009

Mardi 22 septembre, M. Besson, ministre de l’identité nationale et de l’immigration, envoyait les forces de l’ordre procéder à la « fermeture » de la « jungle » de Calais. Avec mise en scène médiatique. Avec brutalité
et violence. Des interventions policières analogues se déroulaient en même temps à Gravelines et Dunkerque. Déjà, ces dernières semaines, plusieurs camps avaient été rasés à Norrent-Fontes et Angres.

Pour justifier sa politique, M. Besson preésente les migrant-es comme des facteurs d’insécurité, des porteurs de maladies et présente leurs campements comme des repaires de passeurs. En réalité, les migrant-es sont des personnes qui, pour survivre, fuient des guerres (dans lesquelles, d’ailleurs, les responsabilités des états occidentaux sont
engagées) ou des situations insoutenables. C’est le cas des Kurdes d’Irak, des Afghan-es, des Érythréen-es... Leurs campements ne sont que des moyens pour assurer une minimum de survie collective, de regroupement et aussi de possibilité de rencontre avec ceux qui les assurent de leur solidarité. C’est un moyen pour eux de lutter contre les
racketteurs et les passeurs comme les migrant-es vietnamiens d’Angres l’ont démontré récemment.

À Calais, plus de 200 personnes ont été arrêtées.138 d’entre elles ont été placées en rétention administrative à des centaines de kiilomètres (Lyon, Marseille, Toulouse...) et menacées d’expulsion vers l’Afghanistan, pays en guerre.
Les juges des libertés et de la détention ont prononcé 117 décisions de libération estimant que ces personnes n’avaient pu exercé leurs droits et plusieurs tribunaux administratifs ont annulé des arrêtés de reconduite à la frontière. Le pouvoir a fait appel. Mais ces jugements montrent que le droit des personnes n’a pas été respecté.
La situation ne changera pas. Les migrant-es sont de retour à Calais et se regroupent aussi ailleurs. Déjà il y a sept ans, Sarkozy fermait le centre de Sangatte, déplaçant le « problème ».

Le gouvernement n’a évidemment pas comme objectif de « régler » le « problème ». Il veut :

- affirmer l’autorité de l’État par des opérations policières (avec occupation et quadrillage d’une ville et de sa population comme à Calais durant le camp No Border) ;

- briser les regroupements, la survie collective des migrant-es et casser les solidarités ; rendre les migrant-es invisibles (Mme Bouchard, maire de Calais, estime qu’ainsi dispersés, cela ne lui pose pas problème) ;

- renouveler les opérations populistes en direction de l’électorat d’extrême-droite ; faire des migrant-es la figure emblématique de l’extrême précarité.

SUD éducation 59/62 s’est toujours prononcé en faveur de la liberté de circulation et d’installation des personnes et affirme que le droit d’asile doit retrouver tout son sens en France et en Europe. Nous revendiquons la régularisation globale de tou-tes les sans-papiers et soutenons toutes les initiatives de solidarité avec les migrant-es et les sanspapiers.


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