Réforme Chatel : derrière les bonnes résolutions, de vraies régressions !

vendredi 8 janvier 2010

Luc Chatel a débuté sa carrière comme responsable marketing chez L’Oréal… Actuel ministre de l’Éducation, il continue à nous faire prendre des vessies pour des lanternes mais sa réforme n’a rien de « cosmétique ». Côté communication, la réforme vante le droit à la réorientation en cours de scolarité, la revalorisation des filières technologiques et littéraires, l’accompagnement personnalisé, le renforcement de l’apprentissage des langues vivantes, de la place de la culture et des liens avec le supérieur. Côté réalité, les élèves et les personnels risquent de payer très cher une « réforme » qui a pour principal objectif des économies budgétaires (80 000 suppressions de postes dans l’éducation d’ici 2012) et qui vise à casser le service public d’éducation, victime d’une idéologie qui ne cesse d’aggraver la reproduction des inégalités sociales.

« Les heures-élèves restent inchangées »

Deux heures d’enseignement disciplinaire disparaissent dès la seconde ( - 0,30h en français, histoire-géographie, physique-chimie, SVT). L’aide individualisée (français et maths) disparaît. Les enseignements d’exploration (1h30/ semaine) remplacent l’option de détermination (3h/semaine). Les maths disparaissent (sauf option) en première et terminale L. L’histoire-géographie disparaît (sauf option) en terminale S. Les SES subissent aussi une diminution d’horaires qui risque de nuire au bac ES.

Pour tou-tes, un « accompagnement personnalisé »

Ces deux heures hebdomadaires sont effectuées au détriment des heures d’aide individualisée, des enseignements disciplinaires, voire des heures de dédoublement actuelles. L’organisation de ce dispositif partagé entre toutes les disciplines, tous les professeur-es et incluant des « conseils méthodologiques et de l’orientation » reste flou. L’exemple de sa mise en place en collège et en lycée professionnel (heures d’ « étude » déconnectées des apprentissages et parfois assurées par des personnels non enseignants) n’est pas de nature à rassurer ni les élèves, ni les enseignant-es.
SUD éducation revendique une aide et évoque même la possibilité de tutorat mais ces dispositifs ne peuvent fonctionner que grâce à des équipes éducatives à qui l’on accorde de la confiance et des moyens.

« Un lycée qui favorise l’apprentissage des langues étrangères »

La fusion des LV1 et LV2 avec création de groupes de niveau risque au contraire d’alourdir les effectifs et d’empêcher la progression de tou-tes les élèves. Ce « décloisonnement » pourrait aussi s’appliquer au tronc commun de première et de terminale et ainsi alourdir les effectifs dans de nombreuses disciplines.
SUD éducation dénonce la mise en place de groupes de niveau et rappelle que les effectifs élèves (donc, les moyens) sont un paramètre de première importance pour l’école que nous voulons : celle qui offre la possibilité d’une pédagogie active permettant la réussite des tou-tes les élèves.

« Vers un nouveau lycée en 2010 » ...

mais pas pour les élèves de STI (réduction à une seule filière) ni pour les élèves de STG (un tiers des lycéen-nes de l’académie de Lille), dont le projet de réforme ne dit tout simplement pas un mot. Le sort réservé à ces filières (suppressions massives, effectifs en baisse, concurrence du bac pro 3 ans) depuis quelques années laisse peu d’illusions sur une quelconque « revalorisation ».

« Plus d’initiatives et de responsabilités »

La réforme prévoit que le choix de l’utilisation d’un tiers des horaires professeurs revienne à la direction de chaque établissement (par l’intermédiaire du « conseil pédagogique » dont les membres ne sont ni élus ni même désignés par leur équipe disciplinaire). Ces moyens pourront en outre être « modulés » par le Rectorat. Cette mise en concurrence des établissements, mais également des disciplines et des personnels au sein d’un même établissement est contraire à l’idée d’un service public d’éducation pour toutes et tous. Elle ne répond pas à une logique éducative mais idéologique. Contraire à la conception d’un service public qui doit permettre l’accès à un même droit à l’éducation pour tou-tes les élèves, la réforme Chatel va renforcer les inégalités.
Sud éducation refuse la concurrence entre les établissements (et les disciplines) et défend la vision d’une école solidaire et équitable, qui implique une réelle égalité des droits, quel que soit l’établissement et quelles que soient les origines et les situations des élèves.

« Une orientation plus juste »

Les missions d’orientation assurées jusqu’ici par des COP formés seront transférées aux professeur-es, dont ce n’est pas le métier… Par ailleurs, l’école semble se tourner uniquement vers l’adaptabilité au monde de l’entreprise et s’éloigne de plus en plus de la formation générale et polyvalente à laquelle SUD éducation aspire pour les élèves. Nous continuons, aujourd’hui comme hier, à défendre (et souligner la nécessité de) l’existence d’un véritable service public d’orientation de l’éducation nationale dans l’éducation nationale, sur la base de ses missions actuelles au service de tou-tes les élèves.
Au contraire de ce qu’annonce le ministre, les « sas » de réorientation en cours d’année vont renforcer l’hégémonie de la série S (horaire et choix d’options supérieurs aux deux autres filières…) quitte à « éjecter » des élèves en difficulté. Comment croire que des « stages de rattrapage » pendant les vacances scolaires permettront un changement de filière profitable ? SUD éducation défend l’existence de passerelles entre les filières et les séries et dénonce une réforme qui va accentuer la sélection et la hiérarchisation des savoirs

Un lycée qui « favorise la responsabilisation » des lycéen-nes

Soucieux de s’attirer les bonnes grâces des organisations lycéennes, la réforme prétend favoriser l’accès à la culture et garantir la représentativité et la responsabilité des lycéen-nes. La répression dont sont victimes celles et ceux qui s’opposent avec raison à la réforme ne laisse pourtant aucun doute à ce sujet : le gouvernement fait bien le choix de la docilité et du tri social contre celui de l’émancipation de tou-tes les élèves. Contre l’école utilitaire et individualiste que l’on nous impose, SUD éducation souhaite promouvoir une réelle autonomie des élèves.

SUD éducation 59/62 appelle tous les personnels à se mobiliser pour l’abandon de la réforme des lycées et soutient tous les lycéen-nes qui font de même.


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