Et pourtant... ça bouge !

mercredi 21 avril 2010

Dans l’académie de Lille, très touchée par les suppressions de postes alors même que le nombre d’élèves augmente, il est habituel d’entendre dire que la mobilisation est faible, et qu’il n’y a donc aucune raison de vouloir durcir le mouvement. Pourtant, de nombreux établissements sont mobilisés contre ces suppressions de postes, mais aussi contre les
réformes Chatel (masterisation, réforme du lycée) : il ne s’agit pas de simples feux de paille, mais bien d’un mouvement qui touche des dizaines d’établissements dans l’académie. Un problème qu’il convient de régler est celui de la convergence des luttes, que nous appelons
de nos voeux, et qui commence à être prise en compte au travers d’ AG de bassins, comme on peut le voir dans le Valenciennois, l’Arrageois, la zone Roubaix/Tourcoing/Vallée-de -la Lys...
Depuis début mars, c’est-à-dire après les actions menées au niveau des établissements pour rejeter les dotations indignes qui étaient proposées (les boycotts de CA et les votes en contre ayant été particulièrement nombreux dans l’académie), d’autres formes d’actions ont été mises en oeuvre. Ainsi, le lycée Fénelon à Lille a mené différentes actions comme l’occupation de l’établissement par les lycéen-nes, la grève ou un « rectorathon » destiné à aider le pauvre rectorat à trouver des fonds pour maintenir les postes. La volonté de ce lycée d’étendre le
mouvement est bien le signe que l’action ne peut être seulement locale : il ne s’agit pas de courir après les trop fameuses « 3 000 heures » que le rectorat gardait sous le coude, mais bien de tout faire pour empêcher la mise en place des contre-réformes. À Lens, de nombreux enseignant-es des différents établissements du bassin (collèges et lycées) ont participé à plusieurs Assemblées Générales et ont mené diverses actions (manifestation le 18 mars, appel au 23 mars à une manifestation à Lens avant la manifestation lilloise, proposition d’une éventuelle « journée morte » dans le bassin...) en insistant sur les effets des réformes du lycée (car les réformes du bac technologique et de la filière professionnelle vont dans le sens d’une réduction de l’offre et d’une éviction pour les élèves les plus en difficulté) et de la masterisation.
De nombreux rassemblements ont eu lieu un peu partout dans l’académie, qu’ils soient appelés par l’intersyndicale académique (grève du 12 mars, qui a vu de nombreux cortèges dans toute l’académie ou celle du 23 mars) ou par les AG de bassins ou d’établissements :
les 17 et 22 mars à Lille, le 18 mars à Arras, le 23 mars à Roubaix, appels pour une journée d’action le 1er avril, dans la métropole lilloise et le Valenciennois notamment. Il est donc faux de penser qu’il ne se passe rien. Cependant, il faut d’ores et déjà réfléchir à des moyens qui visent à mettre du sable dans les rouages du rectorat, mais aussi à des actions
concrètes destinées à faire plier le ministère, tant au niveau de sa décision de supprimer 16 000 postes que dans sa volonté de détruire le lycée. Pour cela, SUD éducation appelle à refuser massivement les heures supplémentaires au-delà de l’heure statutaire. Nous devons également toutes et tous réaffirmer notre refus de valider les suppressions de postes. Dans de nombreux établissements, les collègues ont envoyé au rectorat une pétition indiquant qu’ils/elles refuseraient les heures supplémentaires, ce qui devrait obliger le rectorat à les transformer en heures postes (on voit mal le rectorat choisir d’affronter les parents d’élèves dès le début de l’année parce que leurs enfants n’ont pas de professeur-e...)
D’autre part, nous réaffirmons notre opposition à la masterisation et appelons nos adhérent-es à refuser d’être tuteurs ou tutrices des stagiaires qui vont se trouver devoir enseigner à temps plein dès septembre, sans formation. Idem pour les documentalistes et les CPE. Une liste des postes gelés pour accueillir ces stagiaires est déjà disponible, mais il faut bien remarquer qu’elle est incomplète, et que les engagements ministériels (comme le fait de ne pas être affecté-e en Réseau Ambition Réussite) n’ont, bien entendu, pas été respectés !
Cela ne sera bien entendu pas suffisant. Nous devons toutes et tous nous mobiliser dans nos établissements et dans nos bassins pour faire pression sur le rectorat. Certains syndicats pensent que les gens ne veulent plus faire grève ; ils ne comprennent pas que ce que les
personnels désirent, c’est une grève qui puisse nous faire gagner, c’est-à-dire une grève reconductible.
Face aux contre-réformes, les organisations syndicales doivent prendre leurs responsabilités. Déjà, différents établissements ou bassins ont posé la question de la grève reconductible aux organisations intersyndicales et il convient de leur répondre !


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